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[ A38 ] Historique

MessagePosté: Dim 21 Nov 2010 18:34
par G.E.
Parfait, merci !

Je serais aussi preneur de l'A38 si tu as... :oops:

Re: [ Numéros ] Anciens numéros des routes nationales

MessagePosté: Lun 22 Nov 2010 12:38
par djakk
H6 tu veux dire ? ;)

Re: [ Numéros ] Anciens numéros des routes nationales

MessagePosté: Lun 22 Nov 2010 15:49
par G.E.
Et oui... WikiSara indique 1975 pour le tronçon initial et 1991 pour le tronçon final mais j'ai un gros doute car elle a ouvert par petits bouts et sans doute avant 1975.

Re: [ Numéros ] Anciens numéros des routes nationales

MessagePosté: Mar 23 Nov 2010 11:53
par cartomi
Image©Michelin carte 65

Re: [ Numéros ] Anciens numéros des routes nationales

MessagePosté: Mer 24 Nov 2010 00:09
par guy21
Un tracé jamais achevé d'ailleurs: regardez la partie en projet entre Plombières et Dijon Fontaine d'Ouche sur les cartes de 1973 et 1974. Le dernier grand progrès reste la déviation de Plombières en 1986.
Une autoroute qui a en plus une autre particularité: aucune aire de repos ni de service sur 40 km.

Re: [ Numéros ] Anciens numéros des routes nationales

MessagePosté: Mer 24 Nov 2010 09:00
par G.E.
Merci à Cartomi pour cet historique ! :D

Re: [ Numéros ] Anciens numéros des routes nationales

MessagePosté: Jeu 25 Nov 2010 08:44
par G.E.
guy21 a écrit:Un tracé jamais achevé d'ailleurs: regardez la partie en projet entre Plombières et Dijon Fontaine d'Ouche sur les cartes de 1973 et 1974.


La DUP aura seulement servi à finir de dévier Plombières. Il faudrait là encore aller faire un tour aux archives pour trouver le plan de cette section abandonnée, même si on pressent qu'elle devait suivre le canal jusqu'à la RN74.

[ A38 ] Historique

MessagePosté: Dim 26 Oct 2014 15:19
par frantz58
Sur cette carte apparaît le premier tracé prévu pour l'A38. Il se détache de l'A6 plus au Nord qu'actuellement.
Image

Re: [ A38 ] Historique

MessagePosté: Dim 26 Oct 2014 16:56
par eomer
frantz58 a écrit:Sur cette carte apparaît le premier tracé prévu pour l'A38. Il se détache de l'A6 plus au Nord qu'actuellement.

C'est surtout le traces de l'A6 qui a ete modifie pour passer au nord et a l'est de Beaune.

Re: [ A38 ] Historique

MessagePosté: Dim 26 Oct 2014 17:27
par frantz58
Pour l'A6, ce tracé était déjà connu on en parle sur le fil dédié à l'historique de l'A6.

Re: [ A38 ] Historique

MessagePosté: Dim 26 Oct 2014 21:06
par frantz58
eomer a écrit:
frantz58 a écrit:Sur cette carte apparaît le premier tracé prévu pour l'A38. Il se détache de l'A6 plus au Nord qu'actuellement.

C'est surtout le traces de l'A6 qui a ete modifie pour passer au nord et a l'est de Beaune.

Le changement de tracé de l'A6 a dû influer sur le tracé de l'A38.

Re: [ A38 ] Historique

MessagePosté: Lun 27 Oct 2014 00:47
par guy21
frantz58 a écrit:
eomer a écrit:
frantz58 a écrit:Sur cette carte apparaît le premier tracé prévu pour l'A38. Il se détache de l'A6 plus au Nord qu'actuellement.

C'est surtout le traces de l'A6 qui a ete modifie pour passer au nord et a l'est de Beaune.

Le changement de tracé de l'A6 a dû influer sur le tracé de l'A38.

Sans doute car au final l'A6 a été construite un peu plus à l'est depuis Pouilly en Auxois (pour peu que le détail de la carte en laisse juger): elle franchit le canal de Bourgogne deux fois et laisse Bligny sur Ouche à l'ouest.

Re: [ A38 ] Historique

MessagePosté: Lun 27 Oct 2014 14:20
par G.E.
J'avais trouvé quelques éléments sur l'A38 dans une revue. Je vous les ferai partager dès que possible.

On a déjà les dates de mise en service, ce qui est peu évident pour une autoroute publique : http://routes.wikia.com/wiki/Autoroute_ ... A7aise_A38

Re: [ A38 ] Historique

MessagePosté: Lun 27 Oct 2014 20:46
par dark_green67
La carte que montre Frantz correspond au tracé envisagé pour la bretelle vers Dijon à l'époque où l'échangeur de l'A6 était prévu à Gissey-le-Vieil (c'était dans le cadre de la variante par La Rochepot). Il a été abandonné quand le choix s'est porté sur la variante par Beaune et que l'échangeur a été reporté à Pouilly-en-Auxois (décision ministérielle du 7 août 1964).

Petite précision historique : à l'origine, il n'était pas prévu que la liaison A6 - Dijon soit traitée en autoroute. Compte tenu du trafic envisagé (4.000 veh/jour), la route nouvelle devait simplement avoir 2 voies de l'A6 à Sombernon (section devant être construite par le département sur le tracé du CD16) et 3 voies de Sombernon à Dijon (élargissement de la RN 5 par l'état). Il n'était même pas question d'en faire une nationale sur toute sa longueur.

Sous l'effet de l'intense lobbying des autorités dijonnaises (dont le député-maire Félix Kir), l'état a finalement accepté que le profil puisse être élargi à terme à 2x2 voies et il a promis que la bretelle se verrait conférer, le moment venu, le statut de voie express (D.M. du 29 décembre 1970). Ce statut a été confirmé dans le schéma directeur des grandes liaisons routières approuvé par le conseil des ministres du 28 octobre 1971.

La bretelle a donc été conçue sur cette base, c'est à dire avec une vitesse de référence de 100 km/h et aucun virage avec un rayon inférieur à 500 m. La construction s'est faite progressivement (très rapidement pour les sections financées par le conseil général, beaucoup plus lentement pour celle payées par l'état...) et, dans les APS et APD de chacune des sections, on retrouve systématiquement le fait que cette route sera une route expresse et que son aménagement est conforme aux instructions d'aménagement des voies express.

Pourtant, après la mise en service de la dernière section (déviation de Sombernon en juin 1975), la DDE prépare un dossier pour le classement officiel de la voie et, surprise, ce dossier s'intitule "Dossier préparatoire au classement en autoroute de liaison" ! Je me suis bien entendu précipité sur ce dossier pour comprendre la raison de cette "promotion" soudaine et découvrir les explications justifiant qu'une route conçue comme une voie express devienne d'un coup une autoroute "normale" et je dois vous avouer que j'ai été très déçu...

Après avoir rappelé que la conception des différentes sections avait suivi les règles applicables aux voies express, le rédacteur signale que les caractéristiques sont presque celles applicables aux autoroutes de liaison : les caractéristiques géométriques sont "généralement" conformes (à l'exception de la déclivité au droit de Sombernon qui dépasse 6 %) ; la plateforme a presque les bonnes dimension (à l'exception" de la B.A.U. qui ne fait que 2,50 m) ; les échangeurs ont "en général" les caractéristiques autoroutières même si leur densité est plus importante que celle qu'il faut respecter pour le niveau de service d'une autoroute de liaison. Et en conclusion, il propose au ministre de l'équipement de lancer l'enquête UP pour accorder le statut d'autoroute de liaison à la bretelle !

Je ne sais par quel hasard (des élus locaux influents qui auraient été ministres ou anciens ministres ?) mais personne n'a remarqué le caractère un peu étrange de la proposition et, après enquête fin 1976 et avis favorable du commissaire enquêteur en janvier 1977, le décret de classement en autoroute est pris le 12 décembre 1977. Et, depuis, la vitesse est limitée à 130 km/h, comme sur les autres autoroutes de liaison...

(Edit : j'ai rectifié la date de classement dans la voirie autoroutière)

Re: [ A38 ] Historique

MessagePosté: Lun 27 Oct 2014 21:47
par frantz58
Merci pour se passionnant historique sur cette liaison entre l'A6 et Dijon. :D :bravo2:

Cela explique le fait que l'A38 apparaît avant sur les cartes Michelin comme une simple 2x1 voies, puis comme une 2x2 voies, ensuite comme une voie express et enfin comme une autoroute.
Et cela explique aussi les faibles caractéristiques de cette autoroute qui si elle était construite de nos jours serait peut-être tout juste classée comme une voie express au vu de certaines sections.
Les élus locaux, ont su tirer leur épingle du jeu et faire pression intelligemment pour avoir une liaison digne de ce nom avec l'A6.

Re: [ A38 ] Historique

MessagePosté: Lun 27 Oct 2014 23:19
par guy21
Ah ! Sacré Félix ! Il savait par son talent et sa force de persuasion obtenir beaucoup de choses de la représentation nationale qui nous paraissent si difficiles pour un élu contemporain.
Un autre exemple ? Les Dijonnais manquent-ils d'un lieu de baignade? Qu'à cela ne tienne: on dressera un barrage sur l'Ouche à l'ouest de la ville et on crée un lac artificiel (au débouché de l'A38). Le lac Kir.

Re: [ A38 ] Historique

MessagePosté: Mar 28 Oct 2014 10:03
par dark_green67
Autre précision "historique" : entre l'A6 à Pouilly-en-Auxois et la RN77bis au Sud de Sombernon, la voie nouvelle a été construite sous maîtrise d'ouvrage départementale et elle a gardé ce statut pendant 5 ans, entre sa mise en service le 24 octobre 1969 et le 15 août 1974, date de publication au J.O. de l'arrêté ministériel de classement dans la voirie nationale (arrêté du 8 août).

Je n'ai retrouvé aucune trace du numéro qu'elle portait en tant que route départementale (elle était assimilée à une rectification du CD16 donc elle avait peut-être gardé ce numéro), ni celui qu'on lui a attribué en tant que RN.

A priori, l'appellation H6 ne lui a été donnée qu'à partir du classement dans la voirie autoroutière le 12 décembre 1977, donc on a un trou de 3 ans entre 1974 et 1977.

Re: [ A38 ] Historique

MessagePosté: Mar 28 Oct 2014 10:27
par G.E.
Je crois bien que c'était une RN sans numéro. Il y en avait plusieurs dans ce cas-là à cette époque, dans l'attente d'une refonte de la nomenclature des RN.

Tu vas pouvoir intégrer toutes ces infos dans WikiSara. :wink:

Re: [ A38 ] Historique

MessagePosté: Ven 31 Oct 2014 14:23
par G.E.
Plusieurs variantes de l'A38 ont bien été étudiées mais c'est la version actuelle qui recueillait le plus de facteurs favorables. Elle n'était pas la moins chère (comparée à un passage par les plateaux) mais la plus commode à réaliser : moindre linéaire à construire, engagement très fort du CG21, etc. Le choix de l'emplacement du diffuseur de Pouilly a été décisif pour l'orientation de la première branche de cette autoroute.

dark_green67 a écrit:Je n'ai retrouvé aucune trace du numéro qu'elle portait en tant que route départementale (elle était assimilée à une rectification du CD16 donc elle avait peut-être gardé ce numéro), ni celui qu'on lui a attribué en tant que RN.


Je confirme que c'est bien D16.

dark_green67 a écrit:A priori, l'appellation H6 ne lui a été donnée qu'à partir du classement dans la voirie autoroutière le 12 décembre 1977, donc on a un trou de 3 ans entre 1974 et 1977.


Ce qui en fait donc une route sans numéro...

Re: [ A38 ] Historique

MessagePosté: Ven 31 Oct 2014 16:43
par dark_green67
En cherchant des infos sur l'A6, j'ai trouvé un dossier concernant une variante de tracé de la future H6 en 1967.

C'était à l'époque où les Ponts-et-Chaussées butaient sur la déviation très problématique de Sombernon par le Sud-Est pour faire la jonction entre la D16 rénovée par le département et la N5 que devait élargir l'état. Les problèmes techniques étaient tels qu'ils envisageaient même de passer à travers Sombernon... L'Inspecteur Général en charge de la région avait alors demandé à l'agence Sud-Est du Service Spécial des Autoroutes (future agence de Mâcon du SETRA) de travailler sur un tracé contournant Sombernon par le Nord-Ouest et aboutissant au Nord de Dijon en restant sur les pateaux au Nord de l'Ouche. Elle est en vert sur ce plan :

Image

L'étude comparative de la variante et de la solution de base via la RN5 dans la vallée (en rouge) avait montré que les 2 voies n'avaient pas les mêmes fonctions : la variante était plus adaptée à l'écoulement d'un trafic de transit alors que la solution de base visait plus à la desserte du centre de l'agglomération dijonnaise. L'étude avait même prévu que chacun des deux tracés pouvait avoir 2 branches à l'arrivée sur Dijon : une pénétrante Ouest et une Rocade Nord (pointillés verts pour rejoindre la vallée depuis les plateaux Nord et pointillés rouge pour contourner la ville par le Nord depuis la vallée). Le seul problème, c'est qu'il était strictement impossible de financer 2 branches, quelque soit le tracé retenu.

Finalement, c'est la solution de base qui a été retenue, d'une part parce qu'elle desservait mieux le centre (ce que recherchaient avant tout les "autorités" dijonnaises) et d'autre part parce que la variante par les plateaux dépassait les 500 mètres d'altitude sur plus de 20 km et que cela entraînait de très lourdes sujétions hivernales, la zone en question étant une des plus enneigées de tout le département de la Côte d'Or.