Ca, c'est la théorie. Quand on voit les difficultés à solliciter les collectivités locales pour financer la LGV SEA et la volonté farouche de l'Etat de ne pas rajouter un centime, il y a de quoi se poser des questions. Nous verrons bien ce qu'il en sera en 2020. Je suis persuadé que tous les projets cités seront lancés à cette date mais qu'ils ne seront pas tous achevés. Je serai ravi d'avoir eu tort.Pablo a écrit :Mais les LGV listées au début devraient voir le jour entre 2015-2020 et non pas 2025-2030.
Nous sommes d'accord. Peut-être que la Creuse a su mieux faire entendre sa voix à Paris que l'Allier ou la Saône-et-Loire ?Ensuite, pour le reste "non finançable", cela reste une décision éminement politique. Est finançable ce que le pouvoir décidera de financer... et les exemples ne manquent pas (pour les routes, pourquoi la RCEA est déjà construite dans la Creuse et pas dans l'Allier ou en Saône-et-Loire ? pourquoi la RCEA dans l'Allier "doit être concédée ou elle ne se fera pas", tandis que la RN13 à Neuilly, également 1 milliard, elle peut bien se faire sur les deniers publics ?)
L'Allier est quand même un cas à part vu l'extraordinaire densité de routes nationales et d'autoroutes de ce département : un axe Est-Ouest (RCEA), deux axes Nord-Sud (A71 et RN7), la desserte de Vichy.
Pour la RN13 à Neuilly, rien ne dit qu'elle aboutira, et si c'est le cas sans péage. Le dossier est très complexe à tous points de vue. Il a d'ailleurs tendance à faire du surplace comme tous les projets routiers en Ile-de-France.
C'est ce qui m'inquiète pour les futures LGV (post-2030). Elles sont situées dans des régions qui n'ont pas un budget capable d'absorber la construction d'une ligne nouvelle, ni d'offrir une garantie à un hypothétique concessionnaire.Le système de financement dans lequel l'Etat se voit comme un "partenaire" avec quasiment le même poids que les collectivités territoriales est aberrant, car toutes les régions ne se valent pas (on ne peut pas demander à l'Auvergne ou au Limousin de financer de la même manière que l'ont fait ou le feront l'Alsace, Midi-Pyrénées ou Rhône-Alpes).
La voix des citoyens compte depuis les débuts du développement du réseau autoroutier. Nous avons parlé dans un autre fil de la querelle de l'A50 à Céreste en Provence. Il faudrait aussi citer celle de l'A63 du côté de Guéthary au Pays Basque (il y a plus de 40 ans déjà !). Dans ces 2 cas, l'opposition a été farouche et très médiatisée mais l'Etat n'a pas cédé. Aujourd'hui, il en serait autrement, c'est vrai.EN REVANCHE, ce qui se vaut c'est la voix des citoyens (oui, le peuple crédule, comme vous dites). Car le peuple crédule, avec ou sans argent, peut faire capoter un projet si l'opposition est farouche. On verra donc comment avancent les LGV SO-façade Atlantique,a vec forte opposition au pays Basque, ou la ligne PACA...
Celui qui finance détient le pouvoir : l'Etat ne contribuant plus que minoritairement au développement de la politique des transports, les projets routiers et ferroviaires reposent sur le bon vouloir des pouvoirs locaux. C'est une faiblesse majeure pour des projets à vocation nationale, voire internationale. Pour cette raison (et d'autres), le nymbisme est donc tout à fait capable de faire échouer un projet transnational de LGV à l'heure actuelle. A mon avis, la LGV PACA n'est menacée que par son coût : les habitants de la région y sont globalement favorables.
La mobilisation ne fait pas un projet. On parle du TGV en Auvergne depuis plus de 20 ans et il n'y a, fait rare, aucune opposition. On a parlé d'un raccordement à Montchanin, puis d'une LGV commune avec le Limousin. Maintenant, c'est la chimère d'un doublement de l'axe Paris - Lyon. Le résultat ? Le projet proposé est à chaque fois plus coûteux et retardé, tandis que la ligne classique n'est pas améliorée significativement et que le matériel (Téoz) est hors-d'âge.En tout cas, en ce qui concerne POCL, on risque de voir une forte mobilisation de la population et des élus de tous bords en faveur de la LGV... ce qui pourrait amener à favoriser cette ligne, sachant que le doublement de Paris-Lyon est nécessaire.
ET en plus, de chercher des financements européens qui, comme on le sait, ne viendront pas s'il y a désaccord au niveau local (entre d'autres nombreux critères).
Je maintiens le terme de "crédulité", quitte à choquer, car il se voit trop peu de monde pour dénoncer les dérives des calendriers et des coûts. Que j'en parle à des amis, à des collègues ou à de simples connaissances auvergnats, ils voient la LGV arriver aux portes de Clermont en 2020. Tout le monde n'est pas connaisseur du déroulement des procédures en France mais un peu de réalisme ! Quand VGE voulait améliorer le réseau routier, il avait mis les moyens et l'influence dans la balance avec du résultat (on en revient au point précédent).
Une parenthèse sur les financements européens en matière de transport : ils sont rares et réservés aux projets transfrontaliers. La LGV POCL n'est donc pas du tout éligible. Les moyens actuellement consacrés au développement régional par l’Europe ne sont pas destinés à financer une LGV mais des projets structurant au niveau local.
Il faut informer les gens, et le faire correctement, notamment en revoyant les procédures de débat public et leur montage. L'information donnée devrait être sérieuse, honnête et sincère.ça s'est déjà vu, des projets qui doublent d'autres... ça s'est déjà vu des ingénieurs de haut vol et des hauts cercles politiques qui croient tout savoir mais dont la boule de crystal se revèle opaque... quant à des économistes qui se trompent sur l'avenir alors qu'ils sont excellents pour expliquer le passé, je crois qu'on ne voit que ça...
Bref, sans vouloir vous contredire de manière absolue (vous devez certainement avoir raison dans l'ensemble), je crois qu'il ne faut pas prendre "le peuple" pour plus sot qu'il ne l'est.
Il faut aussi informer le personnel politique qui est souvent largué sur ces questions de transport (cf. leur retournement sur la privatisation des autoroutes et ses conséquences désastreuses sur le financement des projets de transport). Quand à la presse...
Le rêve, c'est bien sympa, mais c'est encore mieux quand il devient réalité.
Pour conclure (et pour ceux qui auront résisté jusque là
Les avatars du Grenelle et du SNIT auront ainsi permis de ne lancer la construction d'aucune autoroute et d'aucune LGV en 5 ans. Tout le reste n'est que palabres...
L'A65 et l'A89 étaient des "coups partis". Les LGV BPL, SEA, CNM... ont bénéficié de DUP, certaines depuis très longtemps, qui n'ont pas été suivies d'application à ce jour.



