Plan de relance autoroutier

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basco - landais
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Re: Plan de relance autoroutier

Message par basco - landais »

djakk a écrit :
Estate45 a écrit : ok pour Cofiroute ou ASF, APRR mais Vinci et Eiffage sont cotées en bourse il me semble ?
La rentabilité de 20 à 24% ne concerne que Cofiroute, pas la maison-mère Vinci … ;) Elle garde les dividendes pour elle seule !
On parle bien des SCA
vois les chiffres officiels de Vinci autoroute : http://www.vinci-autoroutes.com/fr/page ... financiers

rien que pour 2013 résultat net : 23%

On a déjà parlé de tout ça tous les ans dans le topic péages, ce n'est donc pas une nouveauté :roll:
Et heureusement pour la maison mère que les dividendes tombent, sinon .....
Ca leur permet aussi de concurrencer à mort sur d'autres choses ....
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G.E.
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Re: Plan de relance autoroutier

Message par G.E. »

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Alexandre
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Re: Plan de relance autoroutier

Message par Alexandre »

Un article très complet du Moniteur à ce sujet :
Le Moniteur a écrit :L’Autorité de la concurrence met la pression sur les concessionnaires

Dans son avis rendu le 17 septembre, l’Autorité de la concurrence n’est pas tendre à l’égard des concessionnaires autoroutiers. Outre leur rentabilité exceptionnelle, qu’elle assimile à une «rente», l’Autorité constate qu’une part importante des marchés de travaux sur le réseau des concessionnaires est attribuée à des entreprises qui leur sont liées.

Saisie en décembre 2013 par la Commission des finances de l’Assemblée nationale sur la situation de la concurrence dans le secteur des autoroutes, l’Autorité de la concurrence (AC) a rendu son avis le 17 septembre. Le rapport (téléchargeable ici) est pour le moins sévère.

Il s’intéresse aux sept sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA) « historiques » – ASF, Escota, Cofiroute, APRR, Area, Sanef et SAPN – détenues par les groupes Vinci, Eiffage et Abertis, qui représentent « 92% du chiffre d’affaires total du secteur (8,9 milliards d’euros) » et qui ont toutes été privatisées par le gouvernement en 2006, à l’exception de Cofiroute, qui l’a toujours été.

Une rentabillité exceptionnelle non légitimée par un risque élevé

« Nous avons dans un premier temps cherché à savoir si la rentabilité exceptionnelle des sociétés concessionnaires (entre 20 et 24% de rentabilité nette) était légitimée par une prise de risque élevée », a expliqué Bruno Lasserre, président de l’Autorité de la concurrence, lors d’une conférence de presse le 18 septembre. « Le travail que nous avons effectué nous amène à conclure qu’en réalité, cette rentabilité est largement déconnectée de leurs coûts et disproportionnée par rapport au risque de leur activité ». Alors que le chiffre d’affaires des sept SCA a progressé de 26% depuis 2006 et que leur rentabilité a crû de 47% dans la même période, leurs coûts eux, ont été maîtrisés et ont « augmenté, globalement, bien moins rapidement que leur chiffre d’affaires ».

Un risque-prix inexistant et un risque trafic « purement théorique »

Sur les risques, l’Autorité observe que le « risque-prix » est inexistant puisque « le cadre juridique des concessions autoroutières garantit aux concessionnaires une hausse réglementaire annuelle égale à 70% de l’inflation jusqu’à la fin des concessions, à laquelle se substitue, le plus souvent, la loi tarifaire des contrats de plan (80-85% de l’inflation + un pourcentage correspondant à la compensation des investissements qu’ils prévoient) ». Le « risque trafic » est quant à lui « purement théorique » pour l’AC, les concessionnaires bénéficiant notamment d’un « monopole géographique renforcé par une faible substitualité avec les trajets par les routes nationales et les autres modes de transport ».

Une dette largement remboursable

Quant au troisième type de risque mis en avant pas les SCA, lié à la dette très importante qu’elles portent (23,8 milliards d’euros), l’AC le balaie d’un revers de la main. « Nous constatons en effet que la dette est lourde, mais elle ne représente pas un risque en tant que tel pour les concessionnaires, explique Bruno Lasserre. Les cash-flows générés par les concessionnaires sont tels qu’ils permettront, sauf crise économique majeure, le remboursement de la dette ». Et Bruno Lasserre d’ajouter que l’augmentation de 17% de la dette (hors Cofiroute) des SCA depuis la privatisation est une action volontaire de leur part. « Les SCA ont choisi de financer par la dette les dividendes exceptionnels qu’ils ont distribués à leurs actionnaires ainsi que partiellement les investissements sur leurs réseaux ».

L’Asfa estime avoir allégé de près de 50 milliards la dette de l’Etat

L’Asfa (Association des sociétés françaises d’autoroutes), qui représente les sept sociétés concernées, n’a pas tardé à réagir à la publication de l’avis. Et notamment sur le lien entre rentabilité et risque pris. Dans un communiqué, elle souligne que la « délégation de service public s’exerce en vertu de contrats de long terme, signés avec l’État, dont l’équilibre ne peut s’analyser que sur la durée et dont le respect conditionne la capacité de mobiliser sur les marchés internationaux des financements privés considérables au service d’investissements publics ». Et l’Asfa de poursuivre son argumentaire. Pour elle, les sociétés concessionnaires d’autoroutes « ont allégé de près de 50 milliards d’euros la dette de l’État. Elles versent chaque année 4 milliards d’euros de recettes fiscales ; elles assument, pour les 20 années à venir, la totalité des risques travaux, trafic, exploitation et financement relatifs à ces concessions, sans aucun impact sur le budget de l’État ».

Des marchés respectant les règles de concurrence mais favorisant les entreprises liées

La deuxième grande partie de l’avis de l’Autorité de la concurrence porte sur l’attribution des marchés de travaux. Point positif, l’AC constate dans un premier temps que les obligations de publicité et de mise en concurrence pour les marchés de travaux d’un montant supérieur à 2 millions d’euros sont « globalement respectées ». Mais l’AC constate dans un second temps que, bien qu’ayant respecté les règles de mise en concurrence, « une part importante des marchés de travaux des SCA, dont le montant représente 4,5 milliards d’euros (hors Cofiroute) depuis 2006, a été attribuée à une entreprise liée (ou à un groupement l’incluant) ». Selon l’AC, environ 35% des marchés de travaux commandés par les SCA appartenant à Vinci et Eiffage ont été confiés à une entreprise liée, ou à un groupement l’incluant. « En valeur cette part monte à plus de 50% pour ASF et Escota », ajoute l’AC.

Les formules de notation pointées du doigt

L’AC fait part également de modalités d’attribution contestables. « Certaines SCA, en particulier Escota, ont fait des choix contestables en sous-pondérant le critère prix dans la note globale et en optant pour des formules de notation qui neutralisent les écarts de prix entre les offres », précise l’AC, qui estime que de tels choix « sont susceptibles de favoriser les entreprises liées du fait de la subjectivité de la notation des critères techniques ». Selon l’AC, ce risque est d’autant plus important que « l’appartenance des SCA aux groupes Vinci et Eiffage favorise potentiellement les échanges d’informations avec les sociétés liées de travaux routiers ».

Au final, l’avis de l’AC formule 13 recommandations (voir focus ci-dessous), qui permettraient de renforcer la régulation du secteur des autoroutes, d’améliorer les conditions de la concurrence dans les appels d’offres des concessionnaires.

Plan de relance autoroutier : l’occasion de renégocier les contrats ?

Bruno Lasserre enjoint au gouvernement de profiter de la mise en place prochaine du Plan de relance autoroutier (dont la validation par la Commission européenne est attendue fin octobre) pour renégocier les contrats de concessions. Rappelons que ce Plan de relance doit générer 3,6 milliards d’euros de travaux sur les réseaux des concessionnaires en échange d’un allongement de la durée des concessions (compris entre 2 et 6 ans). « Les contrats de concession des SCA devraient être renégociés en contrepartie de leur prolongation : à la faveur des avenants nécessaires pour mettre en oeuvre le Plan de relance autoroutier, pourraient être introduites une nouvelle formule d’indexation du tarif des péages ainsi que des clauses de réinvestissement et de partage des bénéfices », recommande l’AC.

Les sociétés d’autoroutes, dans leur communiqué, disent pour leur part se tenir « à la disposition de l’Etat concédant et de la Commission des finances qui a commandé ce rapport ».

Focus
Les 13 recommandations de l'Autorité de la Concurrence

Renforcer la régulation du secteur des autoroutes

L’existence d’une rente au profit des SCA montre la nécessité d’une meilleure régulation du secteur des autoroutes concédées. L’Autorité préconise notamment :

- de mettre en place une nouvelle formule d’indexation du tarif des péages. Alors que ceux-ci aujourd’hui sont indexés sur l’inflation, une formule d’indexation basée sur d’autres variables comme les coûts ou le trafic, telle que celle proposée par l’Autorité, serait de nature à limiter leur augmentation, voire à rendre possible leur baisse ;

- de limiter les contrats de plan à la stricte compensation des investissements sans aller au-delà de l’augmentation réglementaire ;

- de confier à une autorité de régulation indépendante compétente sur l’ensemble des transports terrestres des missions d’expertise, de contrôle et de sanction. Cette autorité pourrait notamment rendre des avis sur les contrats de plan ;

- enfin, si la rentabilité des SCA continuait à augmenter, d’introduire des clauses de réinvestissement et de partage des bénéfices au bénéfice de l’Etat. Il disposerait ainsi des ressources nécessaires pour financer d’autres projets d’infrastructures de transports.

Améliorer les conditions de la concurrence dans les appels d’offres des concessionnaires

S’agissant des marchés de travaux des SCA, il apparaît nécessaire de préserver les conditions d’une concurrence équilibrée dans les appels d’offres que celles-ci organisent. L’Autorité recommande :

- l’abaissement à 500 000 euros du seuil de mise en concurrence, actuellement fixé à 2 millions d’euros, ainsi que la publication systématique d’un avis de pré-information six mois avant le lancement de l’appel d’offres ;

- la transmission aux commissions consultatives des marchés des avenants excédant de 5% le montant initial du marché ;

- d’appliquer à Cofiroute les mêmes obligations de publicité et de mise en concurrence que celles auxquelles sont soumises les autres SCA ;

- le recours à la procédure de l’appel d’offres ouvert pour les travaux techniquement simples ;

- la possibilité pour la Commission nationale des marchés des sociétés concessionnaires d’autoroutes de saisir le juge administratif d’un appel d’offres dont elle estimerait la légalité douteuse.
Et le communiqué de presse de l'ASFA :

:arrow: http://www.autoroutes.fr/FCKeditor/User ... P_ASFA.pdf
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Estate45
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Re: Plan de relance autoroutier

Message par Estate45 »

Si effectivement les sociétés d'autoroutes versent 4,5 milliards d'euros de recettes fiscales à l'Etat, je suis dégouté de constater que cet Etat n'est pas foutu de se servir de ces recettes pour investir dans l'amélioration de nos nationales ! :x
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Re: Plan de relance autoroutier

Message par Alexandre »

Ça comprend l'ensemble des taxes (TVA, impôts sur les sociétés, redevance domaniale, TAT). Les fameux 40% des recettes de péage. L'Etat ferait un grand geste si l'ensemble de ces recettes étaient affectées à l'AFITF, mais il ne peut pas le faire et c'est dommage car ça règlerait tous les problèmes actuelles...
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Re: Plan de relance autoroutier

Message par G.E. »

Les contributions récentes des différents acteurs révèlent une nouvelle fois le mensonge qui consiste à faire croire que les infras de transport ne sont pas finançables sans écotaxe et autres prélèvements. Le secteur dégage largement les ressources nécessaires par la TVA, les péages..., mais celles-ci sont affectées à d'autres objets.
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Re: Plan de relance autoroutier

Message par djakk »

La TVA d'un secteur de l'économie doit être réinvestie dans le même secteur ? On ne peut pas raisonner comme ça …
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Re: Plan de relance autoroutier

Message par Alexandre »

djakk a écrit :La TVA d'un secteur de l'économie doit être réinvestie dans le même secteur ? On ne peut pas raisonner comme ça …
Depuis la LOLF non.
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Re: Plan de relance autoroutier

Message par cocodidou »

djakk a écrit :La TVA d'un secteur de l'économie doit être réinvestie dans le même secteur ? On ne peut pas raisonner comme ça …
Le souci vient du fait que lorsqu'il faut prioriser, tous les représentants des divers secteurs économiques viennent dire que "eux" comptent plus que les autres...
Par ailleurs, la route est un écosystème qui sait bien s'entretenir s'il brasse son propre argent; or, celui-ci fuit dès qu'il sort de la poche de l'usager, soit pour atterrir dans celle des actionnaires des sociétés d'autoroutes, soit transite par celle de l'État et sert à rembourser les intérêts (eux seulement!) des emprunts contractés nationalement...

Bon et puis, j'aimerais toucher deux mots du "risque trafic", invoqué comme "purement théorique" par l'Autorité de la concurrence. À la faveur des SCA, je dis que le risque n'est pas si théorique que ça sur des tronçons comme l'A65 (mais elles ne peuvent en vouloir qu'à elles-mêmes pour ce qui est du prix d'un tel tronçon vis-à-vis de la durée de concession); en revanche, je tiens à souligner qu'il existe une "clause de déchéance" sur ce tronçon, et que si l'affaire vient à mal tourner (défaut de trafic, cf. la fameuse clause ici: http://forum.sara-infras.fr/viewtopic.p ... 4&start=20), la SCA concernée pourra continuer à dormir paisiblement... Finalement, le privé ne perd jamais à 100%, même dans le pire des scénarii.
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Re: Plan de relance autoroutier

Message par François »

cocodidou a écrit :Finalement, le privé ne perd jamais à 100%, même dans le pire des scénarii.
.
Arrêtez d'opposer le méchant privé qui se fait des c..es en or sans aucun risque et le gentil public qui gère bien (mieux)...
et achetez des actions Abertis si vous y croyez.
La vente des autoroutes a été réalisée par l'état.
Le prix des péages est fixé par l'état.
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Re: Plan de relance autoroutier

Message par djakk »

Non, le gentil public ne gère pas mieux, mais très souvent les dettes privées deviennent des dettes publiques.
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Re: Plan de relance autoroutier

Message par G.E. »

djakk a écrit :Non, le gentil public ne gère pas mieux, mais très souvent les dettes privées deviennent des dettes publiques.
Pas très souvent, mais l'Etat assure en dernier ressort, c'est évident.

En l'espèce, l'Etat a trouvé très avantageux de concéder puis de privatiser les autoroutes.
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Re: Plan de relance autoroutier

Message par jml13 »

Enfin, en pratique, le réseau autoroutier concédé a été construit par le privé, et depuis 60 ans pas un euro n'est venu compenser une perte. Même si, peut-être, un jour, cela arrivera quelque part, à commencer par A65, ce sera une goutte d'eau par rapport aux dizaines (centaines ?) de milliards qui ont été investis et au réseau qui retombera dans 10 à 15 ans dans l'escarcelle de l'État, dans un état certainement bien meilleur que celui des autoroutes qu'il a construit et "entretenu" lui-même.

Donc, on peut certes constater que les entreprises privées se sont fait des bénéfices, mais ça n'a rien d'étonnant ni de choquant. Trop ? C'est toujours trop quand on paye. Un peu comme les assurances.

Je ne défends pas ces sociétés habituellement, mais ce rapport et certains commentaires m'énervent un peu. Je ne suis pas du tout certain que l'on aurait gagné un meilleur réseau, plus grand et mieux entretenu, et à moindre coût, s'il avait été dans le giron de l'État. Ce n'est pas ce que l'on constate en tous cas. Par exemple à Marseille où l'A507/L2 est en construction depuis 25 ans, finie même pas à moitié et déjà pas aux normes. En 3 ans, le privé va faire ce que l'État a été INCAPABLE de faire en un 1/4 de siècle. On ne peut donc parler de surcoût puisque les centaines de millions dépensés par l'État jusqu'ici l'ont été en pure perte ! Je préfère que Bouygues empoche 50 millions de bénéfice et avoir mon autoroute dans 3 ans.
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Re: Plan de relance autoroutier

Message par Alexandre »

L'autorité de la concurrence se place uniquement au niveau du respect de celle-ci et de la justification à ses yeux d'une situation donnée. Elle se contrefou du résultat "technique", en l'occurrence la qualité du réseau, et les services associés.

Il n'y a aucun doute sur les avancées, les progrès, et les services qu'ont apportés, qu'apportent, et qu'apporteront les autoroutes concédées. À titre d'exemple, citons les panneaux d'animation touristiques (ASF), le 107.7 (Cofiroute), et aujourd'hui les temps de parcours, les applications smartphones ou le nombre de places disponible sur les aires pour les PL. L'Etat n'a pas les moyens et de toute façon ne veut pas atteindre ce niveau de service (exemple du 107.7 qui ne sera pas déployé sur A75 !). Il se contente d'assurer un niveau de sucurité suffisant, que ce soit au niveau de l'état des chaussées, des glissières, et de l'entretien des abords (et encore pour certains endroits...).

Comme je l'ai déjà dit, la seule chose qui est intéressante dans ce rapport, et qui a mon sens est peut-être l'unique recommandation qui pourra aboutir, c'est la clause de réinvestissement obligatoire d'une partie des bénéfices. Dans ce cas, les SCA investiraient dans des opérations d'élargissement (considérées comme rentable), ou dans des travaux d'extension de leur réseau (reprise de courtes sections non-concédées), ou encore dans des travaux environnementaux. Ces travaux viendraient en complément des contrats de plans, qui eux couvriraient des travaux d'extension par adossement, qui pour le coup seraient financé par augmentation du péage sans allongement de durée de contrat. Et dans ce cas, pas besoin de l'avis de Bruxelles !
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Re: Plan de relance autoroutier

Message par djakk »

Au fait, quand le trafic augmente et justifie de passer à 2*3 voies, l'élargissement est payé par l'augmentation du trafic - à péage constant, ou bien, il y a une extension de concession ?
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Re: Plan de relance autoroutier

Message par jml13 »

Alexandre a écrit :L'autorité de la concurrence se place uniquement au niveau du respect de celle-ci et de la justification à ses yeux d'une situation donnée. Elle se contrefou du résultat "technique", en l'occurrence la qualité du réseau, et les services associés.
Si l'Autorité se place au niveau du respect de celle-ci, je ne vois pas bien ce qu'elle vient trouver à redire 30 ans après leur attribution. Elle viendra opportunément émettre son avis dans 10 à 15 ans quand les concessions actuelles seront renouvelées. C'est clair que la situation sera différente, la construction du réseau étant en grande partie achevée et surtout payée, on s'occupera de son exploitation, de son entretien, et de petites opérations par-ci par-là d'élargissements et de mises aux normes. Mais d'ici là, je fiche mon billet qu'il ne pourra légalement pas se passer grand chose.
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Re: Plan de relance autoroutier

Message par Alexandre »

djakk a écrit :Au fait, quand le trafic augmente et justifie de passer à 2*3 voies, l'élargissement est payé par l'augmentation du trafic - à péage constant, ou bien, il y a une extension de concession ?
Ça dépend si l'élargissement était inscrit initialement au contrat de concession. Si c'etait bien le cas, cela veut dire que son coût à été prévu des l'origine et il est réalisé sans allongement ou augmentation supplémentaire. Dans le cas contraire, c'est rémunéré par une hausse du péage ou un allongement de la durée de contrat (plus rare désormais).
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Re: Plan de relance autoroutier

Message par G.E. »

Alexandre a écrit :Comme je l'ai déjà dit, la seule chose qui est intéressante dans ce rapport, et qui a mon sens est peut-être l'unique recommandation qui pourra aboutir, c'est la clause de réinvestissement obligatoire d'une partie des bénéfices.
Il y a aussi la proposition d'une clause d'intéressement de l'Etat aux bénéfices si ceux-ci dépassent un certain niveau. Cette disposition est présente dans les nouveau contrats de concession, mais pas dans les anciens...
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Re: Plan de relance autoroutier

Message par djakk »

Le soucis, c'est pas la qualité de la gestion, mais le manque de concurrence, qui est le seul moyen de contrôler les prix dans le monde du privé.
Le privé ne se dit pas "je vais baisser les tarifs du péage de moitié pour que les Français aient plus de facilité à voyager", ça c'est le rôle du public, pour le privé il n'y a qu'une seule règle = faire de l'argent.
Du coup, le privé va augmenter les tarifs des péages au maximum de ce qui est autorisé, et peut même le justifier, "grâce" aux travaux d'entretien qui ne sont pas soumis à appel d'offre …
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Re: Plan de relance autoroutier

Message par basco - landais »

Une belle analyse :wink:
Catherine MAUSSION de LIBERATION(18/09) a écrit :DÉCRYPTAGE
Très critique contre les sociétés d’autoroute, l’Autorité de la concurrence concède que la route est semée d’embûches.

Les autoroutes à nouveau pointées du doigt. Dans son avis rendu mercredi, l’Autorité de la concurrence dénonce la rente des groupes privés liés au BTP (Vinci, Eiffage, Abertis), depuis la privatisation en 2006, des principales sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA). Les remèdes proposés sont-ils à la hauteur de l’enjeu ? Ou ne faudrait-il pas plutôt renationaliser le réseau ?

Le tiroir-caisse des péages

Les cris d’alerte se succèdent depuis la privatisation sous Dominique de Villepin des principales concessions d’autoroutes.
Cette opération «va donner au Premier ministre des marges de manœuvre», justifiait à l’été 2005 le gouvernement, à la veille du lancement de son plan de relance pour la croissance, alors que la France peinait déjà pour respecter l’impératif bruxellois des 3% de déficit.
La Cour des comptes s’était montrée sévère en 2013.
Elle avait alors pointé l’impuissance de l’administration à collecter des données auprès des sociétés concessionnaires d’autoroute, à peser sur les tarifs des péages (+4% de chiffre d’affaires par an entre 2006 et 2011) et à «exercer des contrôles sur des sociétés puissantes adossées à de grands groupes de BTP».
Seul «un nouveau cadre réglementaire» pouvait changer la donne.

D’où la saisine de l’Autorité de la concurrence.
Le bilan qu’elle dresse, sept ans après les privatisations, tient du réquisitoire. «La rentabilité exceptionnelle des SCA est assimilable à une rente», dit-elle, puisque «sur 100 euros de péages, 20 à 24 euros sont du bénéfice net pour les concessionnaires».
Quelque 14,9 milliards d’euros de dividendes ont été ainsi versés entre 2006 et 2013, soit quasiment tout le profit et même davantage certaines années.

Ainsi la dette (23,8 milliards d’euros) ne semble pas un problème : elle a même «rapporté» 3,4 milliards d’euros sous forme d’avantage fiscal, grâce aux intérêts d’emprunt déductibles.
Il faut ajouter à cela le juteux marché des travaux.
Des commandes pour 4,5 milliards d’euros ont été ainsi attribuées à des entreprises liées aux sociétés d’autoroute.
L’autorité juge leurs modalités d’attributions «contestables».

Un toilettage à la marge

Ceux qui espéraient un grand ménage dans le paradis des concessions seront déçus.
L’autorité avoue, en creux, son impuissance.
Certes, elle suggère quelques pistes, comme la modulation des péages en fonction inverse du trafic.
Plus le trafic augmenterait et moins les péages auraient de motif à s’envoler.
Mais elle doute qu’il soit possible de faire fléchir des SCA arc-boutés sur des contrats bien ficelés : «C’est seulement entre 2027 et 2033, à la fin des concessions, que l’Etat, en récupérant l’exploitation de l’infrastructure autoroutière, pourra remettre à plat une tarification.»

Mais, comme l’Etat est en train de négocier avec les SCA un rallongement des concessions en échange de travaux gratuits sur des portions du réseau routier, l’autorité suggère que cette rallonge soit conditionnée à une remise à plat de certains éléments du contrat.

Pour un électrochoc

Remettre dans le giron de l’Etat les 9 000 kilomètres d’autoroutes à péages a toujours eu ses partisans.
Ils se multiplient, sur tout l’échiquier politique.
Le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignant a ainsi appelé à une «renationalisation».
Et le socialiste Jean-Paul Chanteguet, président de la commission du développement durable, a mis sur pied au printemps une mission d’information qui affiche clairement la couleur : «Racheter les concessions autoroutières en résiliant les contrats de concession pour motif d’intérêt général.» Pas question de les rallonger. Il remettra son rapport à la fin de l’année.
Le temps presse.
Car le scénario de la «rallonge» est en train d’être examiné par Bruxelles.
Membre de la mission d’information, le député PS Gilles Savary critique la précipitation du gouvernement. «L’Etat est tellement pauvre que les SCA sont allés le trouver en lui disant : "Je te fais 3,6 milliards d’investissements [rocades, tronçons d’autoroute gratuits…, ndlr] mais tu préserves ma rente, et même tu l’allonges"», confie-t-il. Et de dénoncer «des concessions perpétuelles».
L’UE pourrait y trouver à redire.

La renationalisation est-elle pour autant praticable ? La manne (8,9 milliards en 2013) est telle qu’elle pourrait permettre de lever un emprunt obligataire et indemniser les actionnaires. Savary, pour sa part, pousse le schéma d’une SEM (Société d’économie mixte), où les autoroutes seraient à moitié publiques. Comme les bénéfices…
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