Posté : sam. 02 mai 2009 21:52
Les associations de défense des riverains (les nymbistes) invités au débat de la LGV Poitiers Limoges se sont exprimées dans la Montagne:
La Montagne a écrit : « Le public à l'écart du projet de LGV »
Hélène Pommier
helene.pommier@centrefrance.com
On ne nous dirait pas tout sur la ligne à grande vitesse (LGV)
LimogesPoitiers, selon l'association de protection
environnementale des Amis de la terre. La population
adhérerait à ce projet dans sa majorité, selon
les responsables de Rése a u f e r r é d e F r a n c e
(RFF). Mais Yvan Tricard, membre des Amis de la
terre, considère que « le public est tenu à l'écart des études de définition du projet ».
Trois critères qui « plombent le débat »
L'association, qui siège dans les ateliers thématiques
accompagnant l'étude de la LGV, et d'autres o r g a n i s a t i o n s ( * ) o n t adressé un courrier au président de la Commission
nationale du débat public pour lui faire part de leur inquiétude.
Pour l'association, le projet est déjà dans une
phase très avancée et le comité de pilotage a retenu t r o i s c r i t è r e s q u i « plombent le débat » :
l'utilisation de la gare de LimogesBénédictins,
le trajet Paris Limoges en deux heures et le choix
d'une voie unique.
2 milliards d'euros
Des critères qui seraient en contradiction avec le
renforcement des liaisons LyonNantes
ou Bordeaux, le développement du fret ou encore avec les besoins
de déplacement des habita n t s d e l a r é g i o n , l e s
Creusois par exemple.
L e c o û t ( 2 m i l l i a r d s d'euros) est également dénoncé.
« Si on améliore la ligne ParisToulouse, on peut arriver à un trajet de 2 h 15 dans les deux ans à venir. Cela fait 2 milliards
d'euros économisés et seulement 15 minutes de trajet en plus. La LGV ne se concrétisera pas avant 20162020.
On peut se permettre un désenclavement plus rapide et moins
coûteux ».
Les associations ont l'intention de défendre cette
solution et d'expliquer l'urgence d'une réaction :
« Au début de l'été, poursuit Yvan Tricart, les zones de passage prioritaires sero n t d é f i n i e s » . E t d e
craindre que l'enquête publique en 20112012 ne serve dans ce cas à rien.
« Si l'on n'agit pas, la décision du tracé sera prise sans l'avis des gens ». ¦
(*) Parmi elles : Attac Limousin, le collectif de la gare de SaintSébastien, les associations d'usagers de Beaubreuil, Chaptelat, RilhacRancon, Vaulry, CGT cheminots, Sud rail, les Verts, le Nouveau parti anticapitaliste, le POCF de la Creuse, MJS Creuse.
è Réunion publique. Organisée par les associations, mardi 5 mai, à
20 heures, salle Gérard-Philippe, à la mairie du Palais-sur-Vienne.
Les réunions s'accélèrent autour du projet de ligne à
grande vitesse Limoges-Poitiers.
Au détriment de la concertation du public ?
C'est ce que dénoncent diverses associations.
CRITàˆRES. Pour l'association, le projet est déjà dans une phase très avancée. PHOTO D'ARCHIVES
RFF joue la « transparence »
Réseau ferré de France l'affirme : le public n'est pas dans l'ignorance.
« Ce projet est innovant car les études se déroulent
en même temps que la concertation avec la société c i v i l e e t l e s a c t e u r s concernés... ».
Pour justifier sa « transparence
», RFF évoque le site Internet www.lgvpoitierslimoges.
com où sont mises en ligne des informations sur l'avancée de
la réflexion et où chacun peut déposer un avis.
Néanmoins, « nous essayons d'être dans une logique
où nous réservons la primeur des informations
aux membres des ateliers thématiques de
l'étude et aux élus ».
Actuellement, RFF se dit « très loin du tracé ». Mi2009,
les bandes d'étude qui s'étendent actuellement
sur 10 à 15 km seront resserrées pour établir des zones de passage préférentielles (ZPP) de 2 à 3 km. Mais le tracé serait
affiné en 20102011 avant l'enquête publique.
8 0 . 0 0 0 f oy e r s s e r o n t bientôt mis au courant de
l'évolution.