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Re: Les sociétés concessionnaires en veulent plus
Posté : mar. 11 déc. 2012 21:51
par G.E.
Il y a aussi la question du libre accès aux marchés qui remet en cause l'adossement. La question se pose pour l'A831 par exemple.
Au Sénat, les débats ont été agités sur la question. On le voit dans la discussion autour du projet de budget 2013 :
http://www.senat.fr/basile/visio.do?id= ... jl&afd=cvn
Sénat a écrit :De leur côté, les recettes des péages autoroutiers sont garanties contractuellement et elles progressent régulièrement, avec les résultats des sociétés concessionnaires :
- <En 2011, les péages des 18 sociétés concessionnaires d'autoroutes> ont dégagé une recette de 8,18 milliards d'euros, soit 1,02 milliard de plus qu'en 2007 (+ 12,55 %). Malgré la crise économique, qui affectait l'ensemble des transports routiers, les recettes des péages ont continué de progresser en raison d'une hausse du trafic et d'augmentations mécaniques des tarifs avec l'inflation, à quoi s'ajoute une constante contractuelle (selon le programme d'investissement et révisable tous les cinq ans).
- En 2011, les sociétés concessionnaires ont dégagé un résultat net de 1,94 milliard d'euros (voir tableau en Annexe). Elles consacrent aux investissements 1,75 milliard d'euros par an. Leur endettement total s'élevait à 31,1 milliards d'euros fin 2011.
La comparaison de ces données d'ensemble invite à la <plus grande prudence face aux propositions des sociétés concessionnaires d'autoroutes, de prolonger la durée de leurs concessions en échange d'investissements pour améliorer le service, respecter davantage l'environnement ou encore construire des « petits bouts manquants » de voies>, ce que le Conseil d'État a accepté dans le principe22(*). Ces propositions sont habiles : l'État manque <de moyens, les sociétés d'autoroutes> en ont beaucoup, pourquoi ne pas prolonger un peu la bonne affaire quitte à y consacrer une partie des bénéfices : c'est de la gestion d'une affaire rentable en bon père de famille.
Est-il dans l'intérêt général d'accepter cette proposition ? Votre rapporteur pour avis estime qu'il faut y regarder à deux fois et préfèrerait voir l'unique « manne » de la route revenir dès que possible dans le giron public.
Votre rapporteur pour avis attire <votre attention sur les annonces concernant la mise en concession de routes nationales à des sociétés d'autoroutes> pour qu'elles y réalisent des travaux, avec pour contrepartie l'instauration de péages - en particulier pour l'A63 (ex RN 10) au sud de Bordeaux, la RN 154 Orléans-Dreux, ou encore la route centre Europe Atlantique (RCEA) entre Moulins et Mâcon : l'intérêt pour la collectivité ne va pas de soi, ce qui motive un avis défavorable de votre rapporteur.
<En tout état de cause, la discussion avec les sociétés d'autoroutes sur la prolongation de leur concession en échange de travaux>, ne saurait être détachée du débat sur le SNIT. Il en va de la cohérence du réseau : les tronçons et aménagements doivent d'abord conforter le plan d'ensemble. Il en va aussi, et beaucoup, du report modal : la péréquation intermodale est nécessaire, le législateur en a fait une priorité et les chiffres présentés montrent qu'il y a des marges à explorer.
Re: Les sociétés concessionnaires en veulent plus
Posté : mar. 11 déc. 2012 22:15
par tanaka59
G.E. a écrit :Il y a aussi la question du libre accès aux marchés qui remet en cause l'adossement. La question se pose pour [...] .
L'adossement se pose pour pas mal d'axes à terminer , on peut notamment citer l'A45 (dixit l'A450 qui en est l'amorce), l'A51 , le périphérique de Marseille , la RCEA pour son doublement ...
Sans adossement bon nombres d'axes urgents ne pourront pas se faire ou se terminer . La liste va encore s'allonger ...
Re: Les sociétés concessionnaires en veulent plus
Posté : mar. 11 déc. 2012 22:45
par jml13
Votre rapporteur pour avis estime qu'il faut y regarder à deux fois et préfèrerait voir l'unique « manne » de la route revenir dès que possible dans le giron public. Votre rapporteur pour avis attire <votre attention sur les annonces concernant la mise en concession de routes nationales à des sociétés d'autoroutes> pour qu'elles y réalisent des travaux, avec pour contrepartie l'instauration de péages - en particulier pour l'A63 (ex RN 10) au sud de Bordeaux, la RN 154 Orléans-Dreux, ou encore la route centre Europe Atlantique (RCEA) entre Moulins et Mâcon : l'intérêt pour la collectivité ne va pas de soi, ce qui motive un avis défavorable de votre rapporteur.
Et votre rapporteur n'a pas de route à terminer avant 25 ans dans son département, je suppose...
Re: Les sociétés concessionnaires en veulent plus
Posté : mar. 11 déc. 2012 23:01
par adr
Non il a un aéroport à construire mais à part l'A82 pas d'autoroutes.
Re: Les sociétés concessionnaires en veulent plus
Posté : mar. 11 déc. 2012 23:14
par basco - landais
Votre rapporteur pour avis attire <votre attention sur les annonces concernant la mise en concession de routes nationales à des sociétés d'autoroutes> pour qu'elles y réalisent des travaux, avec pour contrepartie l'instauration de péages - en particulier pour l'A63 (ex RN 10) au sud de Bordeaux, la RN 154 Orléans-Dreux, ou encore la route centre Europe Atlantique (RCEA) entre Moulins et Mâcon : l'intérêt pour la collectivité ne va pas de soi, ce qui motive un avis défavorable de votre rapporteur
.
Qui est ce fameux rapporteur ?
En tout cas, les "sages" du Palais du Luxembourg ont bien analysé la situation quant à
l'interet pour la collectivité
Re: Les sociétés concessionnaires en veulent plus
Posté : mar. 11 déc. 2012 23:47
par Alexandre
Attendons de voir la solution que le ministère aura trouvé, vu que son but est d'en trouver...
Re: Les sociétés concessionnaires en veulent plus
Posté : mer. 12 déc. 2012 10:54
par Alexandre
Ce qui explique sa position, qui pour le coup est radicalement différente de celle du rapporteur de l'assemblée nationale, cité précédemment dans ce topic...
Re: Les sociétés concessionnaires en veulent plus
Posté : ven. 14 déc. 2012 08:31
par Alexandre
Ça n'a pas de rapport direct avec le sujet, mais ça peut donner un indice sur ce qui viendra en terme de PPP :
Le Moniteur a écrit :Le gouvernement a déposé jeudi 13 décembre un amendement au projet de loi de finances 2013 qui vise à maintenir un régime fiscal favorable aux projets de partenariat public-privé.
A l'occasion de l'examen, en deuxième lecture, à l'Assemblée nationale du projet de loi de Finances 2013, le gouvernement a déposé, le 13 décembre, un amendement en faveur d’un régime fiscal intéressant pour les contrats de Partenariat Public-Privé (PPP). S’il est voté, ces contrats seront exclus de la mesure visant à limiter la déductibilité des charges financières pour les entreprises. Cette mesure -article 15 du projet de loi de Finances 2013- qui prévoit, en effet, de limiter à 85 % puis 75 % le montant des intérêts d'emprunt déductibles dans le calcul de l'impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises, est préjudiciable pour les contrats de PPP, qui nécessitent un important recours à la dette, sur des durées longues.
Tous les contrats (PPP, délégations de service public, concessions, baux emphytéotique de 99 ans), même ceux signés avant le budget 2013, seront concernés. L’amendement précise par ailleurs que les entreprises bénéficiant de cette mesure devront «procéder à une affectation précise des intérêts afférents aux biens utilisés dans le cadre du contrat passé avec l'autorité publique».
Le coût de cette mesure a été estimé à 300 millions. Elle pourrait être financée par une augmentation de la taxation des plus-values de cession de titres de participation des entreprises, connue sous le nom de « niche Copé », (de 10 à 12%), c’est l’objet du deuxième amendement déposé le 13 décembre.
Re: Les sociétés concessionnaires en veulent plus
Posté : dim. 16 déc. 2012 12:13
par lucienmathurin
Et à part ça on nous rabâche les oreilles avec le désendettement...
Re: Les sociétés concessionnaires en veulent plus
Posté : dim. 16 déc. 2012 15:01
par dark_green67
Ben oui, justement. Dans un PPP ou une concession, c'est le "partenaire" privé ou le concessionnaire qui s'endette, pas la puissance publique.
Du coup, si les intérêts de sa dette ne sont pas déductibles de ses bénéfices, il augmentera automatiquement ses loyers pour conserver le même niveau de revenu. Et la puissance publique y perdra...
Re: Les sociétés concessionnaires en veulent plus
Posté : dim. 16 déc. 2012 15:29
par Gilles V
Donc finalement, par le truchement de cette histoire de loyers , les PPP permettent à l'Etat de s'endetter sans vraiment s'endetter au sens comptable... Dans un sens, la remarque de lucienmathurin est juste : on se fout de notre g*****.

Re: Les sociétés concessionnaires en veulent plus
Posté : dim. 16 déc. 2012 17:05
par G.E.
Les PPP sont une façon déguisée de s'endetter : la dette est supportée par un partenaire privé qui s'endette à la place de l'Etat pour plusieurs décennies. Dans les comptes de l'Etat, seuls apparaissent des "loyers" qui sont en réalité des engagements à long terme. A court terme, l'Etat n'affiche donc pas plus de dettes dans ses comptes ce qui donne une sorte d'illusion financière.
Mais à long terme, il y a 2 problèmes majeurs :
- Le coût des loyers s'avère prohibitif (l'exemple anglais le rappelle) car il comprend la construction et l'entretien de la réalisation prévue dans le contrat + la rémunération des charges d'intérêt de l'entreprise qui gère le PPP + la rémunération de cette entreprise.
- La charge des loyers ampute pendant des décennies les capacités d'investissement de l'Etat (cas du ministère de la justice qui finance les nouvelles prisons uniquement par PPP et se retrouve à sec).
Dans le cas de la L2 à Marseille, l'Etat va supporter à 100 % le coût du PPP, ce qui va lui coûter un bras. Encore un scandale sur un scandale en prévision, même si tout sera fait sans doute pour masquer le coût de l'opération (comme le fait RFF avec ses LGV en ne publiant pas les contrats).
Dans le cas des concessions autoroutières, le client paye et on voit les tarifs élevés du péage des nouvelles autoroutes en l'absence d'adossement.
Re: Les sociétés concessionnaires en veulent plus
Posté : dim. 16 déc. 2012 18:10
par Frédéric SAVIN
G.E. a écrit :Les PPP sont une façon déguisée de s'endetter : la dette est supportée par un partenaire privé qui s'endette à la place de l'Etat pour plusieurs décennies. Dans les comptes de l'Etat, seuls apparaissent des "loyers" qui sont en réalité des engagements à long terme. A court terme, l'Etat n'affiche donc pas plus de dettes dans ses comptes ce qui donne une sorte d'illusion financière.
Mais à long terme, il y a 2 problèmes majeurs :
- Le coût des loyers s'avère prohibitif (l'exemple anglais le rappelle) car il comprend la construction et l'entretien de la réalisation prévue dans le contrat + la rémunération des charges d'intérêt de l'entreprise qui gère le PPP + la rémunération de cette entreprise.
- La charge des loyers ampute pendant des décennies les capacités d'investissement de l'Etat (cas du ministère de la justice qui finance les nouvelles prisons uniquement par PPP et se retrouve à sec).
Dans le cas de la L2 à Marseille, l'Etat va supporter à 100 % le coût du PPP, ce qui va lui coûter un bras. Encore un scandale sur un scandale en prévision, même si tout sera fait sans doute pour masquer le coût de l'opération (comme le fait RFF avec ses LGV en ne publiant pas les contrats).
Dans le cas des concessions autoroutières, le client paye et on voit les tarifs élevés du péage des nouvelles autoroutes en l'absence d'adossement.
Ca ne change donc rien au problème financier vu que le délégataire privé qui apporte le financement doit avoir sa contrepartie en termes de rémunération de la part de l'Etat. Y aurait-il pas moyens d'imaginer des montages financiers pouvant se débarrasser de toute participation de près ou de loin de l'Etat et permettant de sortir de ce cercle vicieux?
Re: Les sociétés concessionnaires en veulent plus
Posté : dim. 16 déc. 2012 18:36
par dark_green67
Ben oui : la concession !

Re: Les sociétés concessionnaires en veulent plus
Posté : dim. 16 déc. 2012 21:01
par lucienmathurin
Gilles V a écrit :Donc finalement, par le truchement de cette histoire de loyers , les PPP permettent à l'Etat de s'endetter sans vraiment s'endetter au sens comptable... Dans un sens, la remarque de lucienmathurin est juste : on se fout de notre g*****.

Voilà, c'est bien ça que je voulais dire.
Les PPP sont de véritables bombes à retardement pour les comptes publics.
Re: Les sociétés concessionnaires en veulent plus
Posté : dim. 16 déc. 2012 22:05
par Alexandre
Frédéric SAVIN a écrit :G.E. a écrit :Les PPP sont une façon déguisée de s'endetter : la dette est supportée par un partenaire privé qui s'endette à la place de l'Etat pour plusieurs décennies. Dans les comptes de l'Etat, seuls apparaissent des "loyers" qui sont en réalité des engagements à long terme. A court terme, l'Etat n'affiche donc pas plus de dettes dans ses comptes ce qui donne une sorte d'illusion financière.
Mais à long terme, il y a 2 problèmes majeurs :
- Le coût des loyers s'avère prohibitif (l'exemple anglais le rappelle) car il comprend la construction et l'entretien de la réalisation prévue dans le contrat + la rémunération des charges d'intérêt de l'entreprise qui gère le PPP + la rémunération de cette entreprise.
- La charge des loyers ampute pendant des décennies les capacités d'investissement de l'Etat (cas du ministère de la justice qui finance les nouvelles prisons uniquement par PPP et se retrouve à sec).
Dans le cas de la L2 à Marseille, l'Etat va supporter à 100 % le coût du PPP, ce qui va lui coûter un bras. Encore un scandale sur un scandale en prévision, même si tout sera fait sans doute pour masquer le coût de l'opération (comme le fait RFF avec ses LGV en ne publiant pas les contrats).
Dans le cas des concessions autoroutières, le client paye et on voit les tarifs élevés du péage des nouvelles autoroutes en l'absence d'adossement.
Ca ne change donc rien au problème financier vu que le délégataire privé qui apporte le financement doit avoir sa contrepartie en termes de rémunération de la part de l'Etat. Y aurait-il pas moyens d'imaginer des montages financiers pouvant se débarrasser de toute participation de près ou de loin de l'Etat et permettant de sortir de ce cercle vicieux?
Le seul moyen est de faire payer le client, donc l'utilisateur ou l'occupant... Au final, après ce bref échange, on voit bien que le principe de l'utilisateur-payeur est plus juste qu'un versement de loyer... A quand le rétablissement de l'adossement ?
Re: Les sociétés concessionnaires en veulent plus
Posté : ven. 21 déc. 2012 08:59
par Alexandre
Amendement adopté...
Le Sénat a écrit :- à l'article 14 (Plus-values sur cession de titres de participation - Calcul de la quote-part de frais et charges sur les plus-values brutes), l'Assemblée nationale a adopté, à l'initiative du Gouvernement, un amendement proposant de porter de 10 % à 12 % le taux de la quote-part de frais et charges sur les plus-values brutes de cession de titres de participation réalisées par les entreprises, afin de gager l'amendement adopté à l'article 15 relatif aux contrats de partenariat-public-privé, de concession et de délégation de service public ;
et...
Le Sénat a écrit : - à l'article 15 (Aménagement de la déductibilité des charges financières), l'Assemblée nationale a adopté, à l'initiative du Gouvernement, un amendement proposant d'exclure les charges financières afférentes aux biens acquis ou construits par des concessionnaires et délégataires de service public ainsi que par des partenaires privés de partenariats publics-privés du champ d'application de l'article 15 (cette disposition avait été adoptée à l'initiative de votre commission des finances, en première lecture, par le Sénat). Ce dispositif a néanmoins été sous-amendé par notre collègue député Christian Eckert, rapporteur général, afin de limiter cette exclusion aux seuls contrats déjà signés
Re: Les sociétés concessionnaires en veulent plus
Posté : mer. 26 déc. 2012 09:55
par G.E.
Le lien donné par Alexandre dans le fil sur l'A89 donne une idée de la situation financière d'ASF :
http://www.asf.fr/shared/pdf/rapport%20 ... 260712.pdf
On y voit qu'à 20 ans de la fin de la concession, l'endettement se monte à 11 MM€, ce qui est colossal.
Rembourser cette somme à l'échéance sera difficile sans augmentation des péages et/ou prolongation de la concession, le tout en préservant le niveau de dividendes. Ceci explique très probablement le lobbying intense mené pour prolonger les concessions.

Re: Les sociétés concessionnaires en veulent plus
Posté : mer. 26 déc. 2012 11:45
par basco - landais
G.E. a écrit : On y voit qu'à 20 ans de la fin de la concession, l'endettement se monte à 11 MM€, ce qui est colossal.
Rembourser cette somme à l'échéance sera difficile sans augmentation des péages et/ou prolongation de la concession, le tout en préservant le niveau de dividendes. Ceci explique très probablement le lobbying intense mené pour prolonger les concessions.

Enfin, quand on analyse bien, leurs resultats ne sont pas si catastrophiques que celà
Ce fameux endettement me fait penser aux comptes de Disney

Re: Les sociétés concessionnaires en veulent plus
Posté : mer. 26 déc. 2012 12:42
par G.E.
Le compte de résultats est plutôt bon puisque ASF dégage du bénéfice et rémunère ses actionnaires. Elle le fait cependant au détriment de sa trésorerie...
Au niveau de la structure des coûts, on note la prédominance des dépenses opérationnelles suivies des charges de la dette.
La stratégie qui vise à promouvoir le télépéage semble réussie, ce qui va faire baisser les coûts de perception à terme.
La situation est cependant plus contrastée au niveau du bilan. La dette est très importante et elle ne diminue pas sur un an alors que seul l'ère des grands travaux (hors A89) est terminée. De plus, la structure de la dette à long terme (moitié obligations et moitié dettes bancaires) suppose de dégager régulièrement du cash. En l'état actuel, la capacité d'autofinancement (recalculée, pas celle indiquée dans le document) semble assez faible pour éponger toutes les créances.