Grasse Pénétrante : tous d'accord pour l'achèvement du dernier tronçon.
Publié le mercredi 27 janvier 2010 à 01H00 - 1
Infographie Philippe Langlade
Pénétrante et contournante. La rime est là mais la connexion entre ces deux axes virtuels reste floue. Pourtant, l'un et l'autre projets semblent indissociables.
Et Jean-Raymond Vinciguerra l'a souligné avec fougue lors de l'assemblée générale de l'association des Trois chemins, tenue dans une salle comble : « La contournante n'est pas une solution alternative. C'est un complément à la pénétrante. Et dire que cette dernière est inutile, c'est se foutre de la gueule des habitants de Saint-Jacques. » Et toc pour les représentants des collectifs de défense de Saint-Antoine et Châteaufolie qui ne souhaitent pas (Nice-Matin du 20 janvier) que l'on vienne piétiner... leurs tulipes ! Ces assises, plutôt menées sur le tempo d'une réunion publique, ont rassemblé le gratin politique local, mercredi dernier. Jean-Pierre Leleux, Jérôme Viaud, André Aschiéri, François Reyne, Bruno Estampe, Georges Brunetti, Françoise Brousteau, Jean Cantoni, tous étaient là pour, d'une seule voix, dire leur adhésion au projet de prolongement de la pénétrante. Un consensus qui dépasse donc les clivages politiques et les frontières communales, pour se raccrocher à un objectif unique : mettre un terme à un problème de circulation devenu intolérable aux heures de pointe. « Sur la méthode, nous sommes en effet tous d'accord, a confirmé Jean-Raymond Vinciguerra, et chacun essaie de faire avancer le dossier à sa manière. Pour ce qui me concerne, c'est avec un peu de poil à gratter. »
Fin du chantier en 2016
De ce grand raout, voulu et organisé par le président Robert Gaymard, chacun sera sorti avec une certitude. Oui, le projet va - enfin - être mené à son terme. Et oui, sa concrétisation aura lieu dans des délais « raisonnables » : livraison du nouvel échangeur de Rouquier fin 2012/début 2013, livraison de la nouvelle section Perdigon - Jean-Girard en 2016.
C'est cela qu'il faut retenir avec, en prime quelques précisions apportées ici et là par les différents intervenants au rang desquels s'étaient joints deux émissaires éminents du conseil général : Philippe de Camaret et Anne-Marie Mallavan. On sait ainsi, grâce à Jérôme Viaud, qu'une piste cyclable bidirectionnelle bordera la future « deux fois une voie » de 1,8 km. L'équivalent en somme de ce qui existe à Antibes, le long de la RD 35 bis qui relie Carrefour à Juan-les-Pins. Et, grâce au même, que le conseil général possède à ce jour 69,8 % des emprises foncières en mètres carrés et 50 % des parcelles en prévision de ce chantier, « le plus gros du département. » Jérôme Viaud a divulgué d'autres chiffres intéressants. « 20 millions d'euros hors taxes, a-t-il dit, seront consacrés à la construction d'ouvrages d'art dont le choix a été privilégié par rapport au remblai. Un million d'euros seront dédiés à l'aménagement paysager. »
Et quid du futur échangeur de la Paoute ? Anne-Marie Mallavan a donné une échéance prévoyant le dépôt de DUP à la fin 2010/début 2011, et rappelé qu'un double échangeur serait la solution idéale. Dans la salle, pas sûr que tout le monde ait bien perçu l'utilité de l'aménagement. D'où cette question fusant de l'assistance : « L'idée est-elle judicieuse de vouloir encore ajouter des voitures sur une voie (ndlr, la RD 6085) déjà saturée ? » Pour Jean-Raymond Vinciguerra, la réponse est sans ambiguïté : « Une ouverture à cet endroit-là va absorber une part du trafic qui bute sur les deux ronds-points du golf de Saint-Donat et des 4-Chemins. »
Contournante : une section « compliquée »
Autre remarque issue du public, relative cette fois au problème des déplacements dans l'ouest des Alpes-Maritimes : « Nous sommes les oubliés du département et pour les transports en commun, c'est la même chose. Vouloir prendre un bus pour se rendre d'un point à un autre relève du parcours du combattant ! » L'occasion pour François Reyne, président de Sillages, de rappeler « que certaines routes sont limitées à 3,5 tonnes et que les bus, même les petits, ne peuvent donc y circuler. Quant au problème de Sophia, il faut tenir compte du fait que plusieurs sociétés y organisent les transports. »
Pour ce qui est de la contournante, Philippe de Camaret a révélé que « l'étude faisait partie du plan de résorption des points noirs dans le département. Mais là, on est sur du long terme parce qu'on est à la recherche de solutions et qu'il s'agit d'une section " compliquée ". » Quoi qu'il en soit, la priorité reste la liaison Perdigon - Jean-Girard. « C'est bien cela qu'il faut faire », a insisté le directeur des infrastructures de transport au conseil général, en évoquant les flux de circulation enregistrés à Jean-Girard : 5 % en provenance du Var, 35 % des communes avoisinantes et 60 % de Grasse. édifiant et suffisant pour légitimer l'achèvement de la pénétrante. Même si certains attendent de voir pour y croire, tel cet intervenant qui a conclu le débat par ce bon mot... « Eric Ciotti a les clés du camion. J'espère qu'il mettra du gasoil et ne nous fera pas le coup de la panne ! »
efarel@nicematin.fr