Je reprends ce que j'avais expliqué dans le topic du déclassement des routes, face à l'urbanisation galopante de nos villes.
BenBen a écrit :Le transfert aux départements de toutes ces nationales n'a apparemment pas pour but de renforcer la lisibilité de "grands itinéraires" hors autoroute à travers la france...
La numérotation des routes est désormais completement morcellée..
Aucune concertation et aucune logique d'un département à l'autre...
Que sont devenus les grands itinéraires, comme la N7 par exemple ? Quelqu'un s'est il amusé à savoir sous combien de noms différents apparaît cet axe pour relier Paris à Nice ?
C'est peut etre pas le cas le plus pertinent, j'en sais rien, et il y a sans doute des exemples plus parlants.
Finalement, je dirais que ce processus de déclassification est chose courante dans la voirie, au fur et à mesure que l'aménagement du territoire progresse. Je m'explique. Prenons n'importe quelle ville ; un jour vient qu'elle doit tracer une nouvelle liaison entre elle et l'un de ses villages voisins. Cette liaison est alors une occasion pour irriguer le territoire qu'elle traverse, donc pour l'urbaniser, à travers diverses opérations de lotissements (commercial, résidentiel, tertiaire ou industriel) ; un siècle plus tard, l'urbanisation est continue le long de cette route, qui devient du coup "incivilisée" au regard de la vie urbaine qu'il y a autour, voir dessus. On a créé un contournement à cette zone, et on décide donc de transformer notre route en rue, par un déclassage dans le dommaine communal (du moins pour la gestion), dans le but de la "civiliser" ; on lui donne un nom, on peut rectifier son tracé - mais c'est souvent très complexe car les tissus qui s'y sont agglutinés sont très rigides (bâti aggloméré) - on construit des trottoirs, pose des feux ; le même processus de croissance urbaine se reproduira indéfiniment avec les divers contournements de l'agglomération, au fur et à mesure que celle-ci les englobe dans son urbanisation : combien de déviations, rocades, boulevards périphériques, et même radiales rapides sont aujourd'hui devenus de vraies avenues centrales, au coeur de la vie urbaine actuelle ? Je peux vous en citer des milliers. Tous les ingénieurs construisant des routes aujourd'hui devraient avoir à l'esprit ce processus, et prendre conscience que les tracés souples et harmonieux de leurs nouvelles liaisons seront demain de grandes rues ou de grands boulevards structurant le tissu urbain. Alors aujourd'hui, c'est en quelque sorte le même phénomène qui se produit avec les routes nationales, mais à une autre échelle : du fait de la présence d'une autoroute, les routes nationales sont rendues à la vie locale, et passent dans un système de gestion décentralisé.
Et je l'illustre avec un exemple flagrant à venir, dans la banlieue ouest de Bordeaux, où une nouvelle voie de liaison rapide, entre la rocade et les boulevards, vient d'être créée, avec ronds-points et pistes cyclables. Cette route est supposée être la déviation de deux ou trois radiales saturées, celles de Mérignac et de Pessac ; on évite ainsi les centres urbains de ces deux villes, et on diminue les temps de parcours entre la seconde couronne et le centre-ville. Mais du coup, on repousse encore plus loin les quartiers qui ne sont qu'à 20 minutes du centre, encourageant une urbanisation toujours plus lointaine : c'est
l'étalement urbain.
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Ici, donc, il est évident en voyant la carte que cette route ne le restera pas longtemps, et se transformera dans moins de 25 ans en une rue, bordées d'immeubles quelqu'ils soient, et les riverains qui aujourd'hui vont acheter et contrsuire autour, bien que pour le moment il n'y ait pas d'accès direct aux parcelles depuis cette route, viendront se plaindre du trop de trafic, et qu'il en faut une autre. Mais là , j'espère que ce sera la dernière, il n'y a plus de place. Et au pire des cas, ce seront des nouveaux centres commerciau qui viendront se nicher là . Tout juste arrivera-t-on à sauver peut-être le morceau de forêt qui aujourd'hui resiste encore. Tout cela est d'autant plus vrai que dans ce cas précis la CUB suit un plan de densification urbaine à l'intérieur de la rocade.
Avoir donc à l'esprit deux choses :

Ce sont les ingénieurs des Ponts et Chaussées qui tracent aujourd'hui sans le savoir les rues de demain ; les tracés doivent donc faire l'objet d'une grande attention.

Chaque citoyen qui construit doit avoir à l'esprit que même sa petite action personnelle contribue très largement à l'éxpansion de la ville globale.
Note : il peut se passer le même phénomène avec un tramway ou un métro efficace.