Gojirius a écrit :Et aussi sur le tronçon de la ligne Argentan-Granville dont les courbes ont été refaite profitant de l'espace laissé par la mise à une voie.
Oui, tout à fait, et ça devait se traduire par une amélioration sensible grâce notamment à un temps de parcours raccourci... mais on s'est vite rendu compte que la réalité est tout autre !
Lorsque le train Paris-Granville a du retard (ce qui est fréquent!!), ça l'ammène généralement dans une tranche horaire où il est en conflit de circulation avec le Granville-Paris. Et, dans ce cas, c'est le train en retard qui laisse la priorité au train à l'heure, le retard devient donc difficle à supporter...
Avec une seule voie, les deux trains ne peuvent pas se croiser. Et le choix est vite fait : c'est le train déjà en retard (le Paris-Granville) qui subira ce retard supplémentaire. Ca paraît paradoxal : pourquoi fait-on subir le retard aux déjà malheureux ? Parce que, arrivé après Argentan, le Paris-Granville est déjà aux 2/3 vide, et ça intéresse moins la SNCF : même si le Granville-Paris n'est pas plus plein, ce qu'elle sait, la SNCF, c'est que, lui, va se remplir au fur et à mesure et qu'on final, ça impacterait davantage de voyageurs (question quand même : pourquoi le train ne peut-il pas rattraper son retard au cours du trajet ? n'a-t-on vraiment aucune marge de manoeuvre pour faire mieux?).
Ca paraît une hypothèse d'école mais il n'en est rien. Cette ligne est connue pour ces dysfonctionnements et, notamment, manque de chance, les trains circulant dans le sens Paris-province.
Tout ça pour dire que si la rectification des courbes paraissait à l'époque une bonne idée, car permettant, à moindre coût, de gagner facialement quelques minutes de trajet grâce à une vitesse accrue, c'était une promesse appréciée "dans le meilleur des mondes" (si la modernisation engagée avait produit de meilleurs résultats)... mais la prise en compte de la réalité, c'est-à-dire des répercussions d'une circulation difficile, change considérablement le portrait idyllique, et pousse la Région Basse-Normandie à réfléchir maintenant aux projet plus coûteux de rétablir la deuxième voie supprimée. Sans doute sans rétablir les courbes, donc en recourant à des achats de terrain à l'amiable, ou bien par voie d'expropriation.