Le Parisien a écrit :La Défense : une nouvelle gare pour accueillir le RER E dans cinq ans
C’est l’une des dernières étapes administratives avant le vrai premier coup de pioche. Le permis de construire de la future gare Eole (RER E) de La Défense est soumis à partir de cette semaine à enquête publique dans les villes concernées par le tracé.
La notice d’architecte de 50 pages est consultable dans les mairies de Courbevoie, Nanterre et Puteaux, mais aussi sur internet*.
A l’horizon 2022, l’actuelle ligne E du RER sera prolongée de 55 km vers l’ouest : 8 km en tunnel, de l’actuelle gare Haussmann Saint-Lazare à La Défense, puis 47 km de voie existante, jusqu’à la gare de Mantes-la-Jolie (Yvelines). Un prolongement qui concerne plus de 620 000 voyageurs franciliens. Ce projet répond à un double objectif : améliorer les transports existants et mieux desservir La Défense et l’Ouest de la région parisienne (Mantes-Poissy-Les Mureaux). Le RER E prolongé devrait désaturer les RER A, B et D, et soulager les pôles de Châtelet-les-Halles et Saint-Lazare.
35 minutes entre Mantes et La Défense
L’arrivée du RER E à Nanterre en 2020, puis à Mantes-la-Jolie en 2022, réduira les temps de parcours entre La Défense et les Yvelines. Eole permettra de relier Mantes à La Défense en 35 minutes, contre 52 minutes aujourd’hui.
Le parcours du RER E sera également plus fiable grâce à son organisation en deux branches autonomes, l’une entre Paris (Rosa Parks) et Mantes, l’autre entre Chelles-Tournan (Seine-et-Marne) et Nanterre. Ce qui évitera, en cas de situation perturbée sur une branche, d’impacter l’autre. Des trains de nouvelle génération circuleront sur le réseau, qui bénéficiera d’un système d’exploitation permettant de faire rouler, sur une même ligne, plus de trains, et plus rapidement.
Le projet Eole est porté par la SNCF. Le STIF veille au respect du calendrier et des coûts. Eole est financé par l’Etat, la Région Ile-de-France, la Société du Grand Paris et les départements concernés. Le coût du projet du prolongement du RER E est estimé, au stade des études d’avant-projet, à 3,3 milliards d’euros*, hors coût du matériel roulant. La Société du Grand Paris apporte une contribution financière d’un milliard d’euros.
Enquête publique sur le permis de construire de la gare La Défense-Cnit jusqu’au 23 octobre dans treize communes concernées par le RER E. Permanences dans les mairies de Courbevoie, Nanterre et Puteaux.
*
http://www.rer-eole.fr
-------
Sous le Cnit, un chantier hautement technique à 500 millions d’euros
La future gare souterraine de La Défense est un ouvrage exceptionnel à plusieurs titres. Elle sera en effet réalisée sous le dôme historique du Cnit. Sa construction nécessitera évidemment des précautions pour éviter de fragiliser la voûte de béton armé haute de 50 m, et construite entre 1956 et 1958.
Ainsi, plutôt qu’une seule grande voûte, il a été préféré des parties voûtées par demi-quai et des tunnels aménagés entre les fondations existantes du Cnit. Ce défi technologique en fera l’une des infrastructures les plus coûteuses avec un budget de 500 M€, soit deux fois plus qu’une gare souterraine traditionnelle.
Depuis cet été, le niveau C du Cnit, sous les parkings, est fermé et transformé en zone de chantier. Pour simplifier le parcours de l’usager depuis la surface jusqu’au RER E, une mezzanine surplombera le quai. Elle sera un lieu de correspondances et d’information organisée autour d’un vide central où le voyageur apercevra le quai dès son entrée en gare. L’accès au quai se fera par quatre escaliers fixes, douze escaliers mécaniques et deux ascenseurs publics.
Un couloir d’une centaine de mètres reliera le RER E directement aux voies actuelles du RER A, au même niveau. Un autre conduira les usagers vers le pôle Cœur Transport. Une troisième correspondance les mènera jusqu’au tramway T2 et au Transilien. Trois sorties rejoindront le Cnit en liaison directe, la Grande Arche et l’avenue Albert Gleizes qui prolonge le boulevard Gambetta à Courbevoie.
--------
Huit ans de travaux, au mieux, entre Paris et Mantes-la-Jolie
2009. Le Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif) décide de soumettre le prolongement du RER E à l’Ouest à la commission du débat public.
2010. Le débat public confirme la nécessité du projet.
2011. Sept réunions publiques présentent aux habitants le tracé et l’impact du projet sur l’environnement, de Neuilly à Mantes-la-Jolie (Yvelines) en passant par Nanterre.
2012. Le projet est soumis à enquête publique. La commission d’enquête émet un avis favorable, assorti de deux réserves concernant le bruit et l’arrêt dans la Boucle de Montesson (Yvelines).
2013. Après levée des réserves suite aux engagements de la SNCF, les préfets des quatre départements traversés (Hauts-de-Seine, Paris, Val d’Oise et Yvelines) signent la déclaration d’utilité publique.
2014. Sondages à Courbevoie et Neuilly pour définir la localisation des puits d’extraction de la terre dans la perspective de l’avancée du tunnelier. Choix des architectes.
2015. Fermeture du centre des congrès du Cnit. Début des travaux de déviation des réseaux à Courbevoie et Neuilly. Dépôt des permis de construire et lancement de l’enquête publique pour la gare du Cnit.
2016. Poursuite des travaux de déviation de réseaux dans les Hauts-de-Seine et à Paris (VIIIe, XVIIe). Travaux sous le Cnit et creusement des puits de l’allée Gambetta à Courbevoie.
2017. Arrivée du tunnelier à Courbevoie. Travaux d’excavation et de terrassement au Cnit. Début des travaux à Paris (puits et gare de la Porte Maillot) et à Nanterre pour la gare de la Folie.
2018. Arrivée du tunnelier à Neuilly. Suite des travaux des gares.
2019. Arrivée du tunnelier à Paris, jusqu’à la gare Haussmann-Saint-Lazare.
2020. Finition des gares. Essais entre Paris et Nanterre pour une mise en service à la fin 2020.
2022. Mise en service du prolongement entier du RER E, de Saint-Lazare jusqu’à Mantes-la-Jolie.