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LGV : les maires réclament 30 M€
C'est à l'abri des regards que s'est réuni, lundi matin aux Ruralies à Vouillé, le comité de coordination interrégionale des élus concernés par les LGV Tours-Bordeaux et Bretagne-Pays de Loire. En l'occurrence 18 maires représentant les neuf départements traversés par les futures lignes à grande vitesse : pour la partie Le Mans-Rennes, la Sarthe, la Mayenne et l'Ille-et-Vilaine ; pour la partie Tours-Bordeaux, l'Indre-et-Loire, la Vienne, les Deux-Sèvres, la Charente, la Charente-Maritime et la Gironde.
Une discrétion imposée par le montant de l'enjeu et le choix de la stratégie à conduire. Le 9 juin, en recevant sept députés, François Fillon a annoncé, non sans surprendre, que le fonds de solidarité territoriale (FST), d'un montant de 30 M€ pour le tronçon central Tours-Bordeaux de la LGV Sud-Europe-Atlantique et d'un montant de 14 M€ pour la LGV Bretagne-Pays de Loire, sera attribué aux communes, proportionnellement, en une seule fois et sans condition.
Reste à officialiser la bonne nouvelle par une circulaire d'application. C'est ce que demandera le comité, dans un courrier qu'il s'apprête à envoyer au Premier ministre et aux parlementaires. Les maires n'ont pas attendu la parole du chef du gouvernement pour faire leurs comptes. A raison de 100.000 € le kilomètre, Rom et Sauzé-Vaussais toucheront respectivement 890.000 et 468.000 €. Et encore la manne du FST ne comprend-elle pas une redevance pérenne, souhaitée à hauteur de 10.000 € par kilomètre et par an. Ouf !
Une association pour les 183 communes
Si les sommes font saliver, les doutes subsistent. La clé de financement du FST obéit à la règle des trois tiers : 33 % du concessionnaire (Vinci), 33 % de Réseau ferré de France (RFF), 33 % des régions et des départements. Outre que le conseil général des Deux-Sèvres a écarté toute idée de mise au pot, Vinci a fait savoir qu'il n'était plus tout à fait disposé à payer. En réaction, la coordination, qui a abandonné la « grève administrative », opposera désormais une inertie aux demandes de Vinci et RFF. Et, pour mieux peser dans le futur bras de fer, va se muer en association fédérant les 183 communes concernées.
Daniel Dartigues



