[ Paris & IDF ] Grandeur et décadence des autoroutes 1960-79

Avant, la route, c'était...
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dark_green67
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Message par dark_green67 »

basco - landais a écrit :
cela aurait été sympa cet echangeur pres de la cité universitaire et à  deux pas du parc de sceaux :P
Je n'ai pas trouvé le profil en long de l'autoroute à  cet endroit mais d'après le plan, les chaussées de l'A10 étaient enterrées assez profondément. Il y avait au-dessus les 2 niveaux de bretelles et je pense que seules les chaussées de l'A86 étaient au niveau du terrain naturel ou un peu au-dessus. L'impact aurait été guère pire que dans le cas de l'A86 seule.

L'avantage de cette configuration, c'est que ça donne un échangeur assez compact, ce qui limite les emprises par rapport à  un échangeur en trèfle.

Bien entendu je n'aurais pas eu tout à  fait ce point de vue si j'avais habité dans un des petits pavillons de la rue Emile Lévêque ou de la rue de la Cité... :roll:
dark_green67
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Message par dark_green67 »

Dans les archives de la DREIF, j'ai trouvé plusieurs dossiers des années 70 concernant la construction de l'A10 en région parisienne et, notamment, les études pour son achèvement entre l'A87 et le BP. En voici une petite synthèse. ( :oops: A la relecture, je me rends compte que ce n'est pas tout à  fait une "petite synthèse". Bon alors disons tout simplement une "synthèse" ou alors une "synthèse un peu détaillée"... Peut-être que ceux qui n'aiment pas la lecture trouveront que ma "synthèse" n'est pas assez synthétique et qu'elle ressemble plutôt à  un petit roman... Eh bien, tant pis pour eux et bonne lecture aux autres !)

La construction de l'autoroute de Paris à  Chartres était inscrite dans le programme du Ministère des Travaux Publics en 1955 et elle avait été confirmée dans le PADOG 1960.

En banlieue parisienne, son tracé était pratiquement défini depuis l'origine : la trouée dans l'urbanisation laissée par l'ancienne voie ferrée de Paris à  Chartres par Gallardon constituait une des rares opportunités pour construire une autoroute de dégagement sans avoir à  exproprier des milliers de logements. L'autoroute devait donc quitter Paris en suivant les voies ferrées de la ligne Paris - Versailles, dans l'axe de la radiale Vercingétorix, puis traverser la commune de Malakoff en longeant par le sud les voies desservant la gare de marchandises de Châtillon. Ensuite, à  partir de Bagneux, le tracé empruntait l'emprise abandonnée de l'ancienne voie ferrée jusqu'à  Villebon.

Le projet avait été déclaré d'utilité publique le 30 octobre 1966 pour le tronçon de Paris à  Villebon et le 8 novembre 1966 pour la section Villebon - Chartres. De Paris à  l'échangeur avec la F6, il était considéré comme "autoroute de dégagement de la région parisienne" et devait, à  ce titre, être libre de péage. Plus au sud, la construction pouvait être concédée au privé (décret de concession à  Cofiroute du 12 mai 1970).

De la bifurcation A10 - A11 à  Paris, le projet déclaré d'utilité publique et urgente prévoyait la réalisation d'un profil en travers comportant en général 2 x 4 voies à  terme, avec toutefois deux passages à  2 x 5 voies : le premier entre Villebon (jonction avec la bretelle d'Orsay, RN188 déviée) et Palaiseau (échangeur avec A87) et le second de Bagneux (accès depuis une voie de liaison entre la RN306 et la RN20) à  Malakoff (sortie vers le BP). Pour les concepteurs, cette largeur à  l'arrivée sur Paris était nécessaire car il s'agissait d'un tronc commun entre l'autoroute A10 proprement dite (destinée à  "l'accueil jusque Paris du trafic de province par les autoroutes A10 et A11") et une voie de desserte locale déviant la RN306 au niveau de Châtillon, Malakoff et Montrouge ("pour la desserte interne de la zone urbanisée, liaison Vélizy - Clamart - Châtillon - Paris Montparnasse").

Si la section de Villebon à  Chartres ne posait aucun souci de réalisation, étant pratiquement en rase campagne, il n'en était pas de même pour la section urbaine à  la sortie de Paris qui suscitait de fortes controverses locales à  cause des nuisances prévisibles. Pour les atténuer, il était prévu notamment de passer en tranchée au niveau du parc de Sceaux et de réaliser des tranchées couvertes au niveau des centres villes de Fontenay aux Roses et de Sceaux.

Voici les plans figurant à  l'avant-projet détaillé dans la traversée du département des Hauts de Seine :

Image Image Image Image

Le passage le plus délicat se situait à  Malakoff au niveau du boulevard Camélinat, entre la RN306 et les voies ferrées de Paris à  Versailles. Compte tenu de la relative "étroitesse" de l'emprise disponible entre les voies ferrées et le boulevard (variable de 30 à  40 m), le projet initial prévoyait la construction, à  la place du talus de la voie ferrée, d'un viaduc à  deux étages, à  + 12 et + 18 mètres, pour chacune des 2 chaussées à  5 voies :ptdr: . Forcément les riverains du boulevard Camélinat n'appréciaient guère (encore des grincheux qui n'avaient rien compris au progrès moderne...). Par ailleurs, quelques expropriations étaient nécessaires à  Malakoff et à  Châtillon et le projet prévoyait de reconstruire des logements "modernes" dans le même secteur pour reloger les expropriés. Tout cela allait donc coûter du temps et beaucoup d'argent.

Dès octobre 1969, une note de la DTC (Division des Transports et de la Circulation) du Service Régional de l'Equipement faisait état du fait que l'avancement du projet entre Palaiseau et Bagneux ne permettait pas d'envisager la fin des travaux avant le VII° plan (1976/1980) alors que l'A10 devait impérativement être mise en service au cours du VI° plan (1971/1975). Des études avaient donc été lancées pour définir les aménagements à  réaliser de manière à  assurer "provisoirement" la continuité autoroutière jusqu'à  Paris. Compte tenu de l'évolution prévisible du trafic routier, les itinéraires de substitution proposés étaient les suivants :

- à  la mise en service (fin 1972 au plus tard), rabattement de tout le trafic vers l'A6 : aménagements provisoires de l'A10 entre F6 et A87 (  2 x 2 voies) et de l'A87 entre A10 et C6 (  1 x 4 voies) et construction des collecteurs parallèles à  l'A6 (prolongement de C6) entre Chevilly-Larue et Wissous.

- pour fin 1974 au plus tard (les capacités maxi de l'itinéraire précédent étant atteintes), éclatement d'une partie du trafic vers le Pont de Sèvres : aménagement complet des RN446, 306 et 187 en autoroute F18 à  2 x 2 voies de l'A10 jusqu'au Pont de Sèvres

- pour fin 1978 au plus tard (l'échangeur du Pont de Sèvres et les voies sur berges rive gauche étant à  leur tour saturés) : aménagement de la RN306 du Petit Clamart à  Châtillon en voie rapide à  2 x 2 voies avec carrefours dénivelés, construction d'une liaison RN306-A10 à  2 x 2 voies sur le tracé de la rocade intercommunale des Hauts de Seine et construction partielle de l'A10 de Bagneux au BP à  2 x 2 voies.

Finalement, en décembre 1969 il fut décidé de réaliser simultanément les deux premiers aménagements pour la mise en service de l'autoroute en octobre 1972. Quant au troisième, il ne verra jamais le jour.

J'ai retrouvé dans un document les dates de mise en service de la F18 (ça pourra servir pour mettre à  jour la fiche de la RN118 sur WikiSara) :

- Pont de Sèvres - CD181 (sortie 2 actuelle) : octobre 1971
- Meudon la Forêt (sortie 3) - Petit Clamart (A86 / RN306) : décembre 1971
- Bièvres (sortie 6)- Mondétour / Orsay (sortie 13) : 1ère chaussée janvier 1972, 2ème chaussée avril 1972
- Bièvres - Limite du 78 (sortie 5) : mars 1972
- Orsay - A10 : juin 1972
- CD181 (sortie 2) - Meudon la Forêt (sortie 3) : octobre 1972
- Petit Clamart (échangeur A86) - Bièvres (sortie 5) : octobre 1972

Pour le débouché via A87 et C6, j'ai deux documents d'époque à  vous présenter :

- Plaquette de présentation du doublement de l'A6 entre Chevilly et Wissous

Image Image Image Image

- Plaquette de présentation de l'A10 entre La Folie-Bessin et Palaiseau

Image Image Image

En ce qui concerne le prolongement au-delà  de Palaiseau, les études et réflexions se poursuivaient activement en 1972/1973. Une grosse partie des acquisitions foncières avaient déjà  eu lieu pour 137 MF et il ne restait plus que 135 MF à  acquérir dont seulement 51,5 MF de foncier privé, le solde étant constitué par des terrains appartenant à  la SNCF. Par contre, plus les discussions duraient, plus les communes traversées devenaient exigeantes au niveau des aménagements (longueur des tranchées couvertes, écrans anti-bruit, etc.).

Il ressort de tout ce que j'ai lu qu'on avait petit à  petit abandonné définitivement l'idée de vouloir faire jouer à  l'A10 le rôle de desserte locale de la banlieue sud-ouest. La plupart des scénarios envisagés ne retenaient plus les projets d'échangeurs à  Verrières et Sceaux, seul les échanges avec A86 étant maintenus. On se contentait donc d'acheminer le trafic "longue distance" jusqu'au BP (et dans Paris, via la pénétrante Vercingétorix...), ce qui permettait de réduire le gabarit de l'autoroute à  2 x 3 voies de A87 à  A86, 2 x 2 voies de A86 à  Bagneux et 2 x 3 voies de Bagneux au BP. Cette séparation des trafics "locaux" et "grande distance" permettait d'ailleurs d'envisager très sérieusement de donner suite aux propositions multiples de Cofiroute qui s'engageait à  construite gratuitement (et rapidement) l'autoroute, moyennant péage, l'Etat ne fournissant "que" le foncier... Voici un schéma représentant un des nombreux scénarios étudié en septembre 1972 (Rose = état ; bleu = Cofiroute ; F = foncier ; T = travaux) :

Image

Dans cette hypothèse, la desserte locale (gratuite) entre Palaiseau et Paris était alors assurée par F10 (Palaiseau - Bièvres), F18 (Bièvres - Petit Clamart) et RN306 jusqu'à  Châtillon ou, dans certains scénarios, par A86, B18 (CD2) et RN306. A noter que pour l'arrivée jusqu'à  Paris, la RN306 n'étant pas élargissable à  un coût raisonnable entre Châtillon et le BP, on conservait systématiquement une liaison RN306 - A10 à  2 x 2 voies au sud de Châtillon en reprenant le tracé de la rocade intercommunale qu'on prolongeait sous la forme d'une voie urbaine à  2 x 2 voies longeant l'A10 par l'ouest au niveau de Châtillon et passant sous le viaduc de l'autoroute au niveau du passage rétréci le long du boulevard Camélinat à  Malakoff.

Ce nouveau principe d'aménagement a été annoncé officiellement par le Ministre de la Protection de la Nature et de l'Environnement en réponse à  une question écrite du député de Malakoff Ducoloné du 1er novembre 1973 : "(...) il n'est question maintenant, au lieu d'un tronc commun Châtillon sous Bagneux / Porte de Vanves à  2 x 4 ou 2 x 5 voies, que d'une autoroute à  2 x 3 voies (...) accolée sur un seul niveau aux voies SNCF et au même niveau qu'elles, et supportée par un portique laissant la place dessous lui à  une voie urbaine Châtillon sous Bagneux / Porte de Vanves, doublant la dite autoroute". La réponse ministérielle précisait que cette autoroute débouchait "à  la fois sur la Pénétrante Vercingétorix pour 2 voies et sur le Périphérique (ou le Superpériphérique s'il se fait) pour une voie".

Voici le schéma de principe qui était retenu en décembre 1973 et les plans correspondants au 1/2000 entre Bagneux et Paris (voir notamment la coupe du viaduc au droit du boulevard Camélinat : entre le tablier et le petit pavillon de banlieue, il y a tout juste la place pour laisser passer un peuplier...) :

Image Image Image

Bon d'accord, le schéma a l'air un peu complexe au premier abord. Surtout ce truc qui ressemble à  un rond-point géant où on aurait tourné à  l'envers autour d'un équipement nommé CIHS :shock:. Qu'est-ce que ça pouvait être ??? Forcément un aménagement Intercommunal des Hauts de Seine, mais quoi ? Une Caserne de pompiers ? Un hôpital ? Une Clinique ? Faudra que je cherche. En tout cas, on aurait eu un superbe candidat au titre de plus gros rond-point de France ! A remarquer qu'il était desservi par une station de métro (vraisemblablement un prolongement de la ligne 13 pour faire passer la pilule de la construction de l'autoroute).

Vous aurez noté au passage qu'à  l'arrivée à  Paris, il est question d'un "Superpériphérique" et d'un échangeur avec la "VPR". C'est quoi ça :?: vous demandez-vous ? Tout simple : une tréparoute !!!! J'ai vu que Maastricht a déjà  évoqué un projet similaire il y a quelques semaines mais celui-ci est un peu différent. J'ai une dizaine d'images à  vous faire partager mais j'y reviendrai dans un autre post d'ici quelques jours. Patience...

Pour en revenir à  l'A10, fin 1973 tout était donc prêt pour une prise de décision officielle concernant le phasage des travaux et l'attribution d'une partie de l'ouvrage à  Cofiroute. Une décision qui n'est jamais venue...

En fait, l'abandon semble avoir été décidé dès le mois de juin 1974 et tous les dossiers des services de l'Equipement sont partis tels quels aux archives. Une aubaine pour moi et tous les chasseurs de projets abandonnés...8)
Maastricht
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Message par Maastricht »

Fascinant ! Merci beaucoup ;)
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Message par basco - landais »

Maastricht a écrit :Fascinant ! Merci beaucoup ;)
je dirai meme plus : un boulot de fou deplacement, recherche, redaction, mise en ligne :
une véritable autoroute de l'information .

chapeau bas !!! :cobra:
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JMB
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Message par JMB »

:aime: :aime2:

félicitations dark_green67, ta "synthèse" est passionnante
dark_green67
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Message par dark_green67 »

Maastricht a écrit :Fascinant ! Merci beaucoup ;)
basco - landais a écrit :chapeau bas !!! :cobra:
:oops: Et ma modestie, les gars !!!

Pour tout vous dire, j'ai pris un plaisir énorme à  défricher tous ces vieux dossiers et c'est tout aussi exaltant de vous les faire partager. :fete:

Encore une fois, je dois remercier sincèrement les gens de la DREIF qui m'ont bien aidé, que ce soit au service Archives, à  la Documentation ou à  la photothèque. Des gens formidables :D
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rolex
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Message par rolex »

dark_green67 a écrit :
Maastricht a écrit :Fascinant ! Merci beaucoup ;)
basco - landais a écrit :chapeau bas !!! :cobra:
:oops: Et ma modestie, les gars !!!

Pour tout vous dire, j'ai pris un plaisir énorme à  défricher tous ces vieux dossiers et c'est tout aussi exaltant de vous les faire partager. :fete:

Encore une fois, je dois remercier sincèrement les gens de la DREIF qui m'ont bien aidé, que ce soit au service Archives, à  la Documentation ou à  la photothèque. Des gens formidables :D
Beau travail !!!
Peut-on prendre les plans pour illustrer Wikisara à  ton avis ? D'ailleurs, si tu as d'autres photos, n'hésite pas à  nous le faire partager sur Wikisara.

Je pense également que l'on copiera une partie de ton post sur Wikisara à  moins que tu veuilles toi même rédiger sur Wikisara (nous ne sommes pas contre du tout !!).
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glouby
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Message par glouby »

Merci beaucoup.
Pour avoir habité 7 ans à  Fontenay aux roses (98-05), j'ai du mal à  y croire et à  m'imaginer ce que cela aurait donné.
La photo de construction de l'échangeur de Palaiseau est superbe.
dark_green67
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Message par dark_green67 »

rolex a écrit : Peut-on prendre les plans pour illustrer Wikisara à  ton avis ?
J'ai posé la question à  la DREIF : il n'y a pas de problème, ces dossiers ne sont pas confidentiels. Ils m'ont juste demandé de veiller à  ce que la source des infos (Archives DREIF) soit citée.
rolex a écrit : Je pense également que l'on copiera une partie de ton post sur Wikisara
Ne vous gênez pas. Tant que je ne suis pas célèbre, je ne prends pas de droits d'auteur :wink:
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Message par bzh-99 »

dire que l'A10 en était à  l'APD... il ne manquait pas grand chose ! :cry:
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G.E.
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Message par G.E. »

Dark_Green, reçois une nouvelle fois mes félicitations. Tant pis pour ton égo mais ce que tu nous apportes est très complet ! :wink:

On attend la suite avec encore plus d'impatience et notamment tous les documents que tu as en réserve ! Dans l'immédiat, il va falloir charger tous tes documents et ton texte sur WS. 8)
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Message par dark_green67 »

G.E. a écrit : On attend la suite avec encore plus d'impatience
Bon d'accord :wink:

Voici donc ce que j'ai trouvé au sujet de la VPR (Voie Périphérique Rapide). Une belle tréparoute pour le site de Maastricht !

Il s'agit d'un opuscule d'une douzaine de pages, datant apparemment de 1972, qui se trouvait dans une boîte d'archives de l'A10 et qui décrit un projet proposé par des promoteurs privés, essentiellement des entreprises de BTP : Campenon Bernard, GTM et Fougerolle (Nota : GTM et Fougerolle figuraient également parmi les fondateurs du consortium Cofiroute en 1970, associés à  SGE, Colas, Jean Lefèbvre et des banques, qui était concessionnaire de l'A10 au-delà  de la Folie-Bessin et qui postulait, avec insistance, pour la concession de la section A87 - BP...).

Ce groupement proposait, dans une première phase, un dédoublement partiel du BP entre la Porte de Sèvres et l'A6. Un viaduc à  2 x 2 voies, à  péage et réservé aux véhicules légers, aurait pu être construit en moins de 2 ans sans financement public.

Ce projet avait manifestement reçu un accueil très favorable de l'administration puisqu'il avait été intégré dans les plans de l'arrivée de l'A10 à  Paris datés de décembre 1973 (voir mon post sur l'A10 plus haut).

Les études avaient été poussées assez loin puisque j'ai vu qu'il avait même fait l'objet d'un avis d'un Inspecteur Général des Monuments Historiques, également en 1973 (entre nous, je ne vois pas quel monument historique pouvait être concerné par ce type d'ouvrage... Je vais essayer de me procurer cet avis)

Voici quelques illustrations permettant de mieux comprendre la proposition :

Couverture du document : Image Tracé : Image

Section-type : Image Illustration d'un tronçon courant : Image
Echangeur Porte de Châtillon : Image Image Image


Et les explications données par les promoteurs dans leur plaquette :

Considérations générales

La Voie Périphérique Rapide - VPR ou "Superpériphérique" -, dont le projet est décrit ci-après a pour objet tout à  la fois d'accroître la capacité du Boulevard Périphérique actuel et de créer une circulation fluide sur le nouvel ouvrage.

La première phase, qui fait l'objet du présent projet, s'applique au tronçon Sud du Boulevard Périphérique, qui ne comporte que deux fois trois voies (au lieu de quatre pour le reste de cette voie). De surcroît, desservant l'autoroute A6 (Orly - Autoroute du Sud) et, d'ici peu, les autoroutes A10 (Tours, Poitiers et, ultérieurement, Bordeaux) et A11 (Chartres, Le Mans et, ultérieurement, la Bretagne), c'est le tronçon le plus chargé du Boulevard Périphérique actuel et les heures pendant lesquels il est saturé s'accroissent régulièrement d'année en année. Il est donc fort probable que, dans un délai de deux à  trois ans maximum, les responsables de la circulation seront obligés de fermer l'accès à  ce tronçon Sud plus de la moitié de la journée, s'ils ne veulent pas prendre le risque d'engorger le Boulevard Périphérique, dès lors qu'il sera ouvert dans sa totalité.

Dans l'immédiat, il serait donc possible de passer d'une capacité de deux fois trois voies à  deux fois cinq voies.

Sur les plans juridique, administratif et financier, cet ouvrage peut être réalisé par voie de concession par la Puissance Publique et sans recours au financement public. Devant l'étroitesse de l'enveloppe financière retenue au VIè Plan pour l'ensemble des moyens de transport et de communication de la région parisienne, cet argument ne peut laisser insensible les contribuables et les usagers de la voiture dans cette région.


Description de l'ouvrage

Les chaussées actuelles du Boulevard Périphérique ont été construites pour supporter un trafic de poids lourds, autocars et véhicules utilitaires. Or, cette catégorie de véhicules ne représente qu'une faible proportion de la demande. Il est donc parfaitement légitime de créer des voies supplémentaires à  l'usage des seuls véhicules de tourisme, réalisant ainsi une construction moins onéreuse.

L'ouvrage, constitué de deux voies de 2,70 m dans chaque sens, sera construit partiellement au-dessus du Boulevard Périphérique existant. Sa réalisation ne nécessite par conséquent aucune acquisition foncière. Le viaduc sera supporté par une file unique d'appuis, implantés en bordure de la chaussée Sud actuelle, l'exécution des fondations n'empiétant qu'exceptionnellement et de façon très limitée sur la chaussée existante.

La surcharge des véhicules adoptée dans les calculs tient compte du fait que la voie ne sera accessible qu'aux voitures de tourisme, un gabarit étant prévu aux entrées pour interdire l'accès aux véhicules non autorisés.

La structure retenue est une poutre tubulaire avec dalles en encorbellements latéraux permettant des portées variables de 32,50 à  65 m, nécessaires pour le franchissement des ouvrages traversant le Boulevard Périphérique et les bretelles d'accès.

Le tablier sera construit à  partir des piles, sans cintre ni appuis provisoires, au moyen de voussoirs préfabriqués, donc sans aucune interférence avec la circulation sur le Boulevard Périphérique, et le procédé de construction envisagé ne nécessitera aucune restriction de circulation sur le Boulevard Périphérique pendant la période des travaux.

Le schéma des échangeurs reliant cette voie nouvelle au Boulevard Périphérique et à  la voirie locale a été défini après études des conditions actuelles et futures de circulation sur le tronçon Sud de façon à  équilibrer au mieux les flux sur les différentes voies.

Dans le sens Ouest Est, les accès à  la VPR se feront au droit de l'héliport d'Issy, à  partir du Boulevard Périphérique et de la voirie locale, ainsi qu'à  l'Ouest de la Porte de Châtillon, les sorties étant possibles, soit immédiatement à  l'Ouest de la Porte de Châtillon, soit directement sur A6 ou encore sur le Boulevard Périphérique au niveau de la Porte de Gentilly.

Dans le sens Est Ouest, l'accès à  la VPR se fera à  partir du Boulevard Périphérique au niveau de la Porte de Gentilly, ou directement à  partir de A6 à  sa confluence avec le Boulevard Périphérique, ou encore au niveau de la Porte de Châtillon en venant de la voirie locale, les sorties se faisant d'une part au niveau de la Porte de Châtillon, d'autre part au niveau de l'héliport d'Issy, soit sur le Boulevard Périphérique, soit sur la voirie locale.

Ainsi réalisée, la Voie Périphérique Rapide accroîtra effectivement d'environ 50 % les possibilités de circulation sur le trajet considéré.

La durée des travaux pour ce tronçon sud de la VPR est estimée à  18 mois à  compter de l'ordre de service.


Trafic - Rentabilité - Financement

L'analyse du trafic actuel et prévisible dans les années à  venir a permis aux auteurs de ce projet de la fonder sur un financement exclusivement privé, partie par autofinancement (capital propre, comptes courants bloqués), partie par appel à  l'épargne privée au moyen d'obligation garanties par la Puissance Publique, tant pour en faciliter le placement, que pour obtenir des taux compatibles avec le niveau des recettes escomptées pendant la durée de la concession obtenue.

Les calculs montrent que cette garantie ne devrait pas jouer.

Ces recettes seront constituées par les péages perçus à  la sortie du tronçon emprunté et indépendamment de la longueur du parcours sur ce tronçon.

Ces péages seraient modulés selon l'heure de la journée (entre un et deux francs (1)) afin de maintenir à  chaque instant le maximum de fluidité sur cet ouvrage ; il serait offert une possibilité d'abonnement à  tarif moindre.

(1) ces tarifs sont donnés dans l'état actuel du montant total estimé des travaux fournis à  l'administration.
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G.E.
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Message par G.E. »

Il s'agissait en fait d'une autoroute coaxiale...

Merci beaucoup ! 8)
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padawan53
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Message par padawan53 »

Merci beaucoup pour tous ces documents ! :p
dark_green67
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Message par dark_green67 »

En rangeant les photocopies de documents que j'avais faites au sujet de l'arrivée de l'A10 sur le BP, je viens de retrouver sur une info importante qui m'avait complètement échappé au sujet de la F10. :oops:

Au début, j'avais cru que c'était uniquement le nom de la liaison de 5 km projetée dans certains scénarios entre l'A87 à  Palaiseau et la F18 à  Bièvres (ce qui allait devenir la RN444). En fait c'est plus "sérieux" que ça : le nom F10 était utilisé pour l'ensemble de la liaison rapide dédoublant grosso modo la RN306 jusqu'au BP. Elle allait donc, suivant les variantes du projet, de Paris Porte de Vanves à  Palaiseau (échangeur A10 x A87) ou au Petit Clamart (échangeur F18 x A86), la construction du petit tronçon entre Palaiseau et Bièvres n'étant pas prévue dans tous les scénarios.

Mais alors, si on a A10 d'un côté et F10 de l'autre, faudrait peut-être chercher B10 et C10 ! Sinon la liste des anciens projets ne sera pas complète... :P
dark_green67
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Message par dark_green67 »

Quelques informations intéressantes concernant la Pénétrante Vercingétorix (qui à  l'époque était désignée sous le nom "Radiale Vanves - Montparnasse" ou "Radiale Montparnasse" par l'administration).

Voici tout d'abord son schéma de principe tel que je l'ai trouvé dans un dossier de 1973

Image

Les plans initiaux de la ville de Paris prévoyaient un profil à  2 x 3 voies. Voici un extrait d'une étude dite "de cohérence" menée par le service régional de l'équipement en mai 1973 qui analyse le trafic prévisible et propose une réduction de l'emprise :
La"Radiale Vanves - Montparnasse, dans l'état actuel du projet comporte 2 x 3 voies en section courante sur toute sa longueur. Dans sa partie entre le boulevard des Maréchaux et l'extrémité "Montparnasse", les raccordements avec le réseau routier sont les suivants :

1°) sens banlieue - Paris
- une entrée depuis le boulevard des Maréchaux
- une sortie sur la rue Vercingétorix, au sud de la rue d'Alésia et débouchant à  150 mètres environ du carrefour formé par ces deux rues
- la sortie extrémité "côté Montparnasse" qui se fait sous la forme d'un carrefour à  niveau au droit duquel quatre files de stockage sont prévues pour le courant de trafic issu de la radiale.

2°) sens Paris - Banlieue
- l'entrée sur la radiale se fait par 2 souterrains (  2 files chacun) en provenance de la rue Mouchotte et de la voie nouvelle à  percer vers la rue Froidevaux
- une sortie vers la rue d'Alésia
- une entrée en provenance de la rue d'Alésia
- une sortie vers les boulevards des Maréchaux.

La capacité théorique de cet itinéraire est de 5000 uvp/h par sens pour 3 voies de circulation mais, dans le sens banlieue - Paris, la capacité pratique sera limitée par le débit du débouché côté Montparnasse. Les quatre files prévues dans le carrefour (...) ne pourront se voir affecter plus de la moitié du temps total du cycle des feux, ce qui conduit à  un débit de 600 uvp/h par file, soit 2400 uvp/h pour l'ensemble des quatre files. Il est important de noter que, d'après les dispositions envisagées, le courant de trafic Radiale Montparnasse vers Denfert-Rochereau continuera à  transiter par ce carrefour, même après la réalisation de la rocade Denfert (en souterrain sous la rue Froidevaux). La capacité du débouché de la radiale ne sera donc pas modifiée mais la rocade Denfert assurera néanmoins une évacuation satisfaisante des 2400 uvp/h apportée par celle-ci, évacuation qui risque d'entraîner de sérieuses difficultés en phase provisoire (raccordement à  l'avenue du Maine).

La sortie vers la rue Vercingétorix et le carrefour Vercingétorix - Alésia ne pourra pas débiter plus que 200 à  300 uvp/h au maximum, si on tient compte des caractéristiques de la rue Vercingétorix et surtout de l'importance du trafic sur la rue d'Alésia.

Au total, la "capacité de pénétration dans Paris" apportée par le radiale Montparnasse, au niveau du boulevard des Maréchaux nous semble devoir être de l'ordre de 2700 uvp/h.

Profil en travers proposé :

L'étude de cohérence montre qu'il y a intérêt à  limiter à  2 x 2 voies le profil en travers de la radiale (capacité théorique d'écoulement de 3500 uvp/h suffisante vu la capacité réelle) au lieu des 2 x 3 voies initialement prévues.

Cette réduction de profil en travers d'une part, la nécessité d'améliorer la desserte en transport en commun du quartier Montparnasse d'autre part, nous conduit à  proposer, en plus des 4 files de circulation affectées aux voitures particulières, une voie banalisée qui, placée dans l'axe, serait réservée aux autobus. Le profil ainsi obtenu nécessite une emprise de 18,00 mètres (voir annexe), contre une emprise de l'ordre de 23,00 mètres pour le profil à  2 x 3 voies. Dans la section comprise, entre le chemin de fer de ceinture et la rue de Ridder, l'emprise disponible entre les voies ferrées de l'avant-gare Montparnasse et les façades de la rue Vercingétorix est de 25 mètres, ce qui impose, dans le projet à  2 x 3 voies, pour maintenir la desserte des riverains de cette rue, d'adopter une disposition de chaussées superposées (3 voies vers Paris au niveau 0 et 3 voies vers la banlieue au niveau 1). Le profil en travers de 18,00 mètres permet au contraire, sans artifice particulier, de maintenir une chaussée de 5,50 mètres et un trottoir de 1,50 m pour desservir les immeubles de la rue Vercingétorix.
[HS]pour les non parisiens, sachez qu'il y a non seulement les rues Vercingétorix et d'Alésia dans le quartier mais aussi une rue de Gergovie... Vive la Gaule ![/HS]

En annexe de cette étude, figurent d'une part des schémas expliquant le fonctionnement du réseau avec l'A10, la F10, le BP, la VPR et les Maréchaux et, d'autre part, les profils en travers proposés :

Image Image

Finalement, cette Pénétrante Vercingétorix n'avait pas grand-chose à  voir avec une autoroute... Presque moins impressionnante qu'un boulevard parisien de l'époque Haussmann. Et en prime elle comportait un couloir de bus réversible en fonction des bouchons ! Peut-être que ça aurait été une solution pas si négative pour le quartier ?
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basco - landais
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Message par basco - landais »

En fait de cette penetrante, ne subsiste plus qu'une "sortante" et encore tellement courte que cela se reduit à  un PS sur le Bd des Marechaux.

Quoique, avec cette construction et dans le meme temps, la mise à  sens unique de la rue Raymond Losserand et de la rue Vercingetorix, le trafic est plus fluide Porte de Vanves.
Enfin cé  remonte à  quelques années
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G.E.
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Message par G.E. »

Ca y est, tu nous as bien quadrillé le secteur ! :wink:

Il y a ça aussi :

Titre
Voies rapides : Très chères et déjà  saturées
N° Journal
084 Télécharger le Numéro entier
Date
09-11-1973
Rubrique
Document
Sous-titre

Auteur
DESEYNE Jacques
Pagination
29
Dossier
4
Il faut bien que les taxis et les autobus puissent circuler »... C'est Georges Pompidou qui parle ainsi, deux ans seulement après avoir affirmé que « la ville doit s'adapter à  l'automobile ». Cela veut-il dire que le président de la République s'intéresse personnellement au problème de la circulation à  Paris et qu'il a des solutions à  proposer ? Justement pas. Car entre les mots et les actes, il y a du chemin.
Ainsi la fameuse voie express-rive gauche. C'est-à -dire la voie entre le pont du périphérique est et le pont du périphérique ouest. Depuis de nombreuses années, les « impératifs » de la circulation « exigent » que la voie express-rive droite ait son pendant sur la rive gauche pour que le flot des voitures puisse s'écouler de l'est vers l'ouest. Plusieurs projets sont entrés en compétition : celui de la direction de l'aménagement urbain de la Préfecture de Paris, celui de l'Atelier parisien d'urbanisme et, un « outsider », le projet de la société privée Urbanisme-Aménagement-Tourisme (U.a.t.).
Tandis que les élus socialistes étaient seuls à  repousser le principe même de cette voie express, la majorité du Conseil de Paris, pour l'instant, n'a voté que sur le tronçon Austerlitz-pont de la Tournelle, c'est-à -dire le port Saint-Bernard, qui sera transformé en jardin avec, à  ses côtés, la voie express. Là  les travaux ont commencé. Pour le tronçon pont de la Tournelle-pont Royal, rien n'est joué. Les diverses versions ont été renvoyées pour études et on a abouti à  un projet de synthèse qui a été présenté mardi aux Conseillers de Paris membres de la Commission des grands travaux. C'est sur ce document que le Conseil doit se prononcer.
Le gabarit de la voie passerait à 3 m20, ce qui devrait permettre aux véhicules utilitaires de l'emprunter. Deux tunnels sont prévus entre le pont de la Tournelle et l'amont du pont Saint-Michel (700 à  800 mètres), d'une part, et entre l'amont du pont Neuf et l'aval du pont Royal (1 000 à  1 200 mètres), d'autre part. La place de l'Institut serait rendue aux piétons par un aménagement particulier. En revanche, à  la hauteur de Notre-Dame, devant le square Viviani, la circulation serait maintenue sur les quais hauts. Les arbres seraient conservés « dans toute la mesure du possible ». Du point de vue esthétique ce projet de synthèse est incontestablement mieux étudié que les précédents mais il ne répond pas davantage à  l'objection fondamentale touchant à  l'accroissement de circulation qu'une telle voie va nécessairement provoquer. En outre, certaines dispositions techniques du projet, notamment les entrecroisements prévus dans la partie entre l'Institut et la sortie du pont du Carrousel, paraissent tout simplement aberrantes.
Cela va coûter cher: 300 millions (30 milliards d'A.F.) selon le mémoire du Préfet, à  répartir sur trois ans et en admettant que les prix ne montent pas d'ici là  !. Sans doute dans ce prix sont inclus la reconstruction des ponts (Petit-Pont et Pont au Double), l'aménagement des quais hauts, la reconstitution d'une place pour les piétons à  la hauteur de l'Institut, etc... Mais le problème est ainsi mal posé car les aménagements piétonniers pourraient être réalisés sans la voie express. Rien n'empêche de créer un ensemble pour piétons à  la hauteur de Notre-Dame. Rien n'empêche de faire de même devant l'Institut. Rien n'empêche de réhabiliter les berges sans faire passer une voiture de plus. « Vous êtes fou ! diront les spécialistes des comptages automobiles qui, dossiers au poing, se battent à  coups de statistiques, il faut écouler le trafic... » Pourtant, ces mêmes spécialistes savent parfaitement que la nouvelle voie sera rapidement saturée, comme l'a été le boulevard périphérique qui devait être une panacée et où, déjà , pendant plusieurs heures chaque jour, il n'est pratiquement plus possible de circuler.
Il est évident qu'on bute quelque part sur la prévision. Pas de plan d'ensemble, un grignotage de l'espace au profit des automobiles qui, dans vingt ans, ne seront plus peut-être que des instruments oubliés, dépassés par les petits véhicules électriques, par des transports en commun rénovés et mis à  la disposition de tous. Alors il se pourrait que les grandes voies prévues voient l'herbe pousser à  travers leur asphalte éclaté.
Un beau gaspillage... Payé par qui ? Par les Français dans leur ensemble, puisque la voie express-rive gauche, comme toutes les voies de ce type, est financée à  40 % par l'Etat, à  40 % par la Ville, à  20 % par le District de la région parisienne. Dans le budget de la ville pour 1973, les travaux de voirie représentaient encore 40 %. C'est énorme et cela a été pire dans les dernières années. Le boulevard périphérique a peine achevé, va-t-on se lancer dans une telle opération sous le prétexte de rendre aux piétons ce qui leur appartient ? Est-ce utile tout de suite ? Ne vaudrait-il pas mieux repenser tout le problème de la circulation à  Paris ?
Au lieu de cela l'administration réalise ou tente de réaliser l'un après l'autre tous ses objectifs " circulatoires ». On voit reparaître des projets que l'on croyait définitivement abandonnés, comme l'axe nord-sud par exemple. Ou bien on se prépare à  confier au secteur privé une liaison rapide pour doubler le périphérique, autrement dit le « superpériphérique », au sud de la capitale, avec l'entrée de l'autoroute A 10 qui arrivera on ne sait trop comment jusqu'à  Paris. Ce dernier projet va également venir en discussion dans les prochaines semaines au Conseil de Paris.
La <b style="color:black;background-color:#ffff66">radiale Vanves-Montparnasse</b> qui doit permettre de relier les autoroutes du sud et de l'ouest au centre de la capitale est toujours programmée. Personne semble-t-il n'a renoncé à  la pénétration de l'autoroute du sud jusqu'à  Denfert-Rochereau : le tunnel est prêt sur une petite partie de son parcours.
Bref, au coup par coup, le problème de la circulation à  Paris est réglé, toujours dans la même direction : on pense voitures avant tout, tout en proclamant bien haut : « Priorité aux transports en commun ».

Percer, rogner
C'est un choix politique de première importance que les difficultés de la circulation dans la capitale impliquent : un choix qui engage l'avenir immédiat et l'avenir plus lointain. C'est Paris qui est en question. Sans en faire le musée que d'aucuns souhaiteraient, il faut que l'on y puisse vivre à  l'aise. Les voitures doivent circuler davantage à  la périphérie plutôt qu'au cœur de l'agglomération - que devient la fameuse autoroute interurbaine de Seine-et-Oise A 86, destinée à  doubler le périphérique à  l'extérieur et à  drainer la circulation des poids lourds ? Il faut enfin que les piétons ne soient plus cette bande de pigeons affolés qui n'ont malheureusement pas d'ailes pour s'envoler.
Pour cela, une volonté déterminée par un choix clair est indispensable. Les transports en commun doivent être une priorité absolue dans cette région parisienne qui ne sait plus où elle va, à  force d'aller dans tous les sens.
Les énormes travaux engagés doivent être menés à  bien seulement lorsqu'ils sont nécessaires, non pas simplement parce qu'ils ont été décidés un peu vite. Les premiers germes d'une nouvelle politique sont apparus ces dernières années, mais on continue gaillardement à  percer, à  rogner, à  ouvrir un peu plus de voies pour les automobiles particulières. Personne ne songe à  adapter la voiture à  la ville. Dans ces conditions, l'opération voie express-rive gauche aussi bien que celle du « superpériphérique » sont vaines, parce qu'elles ne s'appuient pas sur un projet logique. Sur un vrai choix qui permettrait aux techniciens, aux ingénieurs, aux architectes et à  tous les Parisiens de contribuer à  Â« refaire Paris ».
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G.E.
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Message par G.E. »

maxime09 a écrit :bonsoir a tous
ayant recement acquis un atlas Peugeot/Draeger de 1953 j'e l'ai consulté jusqu'à  tomber sur la planche consacrée à  la RP

sur cette planche postée ci-dessous on aperçoit les A13 et A12 deja construites, A1, A3/B3, A6, A106 et l'amorce de la C6 en projet
ce qui m'étonne c'est cette autoroute partant de A6 et qui arrive a Villeneuve st-Georges

Image


quelqun a-il une idée de ce qu'est ce projet?
Je reviens sur cette carte car tu as trouvé là  le projet initial d'autoroute du Sud élaboré dans l'immédiat après-guerre. Il y a des branches vers les RN7 et 20, plus vers Orly qui auraient dû être des autoroutes. La branche vers la RN5 aurait seulement été une route ordinaire après la RN305. Aux extrémités étaient prévus des... ronds-points ! :wink: J'ai trouvé ce descriptif dans un des nombreux bouquins de Georges Reverdy.
Modifié en dernier par G.E. le mer. 14 janv. 2009 11:36, modifié 1 fois.
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bzh-99
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Message par bzh-99 »

et d'ailleurs on peut se demander si une emprise n'avait pas été réservée au sud de la RN 305, au vu de la disposition des rues Marco Polo et Jean Mermoz (entre Choisy-le-Roi et Orly)

http://maps.google.fr/maps?hl=fr&ie=UTF ... 9&t=h&z=16
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