Sud Ouest a écrit :A63 entre Bordeaux et Pays basque : tout savoir sur le nouveau péage
Sur l’A 63 entre Bordeaux et le Pays basque, les 104 km en travaux à travers le sud de la Gironde et les Landes seront payants la semaine prochaine
Ce n’est pas encore l’heure du dernier coup de peinture. Les travaux d’élargissement à 2 × 3 voies de la partie de l’A 63 concédée à Atlandes, entre Salles (Gironde) et Saint-Geours-de-Maremne (Landes), ne seront pas terminés avant la fin novembre. La semaine prochaine, sous réserve de l’approbation ministérielle, il est probable que les barrières de péage de Saugnacq-et-Muret, au nord, et de Castets, au sud, seront mises en service dans la nuit de mercredi à jeudi, aux alentours de 4 heures. Il faudra donc passer à la caisse.
Hier déjà, les usagers empruntaient une voie ménagée à l’extrémité de la gare de péage de Saugnacq-et-Muret. Barrière levée… On continuait en revanche à contourner la gare de péage de Castets sur des voies de dérivation spéciales.
Un itinéraire pas toujours payant
On ne paiera qu’en franchissant les deux barrières de péage, distantes de 70 km.
La semaine prochaine, on paiera aux deux barrières de péage, mais pas si l’on emprunte l’une des 12 sorties qui s’égrènent au fil des 104 kilomètres de la concession. Conséquence : on roulera gratuitement en entrant sur l’A 63 à Castets (diffuseur 12), dans le sud des Landes, pour remonter jusqu’à Liposthey (diffuseur 17). De même pour un trajet Dax-Mimizan via l’autoroute, ou Biscarrosse-Mont-de-Marsan.
Ce privilège a été âprement négocié par le Conseil général des Landes, pour la bonne raison qu’il n’existe aucune voie de délestage parallèle à l’autoroute. Mais il fera, à l’inverse, quelques injustices. Les automobilistes qui n’ont que quelques kilomètres à parcourir mais qui transiteront par l’une des deux barrières de péage devront payer comme les autres. Le concessionnaire a prévu des formules d’abonnement visant à adoucir la formule du péage ouvert (voir sur
http://www.a63-atlandes.fr).
Pour les autres, il n’y aura guère de possibilités d’éviter l’octroi. Les habitants de la côte sud des Landes pourront emprunter la route des lacs via Léon pour éviter la barrière de péage sud. Au nord, il faudrait s’embêter à faire un détour par Pissos ou par la minuscule D 10E entre Liposthey et Saugnacq-et-Muret pour ne rien débourser.
Toujours gratuit au nord
Sur l’axe qui relie Bordeaux à l’Espagne, seuls 60 kilomètres resteront libres d’accès au nord de Saugnacq-et-Muret. Ce tronçon est désormais le seul à ne pas être concédé. Il sera aussi (quasiment) le seul à rester à 2 × 2 voies puisque au sud l’élargissement entre Labenne (Landes) et Biarritz-la Négresse a été réalisé par les ASF. La section suivante, Biarritz-Biriatou, sera élargie en totalité d’ici à 2018. La situation est d’autant plus incongrue que l’A 63 au sud de Bordeaux est très chargée : 60 000 véhicules par jour en moyenne annuelle, contre 26 000 sur la partie landaise d’Atlandes et 34 000 sur la partie sud des ASF. Aux heures de pointe, le trafic s’y écoule péniblement en accordéon.
Ce maillon faible va faire désordre. Il s’explique par les atermoiements qui ont été légion autour du grand contournement autoroutier de Bordeaux. L’État ne se serait pas engagé dans un coûteux chantier d’élargissement pour voir, quelques années plus tard, le trafic absorbé par l’itinéraire de contournement. Le dossier ayant été enterré, la question reste entière. Le préfet d’Aquitaine en a bien conscience. Il a saisi le ministère des Transports de l’urgence du dossier. À l’heure où l’État revoit le financement de tous les grands projets, ses priorités ne sont pas connues.
Dans un premier temps, il en coûtera 3,60 € à l’automobiliste pour rouler sur les 104 kilomètres de cette portion de l’axe Bordeaux-Bayonne concédée à la société Atlandes (1,80 € à Saugnacq-et-Muret, 1,80 € à Saint-Geours-de-Maremne). 7 euros à terme, sur la base de 6 centimes le kilomètre, quand les travaux commencés à l’automne 2011 prendront fin. Au sud de Saint-Geours-de-Maremne, pas de changement : les 66 kilomètres de l’autoroute A 63 jusqu’à la frontière espagnole sont concédés depuis 1991 aux ASF. On parcourt la totalité de ce tronçon moyennant 7,30 €.
Faisant fi de ces subtilités dont il n’a cure, l’automobiliste a une mauvaise nouvelle à retenir : dorénavant, du sud de la Gironde (au sud de l’embranchement d’Arcachon) à l’Espagne, ce sera payant. Sauf à éviter les deux barrières de péage landaises, le trajet entre Bordeaux et la frontière espagnole lui coûtera 14,30 € quand le chantier Atlandes ne sera plus qu’un souvenir.
Des portions « à l’ancienne »
Il y a toutefois une bonne nouvelle corrélée à la mauvaise : les travaux avancent. Plus vite que le trafic, toutefois. Hier matin, il fallait environ deux heures et demie pour relier la rocade bordelaise au Pays basque. En respectant la gamme complète des limitations de vitesse, de 50 à 130 kilomètres-heure suivant les portions, en travaux ou non.
Un gros point noir va subsister quelque temps au nord de la partie concédée, entre Salles et le péage de Saugnacq-et-Muret. Là, les travaux d’élargissement n’en sont qu’à leurs prémices. Plusieurs kilomètres durant, on roule sur l’autoroute « à l’ancienne » avec ses 2 × 2 voies de circulation. Les arbres ont été coupés sur l’emprise nécessaire à la troisième voie de circulation mais l’essentiel du terrassement reste à accomplir.
Un schéma similaire se retrouve quelques kilomètres plus au sud, entre Labouheyre (sortie 16) et Cap-de-Pin (sortie 15). Et sur le tronçon le plus méridional concédé à Atlandes, entre Castets et Magescq (sortie 11). Les engins de terrassement s’activent sur le terre-plein central, mais l’élargissement à 2 × 3 voies tient encore de la perspective lointaine.
Le temps des finitions
Pour le reste, l’A 63 landaise se rapproche du temps des finitions. Au sud de Saugnacq-et-Muret, on circulait hier matin sur une seule voie à cause des travaux sur les murs antibruit et les glissières de sécurité. La sortie Cap-de-Pin, dans le sens descendant, était fermée pour laisser à l’armada des engins de chantier le soin de lisser une couche d’enrobé.
Plus au sud, les deux sens de circulation était également basculés du même côté de l’autoroute pour les besoins des travaux entre le Souquet et Castets, puis entre Castets et Magescq. C’était la vérité d’hier, elle sera probablement différente aujourd’hui puisque le chantier est mobile au long des 104 kilomètres.
C’est sur les 70 kilomètres qui séparent les gares de péage de Saugnacq-et-Muret et de Castets que la délivrance paraît la plus proche. Les trois voies sont bel et bien déroulées. Il reste cependant à rendre plus homogène le revêtement, qui, sur la voie du milieu, est souvent ancien. La faute à un infernal chantier à tiroirs qui a dû s’accommoder du maintien sous circulation. À quelques portions près, sur ces 70 kilomètres, c’en est surtout fini de la progression à 90 kilomètres-heure (dans le meilleur des cas) sur deux voies resserrées et délimitées par un muret en béton aussi redoutable que la muraille des poids lourds qui occupe la voie lente. Des plots bicolores ont remplacé le béton, les voies sont plus larges, et on est dispensé du signe de croix avant la moindre manœuvre de dépassement. Personne ne regrettera ce gymkhana.
Patrice Dessiaume : « ce tracé aura désormais le statut d’autoroute »
Le patron d’Atlandes, détaille les conditions d’ouverture de l’A 63.
« Sud Ouest ». Quand allez-vous ouvrir les barrières de péage ?
Patrice Dessiaume. Je ne peux pas affirmer encore [NDLR : hier soir] la date exacte d’ouverture. Elle dépend de problèmes techniques de finitions et de questions administratives à régler liées à l’audit ministériel de sécurité. La mise à péage s’effectuera en milieu de semaine prochaine. Nous étions en réunion tout ce jeudi ensemble, la réponse définitive ne saurait tarder.
Cette ouverture sonne-t-elle le glas de la RN 10 dans les Landes ?
Nous avons terminé la première phase de travaux, qui change la RN 10 en A 63. Ce tracé aura désormais le statut d’autoroute. Les trois conditions seront réunies pour la mise à péage, à savoir la fin des travaux de la première phase, la publication des tarifs au « Journal officiel » et le résultat de l’audit de sécurité.
Pouvez-vous préciser la tarification pratiquée ?
Jusqu’à ce que la mise à deux fois trois voies soit totalement réalisée, nous appliquons un tarif à 50 % du prix normal pour les véhicules, soit 1,80 € pour un trajet, et une réduction de 20 % pour les poids lourds, soit 2,60 €. Nous mettons également en place un système d’abonnement pour les usagers fréquents, sous condition de justifier le franchissement d’une barrière de péage pour un trajet domicile-travail. À compter du 11e passage mensuel, l’usager bénéficie de 50 % de réduction sur la totalité de ses trajets. Il n’y a pas de limite géographique à cette politique tarifaire, et ce n’est pas, comme on l’entend parfois, réservé aux usagers landais. Il n’est pas question de faire de la discrimination. Au-delà de 50 trajets aller-retour mensuels, l’usager paiera à nouveau le plein tarif, afin d’éviter que les gens ne se passent le badge qui autorise les réductions.
Quand est-ce que le plein tarif sera appliqué ?
Nous espérons avoir terminé la mise à deux fois trois voies au mois de novembre, le plein tarif pour les usagers qui ne bénéficient pas d’une réduction s’appliquera. Je rappelle que les travaux seront interrompus, comme l’an dernier, du 1er juillet au 31 août, ainsi que le prévoit le contrat. Il n’y aura aucun chantier sur la section pendant l’été, rien qui ne gêne la circulation.
La semaine prochaine, l’automobiliste pourra-t-il rouler à 130 km/h sur toute la portion entre Salles et Saint-Geours-de-Maremne ?
Non. Jusqu’à l’achèvement définitif des travaux, il existera deux portions de 15 kilomètres au nord (de la barrière de péage de Salles à Labouheyre environ) et de 15 kilomètres au sud (entre Lesperon et Castets), où les usagers pourront rouler jusqu’à 130 km/h. Sur le reste de la section, ils circuleront à 110 km/h, et à 90 km/h là où il y a encore des travaux. Ce qui fait 30 kilomètres à l’ouverture à 130 km/h, auxquels s’ajouteront une vingtaine de kilomètres supplémentaires fin juin. L’autre moitié, après l’été.
Avez-vous rencontré beaucoup de problèmes avec les riverains de ce tracé ?
D’abord, nous n’avons pas eu besoin d’acquérir beaucoup de foncier. Il y a eu une déclaration d’utilité publique pour faire des bassins de retenue d’eau, comme le prévoyait ensuite le Grenelle de l’environnement. Nous avons insisté sur la mise en place d’un bon dispositif acoustique pour protéger les riverains du bruit : ils en auront beaucoup moins qu’avec l’actuelle RN 10. Le plus dur, c’était de faire accepter le principe du péage. Je n’entre pas dans le débat idéologique de savoir s’il en faut ou pas. Nous avons fait le maximum en proposant des abonnements à 50 % du tarif aux usagers fréquents, sans solliciter la participation des collectivités locales. C’est un financement assuré en totalité par le concessionnaire.