Tout à fait d'accord. Pour moi, on peut compter uniquement sur 300 M€ (et non 500 M€ comme tu le supposes) car les impôts sont une dépense obligatoire.Gilles V a écrit :Alors, considère-t-on que ASF fait 1800-1100 = 700 M€ de bénéfice opérationnel? 500M€ de bénéfice avant impot? Ou 300 M€ de bénéfice net? Ce n'est pas tout à fait la même chose.
Du coup, il faut environ 20 ans avec ton mode de calcul, mais attention au taux d'actualisation retenu pour les recettes futures. En toute rigueur, il faudrait être plus précis au niveau des mathématiques financières.On remarque cependant que ASF peut rembourser les 11 Mds d'€ en 22 semestres (11000/500), soit 11 ans (à loi fiscale constante). Il y a de la marge, en effet. Cela explique cependant le mic-mac sur la fiscalisation des remboursements d'emprunts, qui aurait augmenté ce chiffre et mis en péril la rentabilité du montage.
L'amortissement de la dette est déductible de l'impôt sur les sociétés, ce qui permet d'économiser sans doute une belle somme, ASF étant bâtie presque uniquement sur de la dette. Si ce régime fiscal change, il est sûr qu'ASF aurait beaucoup à y perdre. J'y crois peu car beaucoup de sociétés sont concernées.
La charge de la dette comprend les intérêts des emprunts + les coupons des obligations.1. On parle de "charge de la dette" et non pas de remboursement, car, tout comme l’État, nos concessionnaires payent leur dette vieille, en réempruntant.Autrement dit, ASF ne paye en gros que des intérêts... et l'endettement net augmente en fait.
Les obligations sont le plus souvent remboursables à terme (environ 50 % de l'endettement d'après le rapport) ! ASF n'a évidemment pas les moyens d'honorer les échéances de remboursement avec ses liquidités donc elle emprunte pour rembourser. Par chance, les taux d'intérêt sont plutôt bas en ce moment, donc ce qu'elle réemprunte lui coûte moins cher que ce qu'elle a emprunté initialement. C'est typiquement ce qui arrive à l'Etat français en ce moment.
Tout à fait d'accord. Si l'Etat ne prolonge pas la concession, alors les dividendes devront être fortement réduits (pas bon pour le cours de bourse de Vinci) et les investissements seront presque gelés pour consacrer une bonne part des liquidités au remboursement. C'est impensable et l'Etat sera obligé de céder pour cette dernière raison. Évidemment, ce sera présenté différemment au public...Alors, effectivement, ils ont intérêt à calculer leur coup pour que la fin de leur concession coïncide avec le dernier centime remboursé. C'est pourquoi ils demandent un allongement de concession à chaque nouvelle construction : ils empruntent de nouveau et reportent la date de leur dernière mensualité (en gros). Si on leur refusait l'allongement, cela augmenterait leur charge de dette et diminuerait leur rentabilité finale (et donc, in fine, leur capacité à investir de nouveau).
Le niveau de trésorerie est plutôt faible, je trouve, compte-tenu des montants brassés. En fait, la société joue sur un renouvellement continu des recettes.2. Le résultat net peut certes être affecté en dividende. Cependant, cette année, seule la moitié du résultat est tombé en dividende pour le moment. La raison? ASF a versé de goulus dividendes (plus que son résultat) l'année dernière en libérant ses fonds propres. Cette année, elle s'est donc retrouvé en manque de trésorerie et conserve une partie de son résultat en fonds propres.
On est bien d'accord. L'attitude d'ASF l'année dernière semble du coup bien peu prudente compte-tenu des paramètres dont nous avons parlé plus haut et des 20 ans de concession restants.Sur le long terme, effectivement, à la liquidation de la société, tout le résultat net positif est bien passé en dividende (y compris les fonds propres réduits à zéro).
Le réseau forme un tout, ce qui est bien logique puisqu'il est très hétérogène : si l'A7 et l'A9 sont hyper-profitables, des sections comme l'A89 ne doivent pas du tout l'être... La compensation se fait à l'échelle de l'entreprise. Sans parler des optimisations que tu cites et qui sont de la cuisine interne.Il faut bien voir que les pratiques comptables de gestion s'éloignent des pratiques du bon sens commercant : La gestion des actifs (entre le dur palapable, la trésorerie, et les créances clients) est souvent déconnectée de la gestion du passif (fonds propres, réserves, endettement, et créances fournisseurs) et donc de façon peu intuitive. On s'attendrait plus à ce que chaque section paye son amortissement avec la simple formule : péages - remboursement de la section - charges = bénéfice. Sauf que ce n'est pas le cas, car la gestion comptable permet de nombreuses optimisations type foisonnement, gestion d'instruments d'endettement visant à diminuer la charge de la dette, etc. pour augmenter le résultat final.



