Maastricht a écrit :Non ! L'acte d'Union de 1532 est effectivement un Traité entre deux entités alors "indépendantes" prévoyant le rattachement de la Bretagne à la France et les conditions en découlant : jusque là , d'accord. Mais en 1789 l'existence de la Bretagne est caduque : la nouvelle assemblée Constituante n'a plus aucun compte à lui rendre, à l'inverse des puissances étrangères concernant les divers traités conclus sous l'Ancien Régime.
En 1789 sont abolis tous les privilèges quelqu'ils soient : les privilèges des bretons, sujets du roi de France, sont abolis, tout comme certains sujets voyaient abolies leurs exemptions de taxes sur le sel qui étaient elles aussi d'origine géographiques.
Je vous laisse la responsabilité de ces affirmations à laquelle beaucoup ne souscrivent pas, notamment le célèbre Louis Mélennec... Je n'ai pas d'idée préconçue sur la question, et je pensais seulement que cet argument historique pouvait notamment expliquer la gratuité.
Des constitutionnalistes éminents (enfin, tout peut se discuter...) désavouent la portée juridique de l'acte d'Union, mais surtout la légitimité de la Constituante à acter une "abolition" des privilèges des Bretons... Mais ceci est une autre histoire. Vous devez savoir que le Droit est affaire d'interprétations...
Maastricht a écrit :
Si la Bretagne a bénéficié du PRB, c'est à cause de (ou plutôt grâce à ) son isolement géographique, sa position excentrée et sa situation hors des grands couloirs de circulation du pays, qui auraient du conduire à une amélioration somme toute assez sommaire de son réseau routier.
Et à nouveau le PRB n'aura pas non plus été une exception en termes d'investissement : le massif central aura également bénéficié, contrairement à ce qu'on pourrait croire, à de grosses largesses budgétaires dans les années 60-70 pour améliorer son réseau routier, l'A20 et l'A75, gratuites elles aussi, venant coiffer ce tableau.
Itou pour toute la région Languedoc-Roussillon qui a bénéficié à partir du milieu des années 60 d'un important programme de réalisation de voies destinées à desservir les nouvelles stations balnéaires construites entre autres pour y loger les pieds-noirs ...
Par contre, je m'inscris en faux par rapport à la comparaison que vous faites concernant la Bretagne et le Massif Central... Dans les années 60-70, le grand Massif Central n'a pas bénéficié de largesses loin de là , et seules des emplâtres sur des jambes de bois ont été réalisées ; de manière quasi-exhaustive, on pourrait citer :
-la mise en 2*2 voies de Clermont-Ferrand-Lempdes (N9) achevée dans les années 80 (!!)
-le contournement est (initialement en 2*1 voies) de Riom (63)
-la déviation de Pierre-Buffière (87) sur la N20, mise en service en 1979, et encore... avancée de 2 ans sur intervention expresse de Joël Le Theule,
-la création de l'A72 (Clermont-Ferrand-Saint-Etienne),
-la bretelle autoroutière de Clermont-centre,
-la création de la VE Deux-Chaises-Moulins de la RCEA en 2*1 voies là aussi...
Tout le reste date du milieu des années 80, y compris les déviations d'Argenton-sur-Creuse, Châteauroux et celle de Brive nord-ouest (N20).
Par contre, l'état de délabrement de nombreuses routes non améliorées depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale (!!!!) n'a véritablement pris fin qu'avec la régionalisation accrue et les Contrats de Plan, notamment :
Clermont-Aurillac (N122),
Limoges-Ussel (D979),
la N7 (historiquement oubliée dans sa traversée de l'Allier et de la Loire)
sans parler des multiples points noirs "accidentogènes" de Uzerche (N20), Pont Saint Mamet (N21), Rochefort-Montagne (ex N89), Saint Flour (N9), Capdenac (ex N140), Montmarault, Paray le Monial (RCEA) traités dans la fin des années 80. Et j'en passe !!
Donc rien à voir avec le PRB et ses centaines de kilomètres en VE en grande partie achevés dès la fin des années 80, eux!
Par ailleurs je vous rappelle que c'est grâce à la décision historique de Pierre Méhaignerie lors du CIAT de 1987 que la décision de créer les autoroutes A20 et A75 en autoroutes d'Etat, non concédées et gratuites, a été prise, afin de compenser le retard considérable et le "vide autoroutier de tout le centre de la France" selon ses propres termes (rien entre les A6, A9, A61, A62 et A10, c'est-à -dire sur 200 000 km²!). Rajoutons à cette décision la A89 et la bretelle de Vichy. Mais avant, beaucoup de bla-bla mais peu de travaux concrets (idem dans le domaine ferroviaire : déclin progressif de la ligne POLT, et attente de 1990 pour l'achèvement de l'électrification de Paris-Clermont).
Ainsi merci de rendre à César ce qui lui appartient !