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Posté : sam. 10 oct. 2009 13:32
par rerefr
Toto94 a écrit :Bonjour à  tous.

Une petite remarque quand au tracé des 130 km de métro automatique sur la carte du Figaro du jour. Habitant Villejuif je regarde de près le futur de cette ville. J'ai superposé le tracé supposé à  une carte et la nouvelle ligne circulaire croise la M7 au niveau de la station Paul Vaillant Couturier et non au niveau du terminus Louis Aragon. Dommage pour interconnexion avec le T7. Au delà  de ça l'interconnexion M14 nouvelle ligne circulaire tombe à  proximité de l'A6B, très loin de Louis Aragon. Il est clair que le projet de grand huit ne cherche pas à  s'inscrire dans une continuité avec les réseaux existants mais desservir des zones à  fort potentiel constructif ou des zones de bureaux en demande de TC.
J'ai aussi superposé le schéma du figaro à  ma base de données. Et je tombe pile poil sur le croisement D55-N7 (Louis Aragon).
Et, sans prétention, j'ai confiance en mon calage.

Sinon, la superposition indique que le métro longerait (ou serait à  coté de) la voie ferrée à  Sèvres et Saint-Cloud, l'A6 entre Paris et l'Hay les roses, l'A86 à  Villeneuve la Garenne et Gennevilliers (en partie) , et la N2 au Blanc-Mesnil et Aulnay sous Bois.

Posté : sam. 10 oct. 2009 13:38
par Thomas
rerefr a écrit : J'ai aussi superposé le shéma du figaro à  ma base de données. Et je tombe pile poil sur le croisement D55-N7 (Louis Aragon).
Et, sans prétention, j'ai confiance en mon calage.

Sinon, la superposition indique que le métro suivrait la voie ferrée à  Sèvres et Saint-Cloud, l'A6 entre Paris et l'Hay les roses, l'A86 à  Villeneuve la Garenne et Gennevilliers (en partie) , et la N2 au Blanc-Mesnil et Aulnay sous Bois.
Heu, la carte (Figaro et même gouvernement) n'est qu'un schéma de principe. En aucun cas il ne peut être superposé à  la réalité même si des tendances peuvent être visibles (N2...). Impossible donc de savoir avec précision où passera ce fameux métro.

Posté : sam. 10 oct. 2009 14:02
par rerefr
C'est un schéma bien sûr, mais les grandes tendances peuvent être soulignées.

Et c'est très visible que le schéma fait passer le métro par Louis Aragon M7, Les Ardoines RER C, Créteil L'échat M8, St Maur-Créteil RER A, Villiers Sur Marne RER E et Noisy-Champs RER A.

Je ne me prononcerai pas pour le RER D, même si j'ai ma petite idée.

Ensuite, c'est sûr que les schéma se suivent et ne se ressemblent pas.

Posté : sam. 10 oct. 2009 15:06
par basco - landais
je pense que les "concepteurs" de ce projet "?????" ont simplement tracé une épure, reliant entre eux des poles d'activités bien précis.

Il est peut etre un peu tot pour pouvoir affirmer que ce sera tel ou tel trajet, avec tel ou telle correspondance, tout en sachant qu'à  1000 mètres près, c'est le cadet de leurs soucis, compte tenu du projet de droit de preemption futur qui fait tousser les élus de quelque bords ou tendances distinctes ou confondues.

Ces travaux ne pourront se faire qu'à  base de tunneliers qui vont la où on leur dit d'aller, par contre, je souhaite bien du plaisir aux entreprises concernées vu l'état du sous sol traversé (en particulier dans le 94).

Posté : sam. 10 oct. 2009 16:59
par super5
basco - landais a écrit : Ces travaux ne pourront se faire qu'à  base de tunneliers qui vont la où on leur dit d'aller, par contre, je souhaite bien du plaisir aux entreprises concernées vu l'état du sous sol traversé (en particulier dans le 94).
Sauf si l'on construit en aérien, comme pour l'Aérotrain

Posté : sam. 10 oct. 2009 19:01
par bzh-99
basco - landais a écrit :j
Il est peut être un peu tôt pour pouvoir affirmer que ce sera tel ou tel trajet, avec tel ou telle correspondance, tout en sachant qu'à  1000 mètres près, c'est le cadet de leurs soucis, compte tenu du projet de droit de préemption futur qui fait tousser les élus de quelque bords ou tendances distinctes ou confondues.
:non: tu fais un contre-sens là . le droit de préemption nouveau sera créé une fois que le tracé sera déterminé et pas avant. Le projet de loi sur le Grand Paris n'inclut aucun projet de tracé, car il sera mis sur la table le moment venu...

Posté : sam. 10 oct. 2009 21:49
par nanar
Bonjour

En regardant attentivement les derniers schémas (plus précis que le croquis du Figaro) du métro Grand Huit :

- Roissy - Le Bourget est en surface (ou récupère les tunnels existants sous Roissy CDG)
- Le Bourget - La Plaine Gd Stade est en surface
- Une variante Gd Stade - Gennevilliers est en surface
- La Defense - Versailles Chantier est en surface
- Versailles Chantier - Saclay - Massy est en surface
- Massy - Orly est partiellement en surface
- Orly - Villejuif est en surface

Ca commence à  faire des kilomètres :)

A+

Posté : sam. 10 oct. 2009 22:19
par otto
En fait ca m'a l'air de plus en plus de ressembler à  un S-Bahn berlinois qui serait automatique...

Posté : sam. 10 oct. 2009 22:40
par basco - landais
bzh-99 a écrit :
basco - landais a écrit :j
Il est peut être un peu tôt pour pouvoir affirmer que ce sera tel ou tel trajet, avec tel ou telle correspondance, tout en sachant qu'à  1000 mètres près, c'est le cadet de leurs soucis, compte tenu du projet de droit de préemption futur qui fait tousser les élus de quelque bords ou tendances distinctes ou confondues.
:non: tu fais un contre-sens là . le droit de préemption nouveau sera créé une fois que le tracé sera déterminé et pas avant. Le projet de loi sur le Grand Paris n'inclut aucun projet de tracé, car il sera mis sur la table le moment venu...
Ce n'est pourtant pas ce que Blanc et le gouvernement disent, ce qui fait raler tous les élus :cry:

Posté : mer. 14 oct. 2009 08:09
par super5
La SNCF là  où personne ne l'attendait :

http://www.lefigaro.fr/societes/2009/10 ... s-tgv-.php
Le Figaro a écrit :La SNCF perturbe le Grand Paris avec ses TGV
Fabrice Amedeo

Son projet de faire rouler des trains avec le futur métro automatique relève de l'impossible.

La SNCF a dévoilé ce week-end sa vision du Grand Paris et du réseau de transport en commun qui doit voir le jour autour de la capitale d'ici 2020. Ce nouveau projet, que personne n'attendait, vient se superposer sur le plan du métro automatique esquissé par Christian Blanc, secrétaire d'État à  la région capitale. Il s'agirait, selon la SNCF, de faire rouler des TGV sur ce futur réseau et de construire cinq nouvelles gares autour de Paris pour ces trains à  grande vitesse. Objectif : offrir un meilleur accès de la banlieue au réseau TGV.

Le projet a été fraîchement accueil­li. « Ce n'est que du lobbying », explique une source gouvernementale. Le maire de Villeneuve-le-Roi, ville où la SNCF construirait bien une gare, parle d'un « projet présenté sans concertation et sans financement ». Réseau ferré de France, l'établissement public propriétaire des voies, n'a pas été consulté et indique que « ce projet n'engage que la responsabilité de la SNCF ». À la RATP, on ne fait officiellement aucun commentaire mais les dents grincent.

D'autant que, dans un rapport rédigé conjointement par des équipes de la RATP et de la SNCF, celle-ci reconnaît la très grande difficulté de faire rouler les TGV sur les mêmes voies que le futur métro automatique. Le rapport, dont Le Figaro a obtenu copie, explique que l'enjeu serait de mêler un « trafic de quatre TGV par heure dont la taille est de 400 m » avec « la circulation de métros de 120 m de long », circulant « à  la vitesse maximale de 80 km/h » et à  un intervalle de 90 à  180 secondes en heure de pointe.

Exigences de sécurité

Le premier obstacle est la compatibilité des rames de métro avec les TGV. Ces derniers sont en effet dotés de roues en fer, tandis que les métros automatiques roulent sur pneus. L'insertion d'un trafic TGV dans le réseau de métro automatique impliquerait donc de faire rouler des métros à  pneus sur la ligne 14 du métro parisien, colonne vertébrale du projet (voir carte ci-contre), et de faire rouler des métros « à  roulement fer » autour de la capitale. Une hypothèse qui dénature le projet de continuité de service du Grand Paris et impliquerait de « développer une nouvelle génération de matériel roulant ».

Le rapport souligne aussi la différence de hauteur de plancher entre métros et TGV. « Cette situation ne permettrait pas de positionner un quai commun qui satisfasse aux exigences de sécurité.» En clair, il faudrait deux gares différentes à  la Défense : l'une pour le métro et une autre pour le TGV. Il faudrait aussi élargir les tunnels prévus pour le futur métro automatique.

Le dernier obstacle, et non le moindre, est celui de l'exploitation d'un tel réseau mixte. L'insertion d'un TGV, piloté manuellement, au milieu de deux métros automatiques exige des intervalles de sécurité important pour assurer la fiabilité de l'exploitation. Le rapport de la RATP et de la SNCF prévoit ainsi « une minute de part et d'autre du sillon TGV pour assurer la stabilité du système », soit six minutes en tout sans métro. « La navette qui suit un TGV devra donc absorber une double charge », soit un taux de remplissage de 150 %.

Le rapport estime enfin qu'une double exploitation n'est envisageable « qu'en dehors des heures de pointe ». Une conclusion qui n'émeut pas la SNCF. « Ce projet est possible techniquement, estime Mireille Faugère, responsable des grandes lignes. S'il s'avérait trop compliqué, on pourrait faire passer nos TGV sur une autre infrastructure.

Posté : mer. 14 oct. 2009 13:30
par bzh-99
basco - landais a écrit :Ce n'est pourtant pas ce que Blanc et le gouvernement disent, ce qui fait raler tous les élus :cry:
comme toujours en politique (hélas), c'est ce qui est écrit qui est important, pas les belles paroles...

Posté : mar. 20 oct. 2009 18:36
par Maastricht
Papier incendiaire de Jean Nouvel dans le Monde, qui résume très bien la situation navrante actuelle ... CQFD.
lemonde.fr a écrit : Sept mois après le rendu des études stratégiques, six mois après les fermes prises de position présidentielles, où en sommes-nous ? Nulle part. La confusion est totale. Pourquoi ? Nous allons essayer de suivre les méandres de cette histoire.

La source

Quand Nicolas Sarkozy demande à  dix équipes pluridisciplinaires, organisées autour d'urbanistes et d'architectes, de proposer une stratégie de développement du Grand Paris pour intégrer la nouvelle donne (post-Kyoto) : limiter l'émission de gaz à  effet de serre et réorienter le schéma directeur de la région Ile-de-France, le président surprend et, en période de crise, il suscite un grand espoir.

1er méandre

Initialement, le projet pour le Grand Paris est apparu d'abord comme un projet de redéfinition de la gouvernance lié à  la réforme des collectivités territoriales, objet du rapport Balladur : quelles représentations démocratiques (électives) sur quels territoires ? Quelles répartitions des pouvoirs entre l'Etat, la région et les collectivités locales. Pour les Français, le projet du Grand Paris est un projet de découpage électoral. Rapidement, Nicolas Sarkozy a tranché : le projet urbain d'abord, le projet de gouvernance suivra. Mais pour les Français l'information devient : le projet pour le Grand Paris est remis aux calendes grecques.

2e méandre, premier rocher

Le 6 mars, les équipes pluridisciplinaires remettent leurs conclusions et Christian Blanc, secrétaire d'Etat chargé du développement de la région capitale, les invite à  dîner pour les informer... de son projet pour le Grand Paris. En fait, un projet de transport urbain en périphérie de la métropole. Les jours suivants, il en informe abondamment la presse et le projet du Grand Paris devient un grand huit souterrain de métros automatiques, établi avant même la prise de connaissance des dix propositions ayant occupé des centaines de spécialistes de tout poil pendant le temps d'une bonne gestation : neuf mois.

Et, pour les Français, le projet du Grand Paris devient un projet de métro enterré, mais promis à  un bel avenir.

3e méandre, en eau calme

Quand, après le rendu des propositions, le président de la République reçoit les représentants de ces équipes, il dit sa satisfaction et son impatience de voir se concrétiser les idées urbaines avancées, il réaffirme aussi sa volonté d'une action structurante à  l'échelle du Grand Paris et, pour la mettre en oeuvre, témoigne sa confiance à  Christian Blanc.

4e méandre, courbe en accélération

Le 29 avril, le président de la République prononce le discours à  l'ouverture de l'exposition de la Cité de l'architecture. Il cite de nombreuses idées empruntées aux dix études présentées, les fait siennes et confirme sa confiance en Christian Blanc. Il lui demande d'intégrer dans son projet de loi sur les transports du Grand Paris les conclusions de certaines études issues des projets des urbanistes architectes... Nous sommes à  la veille de grandes décisions urbaines, même les plus sceptiques se prennent à  espérer.

5e méandre, embouteillage

Puis ouverture de l'exposition sur le Grand Paris. Succès populaire. Mais on comprend vite qu'il est impossible d'exposer et d'expliquer dix fois un sujet aussi complexe, chaque étude étant présentée dans un espace exigu de 20 m². La presse montre des images éparses de propositions contradictoires et résume chaque étude sur la transformation d'une métropole de 14 millions d'habitants en environ dix à  quinze lignes.

Les Français sont curieux, intéressés et essayent de comprendre... mais c'est impossible.

Bref, une telle somme de travail est trop difficilement communicable. La plupart des journalistes eux-mêmes ne prennent pas le temps de comprendre... seuls certains élus parisiens et franciliens ont souhaité des présentations projet par projet. Et, stupéfaction, je n'ai jamais entendu le secrétaire d'Etat chargé du développement de la région capitale commenter une seule proposition, ni même seulement demander à  une des dix équipes d'expliquer ses projets... En revanche, il dit aux équipes qu'elles auront toutes du travail et évoque avec certaines de futures responsabilités sur de larges territoires, et se fait ainsi quelques alliés...

6e méandre, remous

Les responsables des équipes pluridisciplinaires suggèrent à  Christian Blanc de regarder dare-dare leurs études pour (on ne sait jamais) intégrer quelques pensées pertinentes. Des conseillers élyséens, des élus parisiens et franciliens font de même. Le secrétaire d'Etat fait la sourde oreille au nom d'une urgence qui devient vite raison d'Etat. Tout le monde a compris que Nicolas Sarkozy souhaite aller le plus vite possible. Mais dans cette expression, il y a possible, pas uniquement le plus vite ! Toutes les équipes n'ont pas mis l'accent sur une proposition de transports métropolitains, mais toutes ont relevé l'importance de la corrélation entre stratégie d'évolution et carte des transports.

Certaines équipes ont approfondi un schéma de transports élaboré et argumenté de nature à  questionner les élus et les conseillers au plus haut niveau de l'Etat. Ces derniers, pour l'essentiel, voulaient intégrer dans la proposition du secrétaire d'Etat de nombreux paramètres issus de ces équipes. Ce qui a amené, à  l'initiative de Claude Guéant, un schéma modificateur et complémentaire du grand huit de Christian Blanc, avec, en outre, la recommandation expresse d'avoir un métro aérien dès que la situation le permet. Cela n'empêche pas le secrétaire d'Etat de continuer à  diffuser toujours son même schéma. Les Français ne perçoivent pas d'évolution dans le grand huit.

7e méandre, en eau trouble

En outre, parmi les multiples propositions indiquées dans le discours présidentiel qui énumère des propositions issues des dix études, l'une d'elles éclipse les autres : la liaison Paris-Le Havre. Même si l'analyse du texte montre que l'on parle surtout du Havre port de Paris et d'une liaison rapide par TGV Le Havre-Paris, ce que la presse retient c'est l'axe de développement urbain et territorial Paris-Le Havre. Le Havre est cher à  mon coeur et occupe mon esprit par d'importants projets, renforcer la notion de port avancé de Paris est pertinente, la liaison rapide souhaitable, mais urbaniser la vallée de la Seine entre les deux villes est à  la fois une idée comique - Ferdinand Lop parlait de prolonger le boulevard Saint-Michel jusqu'à  la mer - et une idée tragique : pour limiter l'émission des gaz à  effet de serre, la métropole ne doit plus s'étendre, les transports doivent se concentrer, la densité doit être renforcée sur les gares d'interconnexions.

Seules de nouvelles unités de productions industrielles ont une raison stratégique d'être le long des voies fluviales. Un projet post-Kyoto ne peut être qu'une stratégie de modification de territoires déjà  urbanisés. Etendre la ville est aujourd'hui criminel pour notre descendance. Pourtant, les Français ont compris que le projet du Grand Paris était d'étendre Paris jusqu'au Havre !

8e méandre, rapides avant les chutes

Puis nous avons appris qu'une loi dite du Grand Paris était en préparation pour permettre la réalisation du grand huit des métros souterrains. Une loi étrangère aux propositions urbaines liées à  la consultation du Grand Paris. (L'architecte) Christian de Portzamparc demande alors avec pertinence que l'intitulé de la loi stipule qu'elle porte sur les transports du Grand Paris...

Les Français n'ont aucun moyen de savoir que le Grand Paris de Christian Blanc, et son projet de loi, n'a rien à  voir avec le Grand Paris exposé à  la Cité de l'architecture par les dix équipes internationales pluridisciplinaires.

Un premier projet de loi a circulé cet été sur l'urbanisation du Grand Paris. Ses nouvelles constructions sont implantées dans des cercles de trois kilomètres de diamètre, quarante gares sont le centre de quarante cercles. Quatre fois la surface de Paris aujourd'hui ! Ceux qui l'ont lu ont été effarés par un tel manque de discernement qu'ils soient élus ou professionnels de l'aménagement urbain. Une société du Grand Paris finance le grand huit, notamment en préemptant le foncier à  l'intérieur des cercles. Le projet de loi amendé (les cercles ont disparu, les zones concernées sont flexibles, les collectivités locales sont représentées minoritairement au conseil d'administration) a été accepté en conseil des ministres et sera présenté à  l'Assemblée nationale à  la fin de l'automne.

C'est un projet de loi conflictuel qui ne donne aucune garantie d'utilité publique s'il n'est pas relié à  une stratégie urbaine précisée et située. Oui, l'Etat a pour rôle d'initier, de proposer un mode de financement, et quand c'est nécessaire de décider de l'intérêt général face à  des intérêts locaux. Cette loi est indispensable, mais elle ne peut être ni une carte blanche sur le mode d'urbanisation ni une incitation à  l'extension urbaine. Le Grand Paris n'est pas un champ de bataille. Il ne pourra s'épanouir que dans la compréhension et la hiérarchisation d'objectifs sociaux, humanistes et optimistes. Le consensus sur ces objectifs est le principal paramètre nécessaire pour en accélérer la réalisation.

Nous en sommes là ... Avec en plus la perspective des élections régionales pour crisper un peu plus les choses... Mais ne vous méprenez pas, je ne suis pas un démolisseur, mais un constructeur persévérant : j'oeuvre pour que le projet du Grand Paris, le vrai, le structurant, l'ambitieux, le durable, l'humaniste, pour lequel Nicolas Sarkozy a invité tant d'experts à  réfléchir et à  proposer, voit le jour et se mette en place au plus vite. La matière permettant les choix stratégiques est là . Elle n'est pas extraite.

Et, Christian Blanc souhaitait-il vraiment l'extraire quand il a proposé de repartir de zéro et de faire un projet commun à  dix équipes avant toutes discussions sur le contenu ! Piège grossier désamorcé in extremis.

Il faut créer d'urgence un atelier du Grand Paris où l'Etat, la région, la Ville de Paris et les collectivités locales désigneront des représentants qui, informés par les équipes auteurs des propositions et par les ateliers d'urbanisme de la ville de Paris et de la région, identifieront les propositions à  retenir en vérifiant leur comptabilité et leur faisabilité. Car, vous l'avez compris, logiquement, les propositions formulées et étudiées séparément sont contradictoires et tout aussi logiquement, en démocratie, les experts proposent et les politiques disposent.

Ce n'est évidemment pas par hasard si Christian Blanc a proposé que l'Atelier du Grand Paris soit une association réduite aux seules équipes pour qu'elles travaillent ensemble... J'avais trouvé le nom : l'Atelier de Sisyphe. Le Grand Paris pourrait commencer demain matin dans des centaines de communes simultanément, puisque c'est, avant tout, la modification d'une situation existante où il faut :

- planter des arbres pour créer de la biomasse,

- isoler et requalifier les bâtiments énergivores en agrandissant les logements et en améliorant leurs équipements et leur esthétique,

- aménager les lisières, limites de la ville et de la nature,

- accélérer la modification urbaine,

- favoriser la mixité et les reconversions ainsi que l'implantation des commerces de proximité,

- reconquérir les délaissés urbains et arrêter de démolir dans les quartiers sensibles, les ouvrir et surtout les équiper...

Et, surtout, surtout arrêter d'étendre la ville par simples juxtapositions périphériques.

Les élus de Paris Métropole proposent de travailler dès aujourd'hui avec l'Atelier du Grand Paris ; ces mesures et d'autres pourraient donc être intégrées rapidement dans des centaines de communes. Le plus difficile sera de décider où construire les 70 000 logements annuels pour créer des centralités autour du Paris historique à  l'échelle de la métropole. Il est facilement compréhensible qu'entre une stratégie comme celle du groupe Descartes (Yves Lion, François Leclerc...) avec 20 centralités de 500 000 habitants, ou une autre comme celle de Richard Rogers qui propose un polycentrisme compact, ou celle de Cantal-Duthilleul-Nouvel qui propose seulement cinq centralités... Le tracé du système de transports et l'implantation des gares risquent d'être légèrement différents ! Il faut choisir, trancher.

Après ce choix, un secrétaire d'Etat, ami des ingénieurs, urbanistes, architectes, artistes, intellectuels... à  l'écoute de tous, humaniste curieux et ambitieux pour l'ensemble des habitants du Grand Paris, pourrait vite proposer un tracé de transports précis et pertinent sur des bases déjà  consensuelles et il serait alors immédiatement possible de formaliser les nouveaux documents d'urbanisme à  l'échelle de la métropole.

Les représentants des dix équipes pluridisciplinaires ont signé, le 28 juillet, une lettre adressée au président de la République pour demander la création de l'Atelier du Grand Paris, conforme à  cette stratégie afin de réaliser son ambition qui est logiquement partagée par ceux qui veulent que le début du XXIe siècle soit plus juste et plus généreux.

Posté : mar. 20 oct. 2009 18:47
par basco - landais
Je ne trouve pas si incendiaire que celà  , mais plutôt une très belle analyse réelle de ces derniers mois et des différentes options prises.
Ni conflictuelle, ni pessimiste, mais novatrice et fedératrice.

Merci à  ce grand architecte de remettre les choses à  plat, lui qui a l'habitude d'elever les choses :wink:

Posté : mar. 20 oct. 2009 19:30
par Frédéric SAVIN
Ca donne surtout la dimension du Président de la République, plus "bling-bling" que jamais et qui promet des trucs extravagants sans en assurer un résultat cohérent, compréhensible des Français et surtout compatible avec les engagements qui ont été pris antérieurement. Donc tout à  fait le genre de truc à  passer à  la trappe dès que NS aura quitté le pouvoir et qu'il aura à  peine réuni quinze liards pour financer la taille de la première pierre de la première station de métro de son cher Grand Paris...

Posté : mar. 20 oct. 2009 19:51
par gavatx76
7e méandre, en eau trouble

En outre, parmi les multiples propositions indiquées dans le discours présidentiel qui énumère des propositions issues des dix études, l'une d'elles éclipse les autres : la liaison Paris-Le Havre. Même si l'analyse du texte montre que l'on parle surtout du Havre port de Paris et d'une liaison rapide par TGV Le Havre-Paris, ce que la presse retient c'est l'axe de développement urbain et territorial Paris-Le Havre. Le Havre est cher à  mon coeur et occupe mon esprit par d'importants projets,...
Cher à  son portefeuille surtout, il a réussi à  leur vendre ce truc métallique:
http://www.paris-normandie.fr/index.php ... vec_Nouvel

Posté : mar. 20 oct. 2009 19:54
par basco - landais
gavatx76 a écrit :
7e méandre, en eau trouble

En outre, parmi les multiples propositions indiquées dans le discours présidentiel qui énumère des propositions issues des dix études, l'une d'elles éclipse les autres : la liaison Paris-Le Havre. Même si l'analyse du texte montre que l'on parle surtout du Havre port de Paris et d'une liaison rapide par TGV Le Havre-Paris, ce que la presse retient c'est l'axe de développement urbain et territorial Paris-Le Havre. Le Havre est cher à  mon coeur et occupe mon esprit par d'importants projets,...
Cher à  son portefeuille surtout, il a réussi à  leur vendre ce truc métallique:
http://www.paris-normandie.fr/index.php ... vec_Nouvel
Oui mais grenello compatible à  la gloire de l'océan :roll:

Posté : mar. 20 oct. 2009 20:42
par TheForceCode
De toute façon, sans les épuis politiques au niveau local, le "Grand Paris" va faire pchit.

Avant de parler "gros projet" d'urbanisme, il aurait peut-être déjà  était préférable de revoir la structure administrative de l'Agglomération Parisienne, en commançant par créer simplement une Agglo de Paris (type Communauté d'Agglomération, regroupant Paris et des villes de la petite couronne) comme toutes les autres grandes communes françaises ont fait. Les projets seraient ensuite passés beaucoup plus facilement, dans un projet structurant d'agglomération.

Posté : mar. 20 oct. 2009 21:08
par super5
TheForceCode a écrit :De toute façon, sans les épuis politiques au niveau local, le "Grand Paris" va faire pchit.

Avant de parler "gros projet" d'urbanisme, il aurait peut-être déjà  était préférable de revoir la structure administrative de l'Agglomération Parisienne, en commançant par créer simplement une Agglo de Paris (type Communauté d'Agglomération, regroupant Paris et des villes de la petite couronne) comme toutes les autres grandes communes françaises ont fait. Les projets seraient ensuite passés beaucoup plus facilement, dans un projet structurant d'agglomération.
Au contraire, il vaut mieux commencer par les projets de transport, plus consensuels :wink:
La question institutionnelle, plus sujette à  polémique, sera abordée plus tard.

Posté : mar. 20 oct. 2009 21:32
par nanar
TheForceCode a écrit : Avant de parler "gros projet" d'urbanisme, il aurait peut-être déjà  était préférable de revoir la structure administrative de l'Agglomération Parisienne, en commançant par créer simplement une Agglo de Paris (type Communauté d'Agglomération, regroupant Paris et des villes de la petite couronne) comme toutes les autres grandes communes françaises ont fait.
Mettons. Mais une communauté urbaine, c'est plus intégrée, plus ... complet, plus efficace.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Communaut% ... 3%A9ration

Sinon, la petite couronne, (500 ou 600 km2 des départements 75, 92, 94 et 95) est ce suffisant ?
la zone bâtie est proche de 2 500 km2

.

Posté : mar. 20 oct. 2009 21:37
par TheForceCode
super5 a écrit :Au contraire, il vaut mieux commencer par les projets de transport, plus consensuels :wink:
La question institutionnelle, plus sujette à  polémique, sera abordée plus tard.
Et bien moi, je ne suis pas d'accord. Pour unir un territoir autour d'un projet, faudrait déjà  avoir une antité locale qui parlerait d'une seule voix (comme le font les Conseils d'Agglo).
Désolés, mais faire les projets avant d'avoir un niveau institutionnel qui devra le gérer, j'appelle ça "mettre la charue avant les boeufs.
A ce que je sache, on a pas d'abord construit les villes nouvelles, puis ensuite les EPA.

D'ailleur, je trouve cette ingérence de l'Etat dans les affaires locale d'IdF assez dérangeante. A ce que je sache, l'Etat ne dit pas à  Lyon, Marseille ou Lille comment dévelloper leur région urbaine. Je vois pas pourquoi cela devrait être différent à  Paris.