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Posté : mer. 03 mai 2006 13:15
par marsupilud
Ouh... Le pont de la Sicile ne devrait pas être mal non plus.. Au Japon également, les ponts battent des records !

Posté : mer. 03 mai 2006 16:53
par Eric
Ces oppositions citées plus haut sont du pur nimbysme,
comme le viticulteur qui demande que ses vignes ne soient pas touchées, et que le tracé par plus au nord...
Dans tous les cas, des gens ou d'autres viticulteurs seront touchés...donc bon c'est pas un argument recevable.
Franck : « Vous avez vu le prix du baril ? Et vous voulez maintenant favoriser le tout camion ? »
Argument non recevable lui aussi , car contradictoire.
Le prix du baril est elévé, donc en 2015, date d'ouverture probable du contournement, il le sera beaucoup plus, et aurait pour conséquence de baisser le trafic PL car le cout du transport sera trop élévé pour être rentable et il sera plus bénéfique de prendre des produits locaux

Donc ce n'est pas le fait de contourner Bordeaux que le trafic de PL risque d'augmenter. Je vois pas en quoi un contournement de 80 kms aurait à  l'echelle européene comme impact de favoriser les PL qui transitent en France, d'autant que l'autoroute existe déjà  , et les PL passent.

Le fait de de ne pas faire ce contournement, c'est saturer la rocade, et donc augmenter encore plus les pollutions émises sur l'agglomération.
On peut donc se poser la question, qu'est ce qui est d'interet public ?
Continuer de faire transiter les PL par une ville et sa rocade saturée pour asphixier les Bordelais de pollution, ou bien faire passer ce transit loin de la ville près de quelques villages du Médoc et sur quelques rangées de vignes? :evil:

Posté : mer. 03 mai 2006 17:08
par Thomas
Ho... il est de retour.
Même syntaxe, même analyse, même réthorique.

Navrant. :cry:

Posté : mer. 03 mai 2006 17:54
par G.E.
Outre la contestation prévisible des riverains, je crois que le facteur défavorable principal à  cette rocade est son coût. Pourquoi pas un viaduc de 8 voire 15 km (j'ai l'impression que les élus de Gironde rêvent depuis quelques temps d'un Viaduc passant par la presqu'île d'Ambès) mais à  quel prix ?? Le Viaduc de Millau a coûté plus de 300 M€ (accès non compris) pour 2 km et, il est vrai, un record de hauteur.

Dans le projet qui est présenté, on est, me semble-t-il, à  une toute autre échelle ! Je n'ose imaginer le coût intégral du contournement mais on va dépasser allègrement le Milliard (dont combien financés par le contribuable ?). A comparer au prix de la prolongation de la LGV SEA vers l'Espagne... Même en ponctionnant comme c'est prévu les usagers de la RN10 dans une sorte de pseudo-adossement (là  aussi un point qui sera sans nul doute attaqué par les opposants au projet), il va falloir trouver les moyens.

Et il va falloir rentabiliser l'ouvrage : des péages trop élevés vont dissuader l'automobiliste d'emprunter la nouvelle route sachant qu'il a une autoroute gratuite en parallèle (même si les conditions de circulation sur celle-ci seront dégradées). De même, et contrairement à  ce qui est affirmé, il est à  prévoir que plusieurs sorties à  accès local seront nécessaires pour générer du trafic.

Bref, et sans esprit partisan, il est à  prévoir que la rocade de Bordeaux ne sera pas construite facilement, si elle voit le jour, ce dont je doute sérieusement à  la vue du dossier et des autres priorités de l'Etat et de la région Aquitaine. A titre personnel, je n'y vois pas une priorité, il y a plus urgent ailleurs.

Posté : mer. 03 mai 2006 18:07
par Maastricht
eric a écrit :...
:coucou:
GE a écrit :Outre la contestation prévisible des riverains, je crois que le facteur défavorable principal à  cette rocade est son coût. Pourquoi pas un viaduc de 8 voire 15 km (j'ai l'impression que les élus de Gironde rêvent depuis quelques temps d'un Viaduc passant par la presqu'île d'Ambès) mais à  quel prix ?? Le Viaduc de Millau a coûté plus de 300 M€ (accès non compris) pour 2 km et, il est vrai, un record de hauteur.
Le problème est aussi qu'on ne peut pas construire qu'une partie du viaduc dans un premier temps pour limiter le coût : il faudra tout faire à  2*2 voire même 2*3 voies de suite. Peut-être qu'en faisant en tunnel bitube (2 tubes à  3 voies unidirectionelles) on pourrait alléger la facture dans un premier temps, mais niveau sécurité c'est déjà  bof, d'autant plus que le projet parle davantage de tunnel en configuration double-pont.
Et il va falloir rentabiliser l'ouvrage : des péages trop élevés vont dissuader l'automobiliste d'emprunter la nouvelle route sachant qu'il a une autoroute gratuite en parallèle (même si les conditions de circulation sur celle-ci seront dégradées). De même, et contrairement à  ce qui est affirmé, il est à  prévoir que plusieurs sorties à  accès local seront nécessaires pour générer du trafic.
Bof, tant que le péage PL n'est pas prohibitif je pense que le trafic sera suffisant pour rentabiliser le tout (enfin il faudra compter plusieures dizaines d'années ...). Entre une autoroute à  130 tout le long avec un viaduc qui a de la gueule et une rocade surchargée où on fait du 60 de moyenne les bons jours dans un environnement tristounet je pense que le choix sera fait pour une bonne proportions des voyageurs en transit.
Bref, et sans esprit partisan, il est à  prévoir que la rocade de Bordeaux ne sera pas construite facilement, si elle voit le jour, ce dont je doute sérieusement à  la vue du dossier et des autres priorités de l'Etat et de la région Aquitaine. A titre personnel, je n'y vois pas une priorité, il y a plus urgent ailleurs.
S'il faut vraiment réaliser le contournement, alors faut faire revenir Juppé du québec :lol: Non sans rire il faut une personnalité qui fournisse un appui fort si on veut que le projet aille à  son terme, parce que là  entre les Landes, Bordeaux, les Seveso et le Médoc c'est pas gagné d'avance. Pour moi ce contournement est nécaissaire sauf changement radical des modes de circulation dans les 10 ans qui suivent (ce qui peut toujours arriver ...). Pas urgent comme le sont certains projets en IDF, mais à  réaliser avant 2020, 2025 au plus tard. De toute façon un viaduc monstre ou un tunnel de 15kms, ça demande combien de temps de travaux (pour peu qu'il n'y ait pas de recours en justice, d'interruption de chantier, etc) ? 50-60 mois ?

Posté : mer. 03 mai 2006 18:42
par Eric
Je suis d'accord avec Maastricht, ce contournement s'avère necessaire bien que pas urgent comparé avec d'autres projets régionaux.

Cependant, même investir dans le ferroutage pour le transport de marchandises alternativement à  la route et donc à  ce contournement, j'ai vu dans le rapport de l'Equipement de l'évolution des transports jusqu'en 2050, que la route resterait prédominante même avec un changement des modes de circulation et avec la baisse des réserves en pétrole.

Mais d'un point de vue personnel, j'aurais été favorable à  un contournement Est permettant de créer un axe central sur lesquels seraient branchés l'A10, A89, A62, A65, A63.

Posté : mer. 03 mai 2006 18:57
par Alexandre
Pour ce qui est des franchissements, la zone a franchir comprend de nombreuses contraintes, avec notamment des zones inondables, des sols peu favorables, les vignes, la forêt et le site seveso d'Ambès. L'estuaire de la Grionde est classé natura 2000.

POur ce qui est d'un passage plus au sud, il est quasi impossible car les zones sont trop urbanisée et l'étalement urbain serait favorisé.

Posté : mer. 03 mai 2006 19:05
par G.E.
Pour répondre à  Maastricht, Juppé a annoncé son retour du Québec hier pour Bordeaux. Si la droite reste au pouvoir en 2007 et si Juppé garde la mairie de Bordeaux, evidemment on peut se douter que ce projet sera favorisé.

Concernant le projet, je n'avais pas fait attention aux marais qui occupent une large superficie de part et d'autre du futur ouvrage sur la Garonne-Dordogne. Mais si on se met à  parler de tunnel, on enfonce un peu plus les coûts... :roll:

Pour le reste, je m'en réfère à  ceux qui connaissent le coin. :wink:

Posté : mer. 03 mai 2006 19:09
par Eric
Dans ce cas, pourquoi avoir décidé de choisir la variante Ouest, au regard de ces difficultés ? :roll:
Le contournement Est n'aurait il pas comporté moins de difficultés (mis à  part le passage dans les vignes) ?

Posté : mer. 03 mai 2006 22:06
par Alexandre
Le passage par l'est avait le mérite de croiser toutes les autoroutes arrivant sur Bordeaux. Mais il a été préféré la desserte du Médoc et de l'ouest de l'agglomération.

Posté : mer. 03 mai 2006 22:12
par gailu
Inconvénients (entre-autres) du passage par l'est (Entre-deux-mer):
_Relief plus accidenté
_Urbanistion bien plus forte
_Non desserte de l'aéroport Bordeaux-Mérignac

Posté : jeu. 04 mai 2006 09:34
par gailu
Le recours qui pourrait tout changer

Le recours déposé par les quatre associations entend répercuter l'inquiétude des habitants des communes concernées par les différents tracés

Une décision de justice pourrait fort bien compromettre l'ensemble du débat engagé actuellement sur le grand contournement de Bordeaux. Au moins retarder la procédure en cours.
Francis Idrac, le préfet de région, a rejeté en bloc cette éventualité la semaine dernière à  Bordeaux-Lac, affirmant que rien ne pourra désormais stopper la machine. Le ministre ayant pris, a précisé le préfet, une décision définitive et l'affaire étant totalement et tout aussi légalement engagée. « Faux ! », répondent Aquitaine Alternatives, la Sepanso, la CLCV et Bassin d'Arcachon Ecologie, les quatre associations girondines à  l'origine de l'action en justice.

Un débat jugé « tronqué ».

« Contrairement à  ce que certains affirment, disent-elles, notre recours n'est pas tombé aux oubliettes et il ira jusqu'au bout. Le dossier n'entrant pas dans le cadre de ses compétences, le Conseil d'Etat ne l'a pas pris en compte mais le tribunal administratif de Bordeaux, lui, l'a réceptionné le 30 janvier dernier et il devrait le traiter dans un temps relativement court. »
Ces associations ont déposé leur recours à  la mi-2004, suite au grand débat public organisé en 2003 et interrompu avant la date de clôture officielle par Gilles de Robien, alors ministre de l'Equipement. Ce dernier avait pris la liberté de ne pas en attendre les conclusions officielles pour révéler la décision inscrite au Comité interministériel d'aménagement et du développement du territoire (CIADST). A savoir, un grand contournement par l'ouest.
« Le débat public a été tronqué et donc n'a aucune valeur juridique... Ils ont fait et ont décidé comme ils ont voulu. Je sais de quoi je parle, j'y étais ! », criait haut et fort, mardi soir, un participant à  la réunion de Ludon-Médoc en remettant la question sur le tapis.

Démissions après la décision du ministre.

Un sentiment qu'ont ressenti à  l'époque les membres de la Commission particulière du débat public (CPDP). Au lendemain de la décision du ministre, tous ont démissionné, laissant le soin à  leur président de boucler l'histoire et de transmettre les conclusions du débat. Ce qui fait dire aujourd'hui au préfet que « la commission a rempli sa tâche jusqu'au bout et que le rapport est vraiment sérieux et complet ».
Aquitaine Alternatives, la Sepanso, la CLCV et Bassin d'Arcachon Ecologie ne sont pas d'accord et l'ambiance folle des réunions publiques les conforte aujourd'hui dans leur position : « S'il y avait eu une telle unanimité lors du grand débat public, vous pensez qu'il y aurait une opposition aussi forte à  la concertation aujourd'hui ? »

Les associations comptent donc sur le tribunal administratif pour dire si ce débat s'est déroulé selon les règles en vigueur, si le calendrier a été respecté et si le public a été informé comme la loi l'impose. A titre d'exemple, Aquitaine Alternatives cite l'étude environnementale qui doit être obligatoirement présentée au public avant tout projet de cette ampleur. Une étude que les défenseurs de la nature affirment n'avoir toujours pas pu consulter.

(1) Les réunions actuelles entrent dans le cadre de la concertation obligatoire lors de l'étude préliminaire. Elles font suite au grand débat public mené voici trois ans.

Source: Sud Ouest du 04/05/06

Posté : jeu. 04 mai 2006 19:13
par Thomas
Oui, exact, l'A51, mais j'ose à  peine le dire

Posté : ven. 05 mai 2006 10:37
par ocean
Il est vrai que la rocade de Bordeaux est saturée, personne ne le nie, mais n'y a-t-il pas une autre alternative que ce grand contournement?

Par exemple, certaines grandes villes ont interdit la circulation sur leurs rocades à  certaines heures pour les poids lourds.Cela ne pourrait-il pas être mis en place à  Bordeaux?

Posté : ven. 05 mai 2006 12:19
par Fantomas
Enver a écrit :
ocean a écrit :Par exemple, certaines grandes villes ont interdit la circulation sur leurs rocades à  certaines heures pour les poids lourds.Cela ne pourrait-il pas être mis en place à  Bordeaux?
Ah ... Et du coup, on demande aux poids lourds de patienter ?
On les fait passer en ville, où par la campagne ? :shock:
Mais non! on les met sur des trains!

Think different... :ange: :volatilize:

Posté : ven. 05 mai 2006 13:11
par Auriom
(Ou sur l'autoroute maritime qui traverse le golfe de Gascogne. :wink: )

(C'est bon, je sors, vous pouvez cesser le feu.)

Posté : ven. 05 mai 2006 16:54
par Alexandre
Mettre des camions sur les trains pour uniquement traverser Bordeaux serait un gouffre financier enorme pour tout le monde!

Posté : ven. 05 mai 2006 17:33
par gailu
Encore du mécontentement! Je savais que ce projet ne plairait pas à  certains mais là  ca commence a sentir mauvais. Je comprends pas tous ces gens qui sont contre le développement, c'est incroyable cette mentalité.


Le rejet se confirme

GRAND CONTOURNEMENT. --Saint-Médard-en-Jalles était, hier, après Bourg-sur-Gironde et Ludon-Médoc, le théâtre d'un débat qui montra une fois encore le rejet quasi général du projet.

L'électricité était dans l'air hier dès 18 heures dans la grande salle de cinéma du Carré des Jalles, à  l'occasion de la troisième réunion de concertation sur le projet de contournement autoroutier de Bordeaux par l'ouest. Là , ils étaient venus de partout, de Marcheprime et même de Blaye, mais de la périphérie saint-médardaise surtout pour dire « non, non et non ! » au projet présenté par Philippe Boutin et Yves Massenet pour la Direction régionale de l'Equipement, le préfet Idrac ayant en la circonstance délégué son adjoint pour répondre à  la vindicte populaire.
Si Thierry Rogelet, sous-préfet de l'arrondissement de Bordeaux, en prit largement pour son grade d'emblée, Serge Lamaison, maire de l'endroit mais aussi conseiller général et président du Schéma directeur d'aménagement urbain (SDAU), ne fut pas épargné non plus. Contre lui se dressa un quarteron de putschistes, en tenue verte, au premier rang duquel se comptaient Michel Daverat, Monique de Marco, Jean-Pierre Dufour et Pierre Hurmic. L'hôte du lieu, qui s'était pourtant fendu d'une motion visant à  modifier les contours du projet tel que présenté à  l'occasion de son dernier Conseil municipal, fut, en cette soirée, accusé de prendre une posture essentiellement destinée à  préserver ses administrés, de la jouer « perso » sans souci des inquiétudes soulevées dans un canton où il lui faudra pourtant battre la campagne en 2008.


« Fossoyeurs de la République ». La première salve de la soirée, après les exposés forcément redondants des ingénieurs de l'Equipement Bourg-sur-Gironde et Ludon-Médoc n'y avaient pas coupé quelques jours auparavant fut tirée par Marianne Dubo, venue tout exprès d'Arsac. La salve d'applaudissements nourris qui s'ensuivit venait de donner le ton. Repris en choeur par un simple citoyen « mais électeur aussi » de Saint-Aubin-de-Médoc qui, sans façon, traita les missi dominici de l'Equipement Aquitaine de « fossoyeurs de la République ».
Tous les trésors de diplomatie didactique dispensés par les ingénieurs et le représentant de l'Etat, diaporama à  l'appui, ne suffirent pas à  calmer l'ire d'un public parmi lequel un anonyme s'enquit seulement de savoir ce que, pour eux, voulait dire le mot concertation. Un mot, oui, mais beaucoup plus de mots dans la bouche de Marie-Josée Conte (PCF), conseillère municipale et communautaire de Saint-Médard-en-Jalles, dont l'attaque en règle du projet eût gagné à  ne pas excéder les cinq minutes. Parce qu'en dépit du microbaladeur sur lequel on se jetait comme sur un cornet de glace en pleine canicule, la profusion des questions, leur confusion aussi parfois, ne servirent pas à  clarifier les échanges.


« Vous nous prenez pour des gogos ». Au milieu du tohu-bohu, comme un remake de la manif du 4 avril contre le CPE, sauf qu'on se trouvait là  en milieu confiné, il n'était pas simple de trier les revendications fondées des condamnations marquées au fer rouge de la politique. Prenons quand même au passage cette accusation sans détour balancée sans aucune figure de rhétorique aux promoteurs du projet de contournement autoroutier par Louis Gassies, venu lui aussi d'Arsac : « Vous êtes des menteurs, et vous nous prenez pour des gogos. »
A l'applaudimètre, il fut l'incontestable vainqueur de la soirée, même si, dans son genre, Christophe Duprat, maire tout fraîchement élu de Saint-Aubin-de-Médoc, se tailla une assez jolie cote de popularité. Les élections cantonales en ligne de mire ? On pourrait le croire si n'avait été dans la salle, après plus de trois heures d'échanges acrimonieux, un Martignassais pour se lever et dire : « Elus ou simples citoyens, de gauche ou de droite, ce qui nous importe c'est qu'on abandonne le projet en l'état. Qu'il soit revu et corrigé par les hommes de l'art, d'accord, mais en concertation avec ceux qui sont concernés au premier chef. Ceux qui habitent alentour de ces fuseaux qu'on nous a dessinés et dont je m'accorde à  penser qu'ils ne sont, comme j'ai pu le lire, qu'un plat de nouilles. »





Pour les viticulteurs, aucun tracé n'est acceptable

Pour mettre définitivement en colère les viticulteurs de la Gironde, il ne manquait plus que cette histoire du grand contournement. « Si ce projet n'avait pas existé, il aurait fallu l'inventer », ironise l'un d'eux. « Après la crise, la chute des cours, les arrachages, ce sont maintenant les coteaux, les rangs de vigne, les piquets et tout le reste qui nous dégringolent sur la tête. »
Aucune opposition clairement affichée pourtant. « L'absence de déclaration officielle ne signifie pas acceptation », précise Yan Le Goaster, directeur de la Fédération des grands vins de Bordeaux. « Laissez-nous le temps de réagir. Nous sommes sous le choc. Comme tout le monde, nous découvrons juste les tracés. Il n'y pas eu de concertation préalable. Aucun responsable, aucun président n'a été contacté pour l'étude les fuseaux. Ce qui aboutit à  des aberrations incroyables comme celle de Margaux où l'autoroute coupe tout simplement le domaine en deux. »


Réunion mardi. Une situation si grave que Jacques Bertrand, président de la Fédération des grands vins a convoqué une réunion de crise ce dernier mardi. Tous les responsables de syndicats étaient présents. Ceux qui n'étaient pas là  étaient à  la réunion publique de Ludon-Médoc pour recueillir les dernières informations et les faire remonter.
Les membres de la fédération se sont donné huit jours pour analyser le dossier, bâtir un plan de bataille et partir en guerre. De grosses manifs à  craindre ? « Vu l'ambiance actuelle, on peut tout imaginer ! », se borne à  dire Yan Le Goaster en révélant juste l'ordre du jour : « Le conseil d'administration se réunira mardi matin et fera connaître sa position dans la foulée ».


Appel à  une réaction nationale. Xavier Carreau, président du Comité régional de l'INAO a déjà  pour sa part lancé l'action. D'autant plus vite qu'il est du Blayais et que ce contournement, il en entend parler depuis des lustres.
A l'époque, il était président de la Fédération des grands vins et vice-président du CIVB. « Sachant que ce projet pouvait poser problème, nous avons fait des propositions de tracé », rappelle-t-il. « Un passage au nord de Blaye (où les vignes auraient été épargnées), un pont s'appuyant sur l'île Bouchaud et une sortie côté Médoc commune de Beychevelle, dans un petit couloir encaissé où la route n'aurait aucunement touché l'image des grands domaines situés de part et d'autre. Rien de tout cela n'a été retenu. »
Selon le président de l'INAO, aucun des tracés présenté à  ce jour n'est acceptable. L'INAO va donc se prononcer contre la destruction des vignobles et le faire savoir. « Ne serait-ce qu'à  Dominique Bussereau avec lequel je déjeune prochainement », précise Xavier Carreau. Dans le même temps, le viticulteur va saisir le Comité national de l'INAO (où il siège) pour lancer un appel à  la solidarité viticole nationale. « Comme nous l'avons fait pour le grand contournement de Lyon », dit-il. « Les Côte-Rôtie étaient elles aussi menacés de disparaître sous une autoroute. Tous les vignobles de France se sont mobilisés. Les Côte-Rôtie ont été sauvées. »

Source: Sud Ouest du 05/05/06

Posté : ven. 05 mai 2006 17:56
par Maastricht
Encore du mécontentement! Je savais que se projet ne plairai pas à  certains mais là  ca commence a sentir mauvais. Je comprend pas tous ces gens qui sont contre le développement, c'est incroyable cette mentalité.
Ben oui, c'est toujours cette réaction, tout à  fait légitime, dès qu'on touche à  son ptit bout de jardin (d'autant plus si le ptit bout de jardin est fort joli et fragiel comme les Côteaux du Médoc)... On a la même chose en Sud Touraine, avec la LGVSEA. Rengaine habituel : vaudrait mieux un pendulaire sur la ligne actuelle, développer le ferroutage (quel rapport ???), ou au pire jumeler autant que possible le tracé avec l'A10 (la LGV étant effectivement parallale à  l'A10, un no man's land de 1km de large séparant les deux. Pas top). Je pense que dans l'ensemble peu de gens sont contre le développement d'infras de transport (sauf autoroute, là  il y a un syndrome assez curieux...), mais comme on dit c'est mieux chez le voisin... Donc je pense pour ma part que ce qu'il faudrait avant tout dans cette affaire, c'est organiser un référundum local sur le point de passage (enfin va y en avoir du vote blanc). Ou du moins organiser une vraie concertation (stands d'information, donnez votre avis, etc) pendant des semaines, plutôt que des débats surchargés où le débat de sourds règne. A nouveau à  Tours, c'est ce qu'on a eu pour le Periph NO : consultations poubliques dans les mairies, site internet très bien réalisé, pages de pub dans les quotidiens invitant les riverains à  se prooncer, camion d'infos ambulant, classement en zone protégée du fuseau de passage afin que ce ne soit plus une coupure grise mais une coupure verte, etc ... Résultat, mis à  part les assocs de défense de la nature assez mécontentes et deux trois ronchons, ça s'est passé assez bien pour un endroit qui est pourtant l'un des plus protégés de l'Agglo.


« Vous êtes des menteurs, et vous nous prenez pour des gogos. »
Toujours cette bonne vieille théorie du complot paranoiaque autour de chaque projet autoroutier, c'est dingue ... Des documents officiels existent, des SDAU sont consultables partout, et pourtant toujours cette idée folle qu'un serpent de mer des années 70 va ressortir ou alors qu'un projet ultra-secret déjà  arrivé à  matûrité va éclater dès le début de la contruction de l'autoroute... Si l'Etat avait de l'argent ça se saurait depuis longtemps ... Je trouve personnellement ce matraquage ("Les gens au pouvoir vous trompent") particulièrement exaspérant ... Sans parler du chantage éléctroal aux élus : Ou vous êtes pas d'accord avec le projet, ou c'est tintin aux prochaines éléctions ... :evil:


Comme tout le monde, nous découvrons juste les tracés
:shock: Les grandes familles de tracé sont connues depuis quand, les années 80 ? Dans chaque SDAU il apparaît des tracés d'infras dont la réalisation est considéré comme probable, je doute que le contournement de Bdx n'y apparaisse pas... Et puis bon les DDE, DRE, c'est fait pour ça ! Quand l'été dernier je suis allé squatter la Direction départementale des Infras et Transports du 37, on m'a montré sans aucun secret sur quoi les ingés planchaient, quels fuseaux devaient être retenus, etc ... Réagir maintenant sur un projet qui a 20 ou 30 ans c'est plus que limite, surtout si c'est pour dire qu'il y aun culte du secret autour de ce projet ... On croirait entendre des membres d'onnoucachetout ...

Enfin bon, merci pour l'article :roll:

Posté : ven. 05 mai 2006 18:04
par gailu
Ben certes un projet comme celui-là  va forcement devoir passer dans un endroit plus ou moins naturel ou précieux et le dégrader en partie; ca va obligatoirement etre nefaste pour quelques individus. Mais dans un monde en devellopement il faut bien évoluer. Si tout le monde refuse toujours tout comment s'en sortir.
Alors d'accord il faut pas tout bétonner faire nimporte quoi et détruire tout l'environnement; mais ce n'est pas en rejetant les problèmes plus loins (en l'occurence sur la rocade) que tout sera parfait dans le meilleur des mondes. Faire un contournement autoroutier de Bordeaux semble indispensable pour le futur, tout comme developper le rail et le bateau.

Les humains sont de plus en plus nombreux il faudra donc forcement de plus en plus de place et donc de plus en plus de routes, voies férrées, maritimes, centrales électriques etc... c'est inexorable. Et le nier je trouve ca incroyable, c'est la politique de l'autruche