Le voici... On y apprend que le trafic a grimpé sur la D834 suite à la mise en place du péage sur l'A63. Cela donne une idée de ce qui pourrait arriver en cas de mise en place d'un péage dans la Gironde.
Sud-Ouest a écrit :L’A 63, made in Landes
25 décembre 2014
RÉTROSPECTIVE AVRIL 2014
VINCENT DEWITTE
Gelés, pas gelés ? La question est de circonstance, et pas que pour les températures relevées au cours de la nuit précédente. Impossible à ce jour de savoir si oui ou non la ministre Ségolène Royal et son allié landais en charge des transports, Alain Vidalies, parviendront à négocier avec les sociétés autoroutières le gel de leurs tarifs pour l’année 2015. D’aucuns se souviendront néanmoins que ceux de 2014, en ce qui concerne l’A 63 dans les Landes, n’avaient pas été réévalués.
Passé ces considérations financières, que retenir depuis l’inauguration en grande pompe, mais sans le président du Conseil général Henri Emmanuelli, de cette ex-RN 10, devenue officiellement A 63, ou mieux, " Autoroute des Landes ", le 10 avril dernier, au Centre d’exploitation et de maintenance de Saugnacq-et-Muret ? Assurément que le 1,1 milliard d’euros engagé par le concessionnaire Atlandes pour transformer en autoroute les 104 kilomètres de bitume qui relient Salles (33) à Saint-Geours-de-Maremne (40) ont permis de gagner en sécurité.
La sécurité d’abord
Sur ce point, les statistiques ne trompent pas. Outre un drame déploré en janvier 2014, avec un piéton fauché par une camionnette alors qu’il traversait les voies en pleine nuit, aucun accident mortel n’a été recensé sur cet axe depuis son ouverture à la circulation en 2 × 3 voies, dès novembre 2013. Par chance, aucun mort n’était non plus venu endeuiller les vingt-sept mois de travaux du concessionnaire. Un petit miracle au regard de l’étroitesse des voies et de l’immense ouvrage en cours.
Les autorités savent que ces bons chiffres ne tiennent pas au hasard mais bien au nombre d’" éléments passifs de sécurité " déployés sur le nouvel axe (l’abandon des franchissements à plat responsables de tant d’accidents, l’élargissement des voies, la mise en place de glissières de sécurité, etc.). Mieux, d’après le capitaine Philippe Gérard, commandant en second de l’escadron départemental de sécurité routière (EDSR), en charge des grands axes, " non seulement les voies sont plus sécurisées et plus sécurisantes qu’auparavant, mais la circulation est aussi beaucoup plus fluide ".
Grand avantage de la nouvelle configuration de cette " route des vacances ", les camions peuvent désormais se doubler. Du moins ceux qui la prennent…
Dommages collatéraux
C’est là le plus gros point noir. L’arrivée des barrières de péage, avec des prix promis parmi les plus bas du marché mais qui ont contrarié l’habitude de la gratuité, a rejeté sur les axes secondaires des milliers de camions. Le problème, qui aurait pu se régler en partie avec la mise en place des contributions écotaxe, s’est fait sentir un peu partout sur le département. Face aux inquiétudes des riverains et aux dégradations importantes de ces axes secondaires, le Conseil général a même été obligé de prendre des arrêtés d’interdiction pour les poids lourds en transit. La grogne se concentre désormais le long de la D 834 (de Saugnacq-et-Muret à Mont-de-Marsan), où un collectif nommé " Marre du trafic routier " réclame des mesures pour une meilleure sécurité.
Ça grogne côté départementales, mais tout roule sur l’Autoroute des Landes. Prochaine étape : la prolongation vers le sud, déjà à l’étude.
" Non seulement les voies sont plus sécurisées et plus sécurisantes, mais la circulation est aussi beaucoup plus fluide "
" Un pays moderne qui veut développer son économie a besoin de bonnes infrastructures. "
" Ce projet a été monté en pleine crise financière, juste après la faillite de la banque Lehman Brothers. "
" L’aménagement de l’A 63, c’est près de 2 millions d’heures travaillées à une moyenne constante d’environ 1 000 personnes. "
" Entre Castets et Saugnacq-et-Muret, c’est l’un des tarifs les plus bas de France. "
" Ces aménagements environnementaux mériteraient de faire entrer l’A 63 au panthéon de la biodiversité autoroutière. "
" Si par hasard vous voulez élargir l’A 63 au nord vers Bordeaux, nous nous ferons un plaisir de poursuivre l’aventure… "
Patrice Dessiaume, directeur général du groupe Atlandes.