Déviation de Beynac : le préfet de la Dordogne signe l'arrêté pour autoriser le deuxième projet
Dordogne De Charlotte Jousserand
Mardi 5 novembre 2024 à 14:44
Par France Bleu Périgord
Le préfet de la Dordogne a rendu ce mardi 5 novembre une décision "attendue et difficile" dans le projet de déviation de Beynac. Jean-Sébastien Lamontagne a signé un arrêté pour autoriser le deuxième projet porté par le Conseil Départemental.

Le préfet de la Dordogne a rendu sa décision ce mardi 5 novembre. Photo prise lors de la présentation du dispositif feux de forêt à Belvès © Radio France - Marc Bertrand
Le préfet de la Dordogne a signé ce mardi 5 novembre l'arrêté de 54 pages de l'autorisation environnementale du deuxième projet porté par le Conseil départemental. Jean-Sébastien Lamontagne a annoncé sa décision ce mardi après-midi, soit quatre jours avant la date limite, il avait jusqu'au samedi 9 novembre pour le faire.
"Ni une prise de position, ni un arbitrage"
Le préfet annonce d'ores est déjà que cet arrêté "n'est pas une prise de position sur l'opportunité du projet, ce n'est pas non plus un arbitrage entre les défenseurs et les opposants du projet". Jean-Sébastien Lamontagne informe qu'il a statué sur la conformité de ce deuxième projet avec l'appui des différents services de l'État et en lien avec les services juridiques du ministère de la Transition écologique.
Pourquoi le préfet valide ce deuxième projet ?
Le préfet de la Dordogne a tenu à expliquer ce qui l'a conduit à prendre cet arrêté, car "je sais que cette décision sera commentée". Si le préfet signe l'arrêté d'autorisation environnementale, c'est parce que les différents services de l'État ont émis, en majorité, un avis favorable.
Jean-Sébastien Lamontagne souligne les deux points les plus complexes dans ce dossier. Il y a d'une part les espèces protégées. C'est ce qui a provoqué l'annulation du premier projet et la condamnation du département à remettre en état le site. Ces espèces protégées, elles sont toujours là, mais selon le préfet et ses services, il y a désormais trois conditions qui s'accumulent et qui permettent de passer outre le Code de l'environnement et d'avoir une dérogation sur ces espèces protégées.
Le préfet de la Dordogne s'est exprimé sur "le respect de la chose jugée", en référence à l'annulation du premier projet par la justice. Il estime, avec ses services, que ce deuxième projet est "nouveau" et que cela ne concerne pas le précédent projet. "Ce n'est plus seulement un contournement routier du bourg de Beynac, mais c'est un projet d'aménagement global de la Vallée". Jean-Sébastien Lamontagne explique que ce deuxième projet est différent, "plus vaste selon son périmètre, plus complet avec ce nouveau plan de circulation et plus équilibré avec la réhabilitation de la gare de Fayrac, la mise en place de navettes électriques".
Le département s'engage à ne pas débuter les travaux avant la fin des recours
Avec ce nouvel arrêté, Jean-Sébastien Lamontagne autorise le département à démarrer les travaux pour le deuxième projet de déviation de Beynac. Cependant, ce n'est pas pour tout de suite. D'une part, parce que les opposants à la déviation ont d'ores et déjà prévu de déposer des recours pour contester l'arrêté signé par le préfet. Ils ont deux mois pour le faire à partir de ce mardi 5 novembre devant le tribunal administratif. D'autre part parce que Jean-Sébastien Lamontagne a demandé à Germinal Peiro de s'engager par écrit à ne pas commencer les travaux avant l'examen des possibles recours, ce que le président du Conseil départemental a accepté.
Cela va prendre du temps aussi parce que la décision du préfet ne change rien aux précédentes décisions de justice. Le Conseil départemental doit toujours détruire les piles de pont sur la Dordogne. Les astreintes journalières courrent toujours pour ne pas avoir remis en état le site. Ce sont des milliers d'euros par jour dont les opposants peuvent demander la liquidation.
Quelle suite pour ce deuxième projet ?
Dans ce deuxième projet, le Conseil départemental souhaite réutiliser les piles de pont déjà construites, mais elles sont aussi condamnées à la destruction. Le département compte demander au tribunal administratif qui a ordonné leur destruction, de pouvoir les réutiliser pour son deuxième projet.