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RN7 : le commissaire enquêteur a émis un avis positif mais sous réserve de « compensations écologiques »
Le commissaire enquêteur, chargé de donner un avis sur les conséquences environnementales du projet de déviation de Varennes-sur-Allier, a rendu un avis favorable. Sous réserve de « compensations écologiques » et d'études complémentaires.
L’arrêté qui autorise l’aménagement de la déviation de Varennes-sur-Allier a été signé le 28 septembre par le préfet. Les différents marchés de travaux peuvent être passés.
Certaines interrogations demeurent cependant, si l’on en croit les commentaires du commissaire-enquêteur, chargé de l’étude sur les conséquences environnementales du projet.
Sur les 7.480 m du tronçon nord de la déviation, pas de problème : de l’échangeur de la Ferté (RD 32) à celui de Chazeuil (RD 46), la voie routière ne touche pas de zone sensible.
Ce n’est pas du tout le même topo sur les 4.780 m du tronçon sud, de Chazeuil (RD 46) à Mont-Loubet (RN 209).
« Le projet routier passe à moins de 150 m du tracé actuel de la rivière, après avoir traversé le périmètre de protection des captages en eau potable de Chazeuil. Sur tout ce tronçon, nous sommes là sur un secteur “sensible” et “vulnérable” », note Jacques Combaud.
Le commissaire-enquêteur a rendu son avis en mai dernier.
« Un vrai calvaire »
Un avis positif, pour des raisons qu’il a jugées essentielles : « J’ai bien perçu le découragement, en particulier, des Varennois qui attendent depuis trop longtemps l’amélioration de leurs conditions de vie et j’ai bien compris l’urgence de la réalisation pour des habitants qui n’en peuvent plus de subir le calvaire d’une circulation trop intense sous leurs fenêtres, pour une ville qui se meurt étouffée par le trafic. Ce projet de déviation de Varennes-sur-Allier répond à une demande sociale, économique et sécuritaire urgente ». Un avis positif, mais sous réserve. De grosses réserves même.
La première, les études concernant la route « se basent sur le tracé de l’Allier en 1982, alors que la rivière s’est déplacée de 250 m en direction de Varennes ».
« Le projet routier passe
à moins de 150 m
du tracé actuel de la rivière »
La deuxième, la déviation emprunte le domaine public fluvial (elle est située en zone inondable par une crue décennale), ainsi que l’espace de mobilité de la rivière, sur une surface de 8,7 hectares, située à l’ouest de la base aérienne. Or, il faudra préserver la future route des humeurs de l’Allier. Mais il faut aussi préserver la mobilité de la rivière, « une nécessité pour la préservation et la qualité des milieux aquatiques », stipulent les recommandations et réglementations (Code de l’environnement, Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux, Grenelle de l’environnement…)
23 ha achetés
La route devra donc avoir une assise stable, sur remblais, pour assurer la « pérennité de l’ouvrage par rapport à l’érosion de l’Allier », insiste la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dréal), maître d’ouvrage, citée par le commissaire-enquêteur. Une pérennité qui sera assurée par « des remblais structurés, consolidés et fondés à partir de l’assise géologique. Les matériaux utilisés pour les remblais et les chaussées de ce projet proviendront de carrières ». Soit un enrochement, qui aura donc des conséquences sur la mobilité de l’Allier à cet endroit.
Le rapport du commissaire-enquêteur préconise ainsi des « mesures compensatoires » à cette privation de mobilité. Elles sont de deux ordres et expliquées par la Dréal :
« Une mesure globale de compensation des impacts prévisibles sur le milieu naturel a été prise de manière anticipée aux travaux. Celle-ci a consisté en l’achat, par l’État […] de 23 hectares de terrains et leur mise à disposition du conservatoire des sites de l’Allier, afin d’en assurer la gestion ».
« Restaurer la dynamique fluviale »
Deux études complémentaires sont actuellement menées.
L’une « pour déterminer les mesures visant à restaurer la dynamique fluviale de la rivière, dans des zones où celle-ci a disparu. Le périmètre très large entre Moulins et Vichy doit permettre de proposer différentes mesures localisées. » L’autre, concerne l’impact du projet routier sur les espèces protégées et leur habitat, en bord d’Allier. Elles sont toutes les deux en cours.
Les comités de pilotage de ces études devraient rendre leur verdict début 2011.
Mathilde Duchatelle
Pièces jointes :
Le tracé du futur contournement de Varennes-sur-Allier