Bonjour,
jerem17 a écrit :Le problème c'est que le pouvoir de modification des lois de finances par le parlementaire est extrêmement limité par la constitution (
article 40 pour être exact). Toutefois, certains assouplissements dans l'interdiction d'augmenter une charge publique existent, mais c'est assez subtil (voir sur le
site de l'assemblée nationale).
On parle là du principe de subsidiarité...
Le problème qui a bien été évoqué plus haut, c'est que la vision "politique" d'un élu local ne sera pas la même que celle d'un représentant de l’État. Rappelons à ce titre que même si la voie est classée dans le domaine public de la collectivité, si la route est reconnue comme étant à grande circulation, c'est le préfet qui est en charge de la police de la circulation (voir
ici et la
fiche du CEREMA).
Mais je me demande quelle est la marge de manœuvre d'une collectivité pour effectuer des aménagements routiers sur un axe à grande circulation (ralentisseurs, diminution du nombre de voies, etc.) ?
jacques43 a écrit :L'Etat n'a plus aucune vision d'aménagement du territoire, mais plutôt une politique d'abandon de tout ce qui n'est pas Paris ou quelques liaisons pour relier les grandes métropoles.
Refiler l'A20, l'A75 aux collectivités, les routes nationales, ça n'a vraiment aucun sens !
J'espère bien que les collectivités refuseront ce cadeau empoisonné, pas comme en 2006, où les autoroutes avaient été privatisées et le réseau routier national démantelé...
La cour des comptes avait notifié que la décentralisation routière n'avait été
ni gage d'efficacité,
ni permis d'économies substantielles.
Et comme le soulignait Bugsss, les routes et les itinéraires sont de plus en plus morcelés en une kyrielle de numérotation et de gestionnaires, avec des niveaux de service de plus en plus hétérogènes.
Le désengagement de l’état s’explique par 2 facteurs :
> un bureaucratie et une lourdeur administrative : l’état crée toujours plus de normes et décrets, lois, sans jamais faire le ménage (le nombre de lois plus de 20 000 , comme le nombre de norme plus de 400 000 !). Au final à faire appliquer dans une mille-feuille, c’est une dilution des compétences et une démultiplications des avis et pouvoir décisionnaires … qui peuvent donner des oppositions voir des situation contradictoire et absurde.
> le désengagement est marqué aussi par un affaiblissement de l’état là ou l’on a besoin de lui. Résultat c’est le citoyen lambda ou le plus petit échelon qui « paye financièrement la note)
Plusieurs exemple
- politique du logement social défaillante > qui génère des squattes et des situations ubuesques pour les propriétaires légitimes
- politique de lutte contre la délinquance routière défaillante > explosion du nombre de dispositif visant à dégrader les routes (ralentisseurs, rond-point, baisse de de vitesse arbitraire, mauvais calibrage des feux de circulation, …) , alcool et drogue au volant, usurpation de plaque, « poubelle roulante »,
- politique de lutte contre la délinquance > explosion du nombre de larcin, vol, cambriolage, fraude en tout genre (fiscale, sociale, identité … )
- politique de réforme du mille-feuille > absence de simplification, absence de contrôle des dépenses, manque de réforme organisationnelle/fonctionnelle et structurelle .
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L’état se désengageant pour les routes sur le niveau le plus bas : les intercos par exemple. Maintenant les intercos doivent se débrouiller pour faire le travail que l’état n’a jamais fait …
Le fait de « récupérer » , derrière il faut pourvoir en assumer les charges financières . Hors a cause d’un abandon dans de nombreux domaines, l’utilisateur final se retrouve déjà à devoir supporter les couts de dommages collatéraux financièrement .
Quid des couts indirects pour « essuyer » : la fraude, les vols , les vandalismes, les saccages, les destructions, les réparations, le dédommagement des victimes , « la lenteur décisionnaire » , les entreprises qui ne feront pas de commerce à un endroit ?
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Exemple concret : supposons que l’état et / ou les collectivités décident de ne pas aménager d’itinéraire de contournement sud de Strasbourg sur la M353.
Le résultat final :
> risque d’accident accru
> risque d’accident avec choc frontal accru
> risque d’accident mortel accru
> risque financier pour les assureurs et la sécu, d’avoir un poids financier pour le dédommagement des victimes
> risque de voir « fuiter » entreprises et citoyens ailleurs, car l’accessibilité n’est pas garantit
> risque de voir partir les recettes liées à l’activité économique
Combien couterait ce "poids" financier en millions d'€ VERSUS l'aménagement d'un axe de circulation ?