Samib a écrit :Le raccordement vers Chalon et Bar il existe, le coût marginal d'y faire circuler des trains n'est pas si élevé que ça, en tout cas pas plus que de les mettre sur la voie classique.
Ben évidemment que si qu'un TGV coûte plus cher à exploiter qu'un TER.
D'une part, les péages sont bien plus élevés sur LGV que sur ligne classique (même si ceux de la LGV Est sont inférieurs à ceux de Paris - Lyon ou Paris - Courtalain), mais on en a déjà parlé.
Ensuite, la consommation énergétique d'un TGV à 320 km/h n'est absolument pas la même que celle d'un Régiolis en mode électrique (ou toute autre automotrice) à 160 km/h.
Au niveau de la maintenance, c'est pareil : les rames TGV sont chères à entretenir. Enfin, n'oublions pas que les TGV ne sont pas conventionnés et ne relèvent pas du service public (à part de très rares exceptions comme le Brive - Lille) ; le déficit d'exploitation des trains très peu rentables doit donc être compensé par les relations rentables.
Avec l'effondrement du modèle économique du TGV, qui est bien réel (l'augmentation des prix des péages n'en est pas la seule cause), ce schéma idéal, ayant permis la formidable expansion du réseau dans les années 2000 et étant à l'origine de la période d'euphorie pendant laquelle 4 chantiers de LGV ont été lancés (Est phase 2, SEA, BPL et contournement Nîmes - Montpellier), accompagnés d'une pléthore de projets plus ou moins rationnels (Poitiers - Limoges en est le meilleur exemple) devient de plus en plus difficile à réaliser. Sur la LGV Est, je suis prêt à parier que la seule relation rentable est Paris - Strasbourg...
C'est peut être à la construction qu'il y a eu des erreurs, je ne sais pas si ce raccordement était vraiment une bonne idée, mais maintenant l'abandonner me semblerait du gaspillage.
Il resterait toujours utile en cas de situation exceptionnelle, permettant de détourner des trains par la ligne classique.
Ce ne serait pas le premier raccordement inutile (lorsque les conditions d'exploitations sont normales) construit : me vient à l'esprit en première position la branche Sud du triangle des Angles, sur la LGV Méditerranée, et ses deux majestueux viaducs empruntés par un seul train par jour dans chaque sens (en l'occurrence l'aller-retour AVE Madrid - Marseille), ou encore le raccordement de Besançon Est sur la LGV Rhin-Rhône, créé spécialement pour le TGV "politique" Strasbourg - Marseille via Lons-le-Saunier et Bourg-en-Bresse, que lui seul emprunte. On a aussi l'immense raccordement de Saint-Florentin, sur Paris - Lyon, qui servait jadis uniquement au défunt TGV "politique" Melun - Marseille, mais il s'agit d'un cas un peu particulier puisqu'il constituait le début provisoire de la LGV de 1981 à 1983.
Après pour l'histoire de la ligne classique, certes elle fonctionnait bien avant, mais l'intérêt d'avoir la LGV c'est peut être justement de la libérer pour y mettre des circulations moins diversifiées, en clair développer justement les omnibus et pas refaire des express.
Comme je l'ai souligné précédemment, à part sur Paris - Château-Thierry, il n'y a pas de services omnibus sur cette ligne, et ce n'est pas demain la veille qu'il y en aura vu la démographie locale. Ce ne sont pas deux allers-retours express par jour (remplaçant les deux allers-retours en TGV) qui vont plomber sérieusement la capacité de la ligne.
En tout cas la LGV existant je trouve qu'il n'est surement pas si cher que ça de prolonger les TGV après Champagne Ardennes, même si c'est pour moins de monde, plutôt que de remettre en plus un train express sur ligne classique jusqu'à Bar.
L'arrêt à Champagne-Ardenne TGV peut facilement être reporté sur des Paris - Nancy ou Paris - Metz (cela se fait déjà d'ailleurs), en y introduisant des Duplex si nécessaire. Ceci permet en plus de créer des liaisons à grande vitesse entre Reims, Nancy et Metz.
Par contre concernant les détails de desserte je ne sais pas, si certains TGVs sont vraiment peu remplis ils est possible qu'ils soient en trop.
Justement, le problème de ces TGV Paris - Bar-le-Duc, c'est qu'ils sont maintenus sous perfusion par l'arrêt à Champagne-Ardenne TGV, qui permet de ne pas avoir un remplissage trop catastrophique sur la quasi totalité de la partie à grande vitesse.