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Re: [ LN ] Paris - Normandie : LGV ?

Posté : mar. 13 déc. 2011 21:16
par florentr
Et bien, j'avoue que j'ai un peu de mal à comprendre, mais je vais essayer... A Mantes, ça semble très complexe.

Enfin je comprends au moins que la traversée de Mantes pose vraiment problème, et que le contournement soit proposé sans qu'on puisse sereinement l'imaginer seulement dans un deuxième temps (d'où ma question sur le phasage).

Mais le contournement va sûrement poser problème. Là, pas question de suivre l'A13 en surface... il va donc soit falloir couper à travers champs, mais ça va être difficile (nombreuses expropriations et gêne pour les riverains car les trains circuleront à plus de 200 kms/h). A moins qu'on puisse passer en tunnel à l'est de la gare de Mantes et ressortir à l'ouest de la gare de Mantes La Jolie... là, bien sûr, c'est plus cher, mais c'est peut-être plus facilement gérable avec les riverains (donc peut-être réalisable plus vite), et ça présenterait l'avantage de permettre de faire un jour une gare en sous-sol sur la ligne normande (en cas de problème de saturation de la gare de Mantes la Jolie dans les années à venir, ça pourrait être utile...)

Re: [ LN ] Paris - Normandie : LGV ?

Posté : mar. 13 déc. 2011 21:47
par adr
En fait, le plus bizarre, c'est que RFF ne prévoit pas de trains desservant Mantes et utilisant la LNPN en Normandie si j'ai bien compris), et cependant prévoit un raccord entre les lignes actuelles et la LNPN à l'Ouest de Mantes)!
Dans ce cas là, on pourrait même ne pas prévoir ce raccord à l'ouest et passer le contournement au sud, dans une zone plus propice à sa construction (tout en réservant la possibilité de faire ce raccord ultérieurement au croisement avec la ligne Caen-Mantes, judicieux pour des TGV intersecteurs du type Caen (ou Le Havre/Rouen) - GN Evreux - Mantes - La Défense - Roissy - Lille (ou Strasbourg) que RFF ne prévoyait même pas dans son tableau p 35)
J'ai complété la carte du jumelage A14 avec le contournement.

Re: [ LN ] Paris - Normandie : LGV ?

Posté : mar. 13 déc. 2011 23:48
par florentr
Les TGV intersecteurs vers Versailles-Massy-Lyon-Marseille emprunteront la LNPN entre Rouen et Mantes et s'arrêteront à Mantes. Il y aura donc un raccord.
Mais j'ai du mal à comprendre le tracé avant et après Mantes et encore plus le plan de circulation dans Mantes. Je le trouve extrêmement compliqué.

Re: [ LN ] Paris - Normandie : LGV ?

Posté : mer. 14 déc. 2011 14:38
par adr
Est il acquis que ces TGV desservent Mantes ? Ils ne figurent pas dans le tableau du rapport A3 (et le raccord ne figure pas dans le schéma de RFF que j'ai posté) !

Re: [ LN ] Paris - Normandie : LGV ?

Posté : jeu. 15 déc. 2011 11:40
par Auriom
On ne peut pas tout avoir...

Ces jours-ci, les édiles caennais sont tout contents d'avoir leur "vrai tram" pour 2018. Mais l'ambiance semblait moins à la fête au débat public LNPN :
Ouest-France a écrit :Ligne Paris-Normandie : se préparer maintenant

Un train rapide à 250 km/h sur une voie nouvelle ne suffit pas. Villes et territoires doivent avoir des projets dès maintenant. Caen, Rouen et Le Havre feraient bien de s'inspirer de Metz et Reims pour le TGV Est.

Après douze soirées locales, Caen inaugurait mardi une nouvelle série thématique du débat public sur la ligne nouvelle Paris-Normandie (LNPN). Sujet de la soirée : l'aménagement du territoire, avant le financement (ce soir à Rouen) et le fret (le 12 janvier au Havre). Ou comment les Normands doivent se préparer dès maintenant à accueillir un train Paris-Cherbourg plus rapide sur une ligne nouvelle. Un représentant de la Datar (Délégation à l'aménagement du territoire et à l'attractivité régionale) a commencé par expliquer combien en se rapprochant à 1 h 30, 1 h ou 30 minutes de Paris, la vie, l'image et l'attractivité d'une région et d'une ville s'en trouvaient changées.

Metz mais surtout Reims ont anticipé l'arrivée du TGV Est, investissant des millions d'euros dans la communication... amortis aujourd'hui. Elles ont vu apparaître ces « navetteurs », ces hommes et femmes qui vont travailler tous les jours à Paris. Avec le risque de devenir des cités dortoirs. Les quartiers de gares, autrefois lieu de passage pas toujours bien fréquentés, deviennent des centres d'affaires et commerciaux. Il y a un boom de l'urbanisme. Le foncier augmente... Mais à condition de ne pas rester inactifs. Un représentant de la CCI de Dieppe, présent à Caen, qui s'inquiétait que la Côte d'Albâtre soit à l'écart de cette ligne, s'est entendu répondre : « C'est à vous d'avoir des projets locaux ! »

Manque de souffle

Mais il y a aussi les perdants du TGV, comme le relève Jean-François Troin de la Fédération des usagers des transports (Fnaut) : des villes secondaires jusqu'à 50 000 habitants restent à l'écart de la carte ferroviaire. Et elles sont nombreuses en Normandie : Évreux, Bernay, Lisieux, Dives-Cabourg, Carentan, Valognes... Pour prévenir ce danger, tout le monde souhaite « une irrigation des territoires avec un réseau secondaire fort », comme les TERGV entre Londres et le Kent. Ces trains express régionaux à grande vitesse, rapides, réguliers et confortables, relient la ligne à grande vitesse principale. Des « cabotages intervilles », pour ne laisser personne sur les quais des petites gares. Autre revers de la médaille dans une Normandie touristique : « Avec les allers-retours en train devenus possibles dans la journée, les hôtels perdent des nuitées. »

Ce deuxième débat à Caen a pour le reste laissé une impression étrange. Tout le monde est pour cette LNPN (élus, CCI... sauf les écologistes) mais on ne sent pas le souffle et la mobilisation suffisants. Laurent Beauvais, président de la Région, et son vice-président aux transports Pierre Mouraret, ne sont restés qu'une heure sans intervenir. Philippe Duron, député-maire de Caen, s'est opposé à un compromis entre les tracés A et B dans un nouveau scénario AB qui passerait par Évreux « mais qui remet Caen à 1 h 45 de Paris sans un kilomètre de ligne nouvelle en Basse-Normandie ». Le maire d'Évreux, deux rangs derrière, a sûrement apprécié. Ce nouveau tracé, « sorti du chapeau de RFF », est moins cher « parce qu'il traverse trois vallées au lieu de cinq et évite une forêt », confirme Jean-Damien Poncet, de Réseau ferré de France. Mais il faudra alors s'entendre sur la gare de débranchement entre Louviers et Val-de-Reuil. Un problème à résoudre chasse l'autre.

Xavier ORIOT
(Je ne vois pas comment le scénario AB "remet Caen à 1h45 de Paris" : RFF affiche 1h17 avec ce scénario.)

Re: [ LN ] Paris - Normandie : LGV ?

Posté : jeu. 15 déc. 2011 11:53
par djakk
Pour prévenir ce danger, tout le monde souhaite « une irrigation des territoires avec un réseau secondaire fort », comme les TERGV entre Londres et le Kent.
Ce dont on parlait dans le sujet "LGV Bretagne" ^^ : http://forum.sara-infras.fr/viewtopic.p ... 72#p201472
« Avec les allers-retours en train devenus possibles dans la journée, les hôtels perdent des nuitées. »
N'importe quoi …

Re: [ LN ] Paris - Normandie : LGV ?

Posté : jeu. 15 déc. 2011 11:59
par adr
parce qu'il traverse trois vallées au lieu de cinq et évite une forêt
Mais ils se foutent du monde ! La carte fournie par RFF traverse entièrement la forêt de Bord-Louviers, perpendiculairement à la coupure de l' A13, comme gavatx l'avait fait remarquer dans ce fil.

Re: [ LN ] Paris - Normandie : LGV ?

Posté : jeu. 15 déc. 2011 14:08
par gavatx76
Ce deuxième débat à Caen a pour le reste laissé une impression étrange. Tout le monde est pour cette LNPN (élus, CCI... sauf les écologistes) mais on ne sent pas le souffle et la mobilisation suffisants. Laurent Beauvais, président de la Région, et son vice-président aux transports Pierre Mouraret, ne sont restés qu'une heure sans intervenir. Philippe Duron, député-maire de Caen, s'est opposé à un compromis entre les tracés A et B dans un nouveau scénario AB...
Parce que les Normands ne sont pas si cons qu'ils en ont l'air ? (Version polissée: parce que les Normands ont les pieds sur terre ?)

Re: [ LN ] Paris - Normandie : LGV ?

Posté : dim. 18 déc. 2011 20:19
par GeneralMotors
Le projet de Ligne Nouvelle Paris Normandie (LN PN) est ambitieux par l’abaissement des temps de parcours Paris-Rouen (1h10->45’), Paris-Caen (2h20->1h15), Paris-Le Havre (2h10->1h15) et Rouen-Caen, la création de 2 nouvelles gares (Rouen et Nanterre-La Défense) et la fréquence de desserte.
Ce projet est onéreux, 4 à 5 milliards d’euros pour améliorer la régularité entre Mantes et Paris (gain de temps 4’) et desservir Nanterre/La Défense, 6 à 10 milliards d’euros pour une LN à l’ouest de Mantes (essentiel des gains de temps de LN PN) et une gare centrale à Rouen.
La Ligne Classique (LC) est saturée à Rouen et entre Paris et Mantes la Jolie (point dur à Villennes-sur-Seine) mais passe à 2 km de La Défense.
En ce qui concerne le Fret, Le Havre est le premier port français pour les conteneurs mais ils sont acheminés à 84% par la route ((Hambourg, Rotterdam et Anvers aux trafics conteneurs supérieurs ne dépendent qu’à 50/60% de la route). La modernisation de la ligne Serqueux-Gisors améliorera la compétitivité de ce leader français.
En ce qui concerne l’amélioration des lignes existantes, il y a divergence entre le dossier complet du Maitre d’Ouvrage (MO) et un document cité par le MO dénommé « SNCF : Levée d’option pour l’amélioration de la vitesse de la ligne Paris – Mantes – Rouen – Le Havre, 1998 : Mantes-Rouen, Rouen-Le Havre, Mantes-Cherbourg ».
Entre Mantes et Rouen, 5 à 7’ de gain pour 200 à 675 ME dans le dossier complet et de 2 à 9’ de gain pour 740 à 2770 MF dans l’étude SNCF de 1998.
Entre Rouen et Le Havre, 1’ de gain pour 255 ME dans le dossier complet et 2 à 9’ de gain pour 572 à 915 MF dans l’étude de 1998.
Enfin, entre Mantes et Cherbourg, pas de gain de vitesse appréciable dans le dossier complet et 14’ de gain pour 957 MF dans l’étude de 1998.
Dans cette étude, les gains maximaux étaient obtenus grâce à des trains pendulaires, les TGV n’autorisant que 2/3 de ces gains et les rames tractées 1/3. De plus, entre Mantes et Rouen, cette étude incluait les shunts complets et onéreux de 2 tunnels pour un gain total de 2’, les shunts partiels (1 voie dans les 2 nouveaux tunnels) et le maintien d’1 voie centrée dans les 2 tunnels existants réduiraient l’addition.
Compte tenu du coût de LN PN, sa construction sera phasée, par exemple :
1) Paris-Mantes
2) Mantes-Rouen
3) Branche Caen
4) Branche Le Havre
Chaque phase peut-être un panachage de LN et d’améliorations de LC.
Le point dur de Villennes-sur-Seine peut être traité de différentes manières (allègement impopulaire de la desserte, mise à 4 voies par déplacement éventuel de la gare, mise à 3 voies avec décalage important d’un quai).
Dans l’attente d’une gare définitive à Nanterre La Folie, la desserte de Nanterre/La Défense par les trains normands pourrait faire d’une desserte partielle et provisoire à Nanterre-Université (quai et passerelle provisoires, renforcement de la branche St Germain en Laye du RER-A par des rames MI-09), les trains normands concernés étant terminus/origine à Paris St Lazare.
A l’ouest de Mantes, les améliorations de LC seraient tout ou partie de celles prévues à l’étude de 1998.
Dans l’attente du déplacement définitif de la gare centrale de Rouen, certaines dessertes TER actuelles seraient diamétralisées, les terminus encadrants modernisés, certaines bifurcations déniveléés par construction de sauts de mouton.
Pour conclure, dans un premier temps, il faudra parvenir à des objectifs « psychologiques » mais financièrement pragmatiques , Paris-Rouen en moins d’1h, Paris-Caen/Le Havre en moins de 2h et desserte provisoire de Nanterre Université . Dans un deuxième temps pas si éloigné où l’économie sera redevenue « optimiste », Paris-Rouen en 50’, Paris-Caen/Le Havre en 1h45/1h30 et nouvelles dessertes de Nanterre/La Défense et Rouen.
(Autre topic, pour éviter les syndromes « Rafale » et « EPR », à quand une coopération industrielle européenne « Railbus » à la gamme étendue du pendulaire au TTGV ? et une coopération européene de bâtisseurs couvrant de l’accélération « spectaculaire » de LC au LTGV ?).

Re: [ LN ] Paris - Normandie : LGV ?

Posté : mer. 21 déc. 2011 15:33
par florentr
Je ne me faisais pas beaucoup d'illusions, mais, les 51 minutes annoncées pour les trains Caen-Rouen par le tracé AB ne comprennent pas d'arrêt à Lisieux (correspondance vers Deauville etc.) !! Or il me semble vraiment difficile d'imaginer que le train Caen-Rouen soit sans arrêt à Lisieux (on se priverait d'une liaison entre la Haute-Normandie et Lisieux, et d'un moyen de remplir les trains Caen-Rouen).

Donc... le tracé AB ne permet pas vraiment d'espérer que les relations Caen-Rouen se fassent en 51 minutes. Elles se feront plutôt en 56 minutes au moins. C'est beaucoup moins attractif que prévu. Et comme le temps de trajet entre Caen et Rouen est un point fondamental pour la Basse-Normandie, je comprends qu'elle ne soit pas favorable au tracé AB en l'état. Un tracé AB peut sans doute s'imaginer, mais il devra, comme le tracé A, comporter une section plus longue de ligne nouvelle en Basse-Normandie (pour accélérer le trajet Caen-Rouen). Pour la Basse-Normandie, il me semble en effet décevant de proposer un tracé AB qui allonge le temps de trajet sur Caen-Rouen en ne laissant espérer qu'une très faible économie par rapport au tracé A.
Question 396
Je prends tout juste connaissance du scénario AB. Comme vous le précisez, il permet d'envisager une gare nouvelle de Louviers – Val-de-Reuil (au nord de la bifurcation vers Caen) qui puisse être un point d'arrêt aussi bien sur les trains Paris – Rouen, Évreux – Rouen, ou Caen – Rouen. Cette dernière possibilité me semble un réelle avancée. Même si, malheureusement, dans le cas du scénario AB, le temps de trajet est estimé à 6 minutes de plus (le scénario A prévoit 45 minutes). Avoir un trajet Caen - Rouen rapide semble une vraie nécessité pour la cohérence des relations ferrées entre de nombreuses villes normandes. 51 minutes entre Caen et Rouen, cela reste un temps convenable, mais il serait bon de ne pas dépasser ce temps de référence. Une question : dans les 51 minutes entre Caen et Rouen, avez-vous compté les arrêts en gare de Lisieux (indispensable pour la correspondance avec Deauville notamment) et cette nouvelle gare de Louviers - Val de Reuil justement ? Si non, pourriez-vous apporter des précisions sur la perte de temps que ces deux arrêts pourrait entraîner ?


La réponse de Réseau Ferré de France (RFF):
Le temps de parcours de 51 minutes ne concerne que des trains sans arrêt entre Caen et Rouen. Un second type de train desservant Bernay, Lisieux et, dans le cas du scénario AB, Louviers-Val-de-Reuil-(Elbeuf) est tout à fait envisageable. Le temps supplémentaire lié à ces arrêts est de 3 à 5 minutes par arrêt, soit un temps de parcours Rouen – Caen théorique compris entre 1 h et 1 h 05 environ. Quelques minutes supplémentaires pourraient s’avérer nécessaires pour insérer ce train en ligne et dans les gares principales au milieu des autres trains.

Re: [ LN ] Paris - Normandie : LGV ?

Posté : mer. 21 déc. 2011 19:22
par adr
Mais le temps du scénario A était de 45 minutes sans arrêt, donc les arrêts à Bernay comme à Lisieux ne changent rien à l'écart de 6 minutes entre les deux scénarios.
Quant à l’arrêt en gare de Louviers-Elbeuf, il y a déjà le problème de savoir si cette gare est faisable à cause de la forêt de Bord.
Et puis, c'est toujours déjà bien mieux que le scénario B (et qu'actuellement d'ailleurs) !

Re: [ LN ] Paris - Normandie : LGV ?

Posté : mer. 21 déc. 2011 20:13
par florentr
Mon propos était de dire que 51 minutes entra Caen et Rouen c'est compétitif.

Et il se trouve que 51 minutes :
- C'est le temps qu'il faut en s'arrêtant à Lisieux par le scénario A, c'est acceptable
- C'est le temps qu'il faut SANS s'arrêter à Lisieux par le scénario AB... sans s'arrêter à Lisieux, ça ne me semble pas répondre aux attentes, et 56 ou 57 minutes en s'arrêtant à Lisieux. Là, vu le coût global de l'investissement, c'est décevant.

C'est ce qui me fera dire que la Basse-Normandie choisira soit le scénario A soit un scénario AB révisé pour récupérer les 6 minutes perdues (donc plus cher peut-être que le A).

Re: [ LN ] Paris - Normandie : LGV ?

Posté : mer. 21 déc. 2011 20:27
par adr
Ok, je comprends mieux et je suis d'accord, mais je me dis qu'après tout, la seule différence entre les scénarios A et AB pour Caen - Rouen étant la section qui contourne Bernay, qui trouve sa place dans les deux tracés et dont la réalisation ne semble dépendre que d'un aspect financier., il est possible que les scénarios évoluent facilement dans les deux sens :
- que si le scénario A est choisi, RFF décide un phasage, réalisant le contournement de Bernay à la fin
- que RFF choisisse un scénario AB, en prévoyant tout de suite ou dans une deuxième phase, de contourner Bernay

C'est sûr que je ne comprends pas pourquoi RFF prévoit de faire passer tous les trains par Bernay dans les scénarios AB, le linéaire de tracé ainsi économisé étant assez faible.
Je pense qu'au nord de Bernay, la ligne pourrait passer tout droit jusqu'au Mesnil-Mauger (avec un raccord au croisement de la ligne classique pour les trains de Lisieux ne desservant pas Bernay) !

Re: [ LN ] Paris - Normandie : LGV ?

Posté : mer. 21 déc. 2011 22:25
par adr
Pour Val de Reuil :
Q439 • Adrien C, (PARIS), le 05/12/2011
Le scénario AB me paraît un bon compromis, mais j'aimerais avoir des éclairages sur la desserte de Louviers et Val de Reuil.

En effet, envisager une gare nouvelle entre Louviers et Elbeuf me paraît possible mais les possibilités d'accès depuis Louviers et Val de Reuil sont difficiles à cause de la forêt de Bord. Le Tram-Train projeté Barentin-Elbeuf peut-il être prolongé jusqu'à cette gare si elle est retenue ? Est-il prévu de créer une route (pas très écologique) à travers la forêt vers l'A13 et Val de Reuil ?

Et pour les autres solutions :

- dans les scénarios A et B, l'emplacement "Vallée de l'Eure" à Incarville (qui offre la meilleure attractivité) est-il définitivement rejeté ?

- si il n'est pas rejeté, peut-on envisager une gare avec le même emplacement sur le scénario AB, qui serait légèrement modifié (la branche pour Rouen longe la N154 depuis Evreux jusqu'à la gare, la branche Paris-Caen se détache de cette-dernière pour traverser l'Iton et la branche Caen-Rouen se raccorde à la branche Paris-rouen au nord de Louviers) ?

- enfin, pourquoi ne pas utiliser les lignes existantes ? En effet, on pourrait réaliser le tracé que je propose juste au dessus, puis utiliser la ligne désaffectée qui traverse Louviers en desservant la gare de Louviers au passage. Ensuite un raccord permettrait aux trains d'utiliser la ligne classique jusqu'à Rouen (ce qui, à partir de Oissel, est déjà prévu). Ce tracé permet la desserte de la gare actuelle de Val de Reuil en cours de rénovation et de celle de Louviers, assurant une bonne desserte de l'agglomération (les trains pouvant s'arrêter dans 0, 1 ou 2 gares) !

- par rapport à ma proposition de tracé le long de l'A154, je voudrais ajouter qu'il est possible d'économiser de l'argent et de préserver la vallée de l'Iton (comme demandé dans la question 401) en débranchant vers Caen après Becdal, mais ce serait un peu plus long pour les tracés Caen-Rouen.

> Voir la réponse


Le Maître d'ouvrage, le 21/12/2011,
Le secteur de Louviers – Val-de-Reuil peut trouver au travers du projet LNPN une accessibilité sensiblement améliorée, puisque le temps de parcours vers Paris aujourd’hui supérieur à 1 h pourrait avoisiner les 35 minutes (hors desserte de La Défense). Dans ce contexte, la localisation de la gare est un élément important, qui devra faire l’objet d’analyses approfondies dans les études ultérieures (dans l’hypothèse où le projet se poursuivra suite au débat Public)

A ce stade préliminaire, on peut dire que si le scénario AB devait être retenu, un emplacement à l’ouest de la forêt de Bord serait possible. Une gare commune à Evreux et Louviers-Val-de-Reuil serait également envisageable, sensiblement à mi-chemin entre les deux agglomérations, au croisement de la ligne et de la RN 154. La première solution serait toutefois plus proche de Louviers Val-de-Reuil et permettrait également aux habitants du secteur d’Elbeuf de profiter de l’arrêt. Dans ce cas, le sujet de l’accès à la gare depuis les zones urbanisées devrait être traité. Le prolongement d’une desserte Rouen - Elbeuf jusqu’à cette gare et Louviers est une solution effectivement envisageable, mais probablement coûteuse. Les accès routiers devraient certainement être revus, sans qu’on puisse dire à ce jour si cela nécessite de nouvelles infrastructures à travers la forêt, ou si un aménagement des voieries existantes est suffisant, ce qui répondrait à votre préoccupation environnementale.

En ce qui concerne l’emplacement Incarville sur les scénarios A, B et C, il a été recherché une solution ne requérant pas de tunnels avant et après la traversée de la vallée. Cela situe la gare à plus de 25 m au dessus du sol, soit la hauteur d’un immeuble de 8 ou 9 étages. Un tel ouvrage n’est pas strictement impossible mais complexe, coûteux (plus de 200 M€) et son exploitation sensiblement plus compliquée que celle d’une gare au sol (les cheminements verticaux (ascenceurs, etc…) sont toujours un point faible dans le déplacement des voyageurs). C’est pourquoi nous préconisons de situer la gare à un autre emplacement.

Le tracé que vous préconisez en réutilisant les lignes classiques ne permet pas de respecter les objectifs de temps de parcours Paris – Rouen – Le Havre et rendrait impossible une liaison Rouen – Caen rapide. Par ailleurs, la RN 154 traverse dans ces secteurs des zones très urbanisées et des zones de crues de l’Eure. C’est pourquoi nous n’avons pas retenu de scénario de jumelage avec cette infrastructure.

Re: [ LN ] Paris - Normandie : LGV ?

Posté : jeu. 22 déc. 2011 17:31
par Minuellou
Les Assises Ferroviaires ont rendu leur verdict. Un extrait du rapport final N°3 où il est question d'un moratoire pour des projets de ligne nouvelle :

"5.2 Le développement du réseau à grande vitesse
Le réseau à grande vitesse a concentré, depuis une trentaine d’années, l’essentiel des investissements dans le secteur ferroviaire (presque 2.000 km de lignes à grande vitesse aujourd’hui). Les engagements du Grenelle de l’environnement, repris dans une loi de programmation votée par la représentation nationale en 2009, prévoient le lancement de 2.000 km de nouvelles LGV d’ici 2020. Un programme supplémentaire est même prévu, à hauteur de 2.500 km supplémentaires. La réalisation du programme de 2.000 km de LGV doit permettre de porter de 50 à 75% la part de la population accédant directement au réseau à grande vitesse en moins d’une heure.

La commission s’interroge sur le caractère réaliste de ces objectifs, alors que les quatre projets de LGV en cours (15 Md€ d’investissements) mobilisent déjà d’importants financements de la part de l’Etat et des collectivités locales associées (8 Md€ d’engagements financiers). La quinzaine de projets à réaliser dans le calendrier prévu par le Grenelle de l’Environnement supposerait d’ajouter environ 100 Md€ d’investissements supplémentaires dont le coût, faute de rentabilité suffisante, devrait être supporté presque exclusivement par les collectivités publiques.
L’impossibilité à mener de front la remise en état du réseau existant et la poursuite du développement du réseau à grande vitesse au rythme prévu par le Grenelle Environnement oblige à faire des choix dans le programme de réalisation des nouvelles LGV.
La commission estime qu’il ne faut pas exclure de réexaminer l’opportunité de mener à son terme la procédure engagée sur le contournement ferroviaire de Nîmes et de Montpellier (coût estimé de 1,6 Md€). En ne prenant en compte que les trois projets en cours de réalisation, la dette de RFF augmenterait déjà de 28 à 38 Md€ d’ici 2014.
La commission juge qu’il serait souhaitable de mettre en oeuvre un moratoire sur tous les autres projets ferroviaires du Grenelle de l’environnement (y compris l’arrêt de nouvelles études), dans l’attente de la réalisation d’une programmation qui garantisse au préalable le financement de la remise à niveau et de la modernisation du réseau actuel (de 2 à 2,5 Md€ par an pour entreprendre le rajeunissement du réseau). La rénovation prioritaire du réseau doit ainsi se traduire par une réorientation des financements consacrés aujourd’hui au développement, sous réserve naturellement des opérations déjà décidées.


La définition des priorités de développement relève de la responsabilité conjointe du gouvernement et du parlement. Elle pourrait s’appuyer sur une meilleure prise en compte de l’évaluation socioéconomique des projets, à confier à une expertise tierce au porteur de projet. Seule une programmation ordonnée, dont la soutenabilité budgétaire est assurée et qui engage sur la durée le décideur, permettrait de sortir d’un système où les choix peuvent sembler faits au coup par coup, en fonction du degré d’avancement technique ou d’une pression politique ponctuelle. L’exercice aurait également l’avantage, en donnant de la visibilité au maître d’ouvrage, d’éviter la dispersion des moyens en engageant des études inutiles et coûteuses sur de trop nombreux projets. Dans un souci d’amélioration de la gouvernance des investissements, la commission suggère également l’idée d’une prise en charge par l’Etat du coût des nouveaux projets. Devant les fortes incertitudes sur la rentabilité des futures LGV, que révèlent les divergences de vues entre RFF et la SNCF sur l’économie du TGV, il apparaît préférable d’exclure RFF du plan de financement et de supprimer, par principe, toute contribution de sa part telle qu’actuellement prévue par l’article 4 de son statut. Ce schéma aurait, pour RFF, l’intérêt de le faire bénéficier des éventuelles recettes supplémentaires qui seraient constatées et de contribuer, dans ce cas, à une meilleure couverture de ses coûts. Par ailleurs, la clarification des responsabilités justifie un décroisement des financements et, dans cette perspective, la prise en charge par l’Etat du coût des investissements réalisés sur le réseau national, même si les collectivités locales peuvent aussi bénéficier des retombées des projets."

http://www.developpement-durable.gouv.f ... mblee.html

La couleur est réservée à la modération, Merci

Re: [ LN ] Paris - Normandie : LGV ?

Posté : ven. 23 déc. 2011 08:24
par G.E.
Minuellou a écrit :La commission estime qu’il ne faut pas exclure de réexaminer l’opportunité de mener à son terme la procédure engagée sur le contournement ferroviaire de Nîmes et de Montpellier (coût estimé de 1,6 Md€).
Alors que c'est le projet le plus urgent et le moins cher, avec une forte prédominance du fret ???

C'est vrai qu'il est loin de Paris. :?

Re: [ LN ] Paris - Normandie : LGV ?

Posté : ven. 23 déc. 2011 09:54
par eomer
G.E. a écrit :
Minuellou a écrit :La commission estime qu’il ne faut pas exclure de réexaminer l’opportunité de mener à son terme la procédure engagée sur le contournement ferroviaire de Nîmes et de Montpellier (coût estimé de 1,6 Md€).
Alors que c'est le projet le plus urgent et le moins cher, avec une forte prédominance du fret ???
Il avait même été classé 1° en 2003 par l'audit des Ponts et Chaussées et le rapport de la DATAR. Des 5 projets retenus à l'époque (la phase 2 du TGV Est n'en faisait même pas parti), c'est le seul à ne pas être en travaux. Je veux bien qu'on envisage un moratoire sur les projets à l'horizon 2020 (ce qui au passage rendrait officiellement caduc la distinction entre les "projets à engager avant 2020" et les "projets pour après 2020"...) mais s'attaquer ainsi à un coup parti ouvre la porte à n'importe quelle remise en cause. AMHA, il faut lancer RRE2 et CNM puis ensuite seulement faire une pose: 1,6 G.€ ne représentent finalement pas grand chose...pour financer, on pourrait peut être surseoir à des projets inutiles comme l'A45 ou l'A831 (par exemple).

Re: [ LN ] Paris - Normandie : LGV ?

Posté : mar. 24 janv. 2012 10:21
par Auriom
Le débat public LNPN s'achèvera lundi 30 janvier, avec une réunion de clôture à Caen.

En attendant, les élus bas-normands se rangent au scénario AB+, c'est-à-dire à une version complète du scénario AB sorti du chapeau par RFF pendant le débat (ie avec un petit bout entre Lisieux et Bernay) censée garantir les trajets Caen-Paris en 1h15 et Caen-Rouen en moins d'une heure.
Le conseil régional de Basse-Normandie a écrit :La Conférence des Exécutifs bas-normands favorable au tracé AB sous certaines conditions

Communiqué de presse du 23 janvier 2012

La conférence des exécutifs bas-normands, présidée par Laurent Beauvais, Président de la Région Basse-Normandie et rassemblant les trois Présidents de Conseils Généraux - Calvados, Manche et Orne - et les cinq Présidents d’Agglomérations - Communauté Urbaine d’Alençon, Caen-la-Mer, Communauté Urbaine de Cherbourg, Communauté d’Agglomération de Flers et Communauté de l’Agglomération Saint-Loise - s’est réunie ce lundi 23 janvier, afin d’évoquer le dossier de Ligne Nouvelle Paris-Normandie et notamment le nouveau scénario AB.

Tout d’abord, la conférence a tenu à souligner que le débat public relatif à la Ligne Nouvelle avait permis d’enrichir le dossier et d’associer les populations concernées, à ce projet.

Concernant le nouveau scénario AB, présenté par RFF, les membres de la conférence ont considéré que le scénario était apparu tardivement et en cours de débat sans que les collectivités territoriales ne soient associées à son élaboration, contrairement aux autres scénarios qui avaient fait l’objet d’un travail collectif dans le cadre du comité de pilotage, présidé par le Préfet DUPORT.

Les membres de la conférence ont tenu à rappeler que dans leur plateforme commune, ils avaient retenu les fonctionnalités suivantes :
* un objectif de temps de parcours Caen-Paris en 1H15, Cherbourg-Paris en 2H15,
* Une liaison Caen-Rouen en 45 minutes,
* Une diffusion de l’effet de la Ligne Nouvelle à l’ensemble des lignes normandes,
* Une desserte de Paris – La Défense en ligne avec celle de Paris – Saint-Lazare,
* Un renforcement des dessertes,
* Une meilleure régularité et qualité de service,
* Une interconnexion à Roissy à la fois au niveau de la plateforme aéroportuaire et au réseau à grande vitesse.
* L’égalité de traitement entre Caen et Le Havre (délais de réalisation, temps de parcours).

Le scénario AB (et sa variante AB+), tel qu’il est présenté aujourd’hui semble répondre aux principales fonctionnalités précitées.

En effet, les temps de parcours estimés par RFF font état d’une liaison Paris-Caen en 1H17 et Caen-Rouen en 51 minutes. Il reste, bien sûr, à confirmer ces temps de parcours, notamment en fonction de la vitesse du tronçon Paris-Mantes.

Enfin, la conférence note également que selon l’analyse de RFF, ce scénario est le moins pénalisant pour l’environnement.

Reste que tous ces points doivent être confirmés de manière claire par RFF.

La conférence des exécutifs réaffirme la nécessité d’une gare nouvelle à Evreux, située sur le tracé de la Ligne Nouvelle.

En effet, il n’apparaît pas envisageable pour les exécutifs bas-normands que les trains qui doivent desservir Evreux, Bernay, Lisieux empruntent la ligne classique à partir d’Evreux, ce qui induirait des temps de parcours très dégradés et affaiblirait la rentabilité de la branche bas-normande de la Ligne Nouvelle.

En conséquence, ils font de ce point, un élément essentiel d’acceptabilité du scénario AB.

En conclusion, les exécutifs bas-normands prennent acte de cette nouvelle proposition dans la mesure où elle permet d’acter un large compromis au niveau des acteurs bas-normands, voire des hauts-normands et se déclarent favorables à cette variante sous réserve de la réalisation du tronçon Bernay-Lisieux.

Re: [ LN ] Paris - Normandie : LGV ?

Posté : mar. 24 janv. 2012 14:56
par florentr
Merci Auriom.

Depuis le début, les élus bas-normands me paraissent faire preuve d'intérêt et de professionnalisme. Ils se sont intéressés au projet, ont dégagé la liste (assez complète, précise et réfléchie) de leurs exigences, ont travaillé sur son caractère consensuel et, confiants sur la légitimité de leur demande, ils la reformulent de manière très intelligente.

Je ne sais pas de quoi la suite sera faite, mais en tout cas il faut saluer la démarche.

Re: [ LN ] Paris - Normandie : LGV ?

Posté : mar. 24 janv. 2012 19:18
par adr
Oui, en effet, il faut saluer cette démarche, qui n'est malheureusement pas celle de toutes les régions (L'Auvergne par exemple dans le débat du POCL jusqu'à peu) !
Leurs exigences seront à mon avis toutes réalisées mis à part une ce qui est dommage :
* Une interconnexion à Roissy à la fois au niveau de la plateforme aéroportuaire et au réseau à grande vitesse.
Et qu'on ne me dise pas que les normands n'ont qu'à descendre la Défense, prendre le RER E puis changer à Gare du Nord pour le RER B (ou un hypothétique CDG Express) parce que ce n'est à mon avis pas ce qu'ils demandent !
On peut même grâce à la GC faire passer des Caen (ou Le Havre) - Lille par Roissy (par exemple Caen - Gares nouvelles - Mantes - Val d'Argenteuil - Le Bourget - CDG - Lille ) !
Il manque juste un raccord Plaine-Hirson --> Interconnexion