Typiquement dans le cas d'ASF, sur les 1 800 M€ de recettes en gros (chiffres semestriels issus du bilan comptable) :

1 100€ M€ payent les charges de l'entreprise et l'amortissement des sections déjà construites.

300 M€ paye la "charge de la dette" (ce qui ne veut pas dire que l'entreprise rembourse sa dette, cf. plus bas)

200 M€ payent les impots du groupe. (près de 40% du résultat avant impôt, pas mal pour une grosse boutique...)

300 M€ constituent le résultat net (à ne pas confondre avec les dividendes, même si dans le long-terme, le chiffre se rejoint, cf. plus bas)
Alors, considère-t-on que ASF fait 1800-1100 = 700 M€ de bénéfice opérationnel? 500M€ de bénéfice avant impot? Ou 300 M€ de bénéfice net? Ce n'est pas tout à fait la même chose.
On remarque cependant que ASF peut rembourser les 11 Mds d'€ en 22 semestres (11000/500), soit 11 ans (à loi fiscale constante). Il y a de la marge, en effet. Cela explique cependant le mic-mac sur la fiscalisation des remboursements d'emprunts, qui aurait augmenté ce chiffre et mis en péril la rentabilité du montage.
1. On parle de "charge de la dette" et non pas de remboursement, car, tout comme l’État, nos concessionnaires payent leur dette vieille, en réempruntant.

Autrement dit, ASF ne paye en gros que des intérêts... et l'endettement net augmente en fait.
Alors, effectivement, ils ont intérêt à calculer leur coup pour que la fin de leur concession coïncide avec le dernier centime remboursé. C'est pourquoi ils demandent un allongement de concession à chaque nouvelle construction : ils empruntent de nouveau et reportent la date de leur dernière mensualité (en gros). Si on leur refusait l'allongement, cela augmenterait leur charge de dette et diminuerait leur rentabilité finale (et donc, in fine, leur capacité à investir de nouveau).
2. Le résultat net peut certes être affecté en dividende. Cependant, cette année, seule la moitié du résultat est tombé en dividende pour le moment. La raison? ASF a versé de goulus dividendes (plus que son résultat) l'année dernière en libérant ses fonds propres. Cette année, elle s'est donc retrouvé en manque de trésorerie et conserve une partie de son résultat en fonds propres. Sur le long terme, effectivement, à la liquidation de la société, tout le résultat net positif est bien passé en dividende (y compris les fonds propres réduits à zéro).
Il faut bien voir que les pratiques comptables de gestion s'éloignent des pratiques du bon sens commercant : La gestion des actifs (entre le dur palapable, la trésorerie, et les créances clients) est souvent déconnectée de la gestion du passif (fonds propres, réserves, endettement, et créances fournisseurs) et donc de façon peu intuitive. On s'attendrait plus à ce que chaque section paye son amortissement avec la simple formule : péages - remboursement de la section - charges = bénéfice.
Sauf que ce n'est pas le cas, car la gestion comptable permet de nombreuses optimisations type foisonnement, gestion d'instruments d'endettement visant à diminuer la charge de la dette, etc. pour augmenter le résultat final.