L'Echo Républicain a écrit :Les antiautoroutes A154 rassemblés autour d’un même tracé
Considérant qu’une autre voie est possible, les associations de citoyens, qui luttent contre le projet autoroutier, ont présenté leur alternative, hier soir, à Champhol.
François Bredon, président de l'association Saint-Prest Environnement, est l'un de ceux qui se battent, depuis le plus longtemps, contre le projet autoroutier A 154. Il explique pourquoi, selon lui, le projet MOB 28 (Mobilité 28), que les associations de citoyens défendent, est « moins cher » et correspond « mieux » aux besoins économiques et humains.
Dans votre proposition de tracé, on constate que vous voulez privilégier l'existant… Tout à fait. Il s'agit d'aménager l'existant et de terminer certains petits segments. Ce sera beaucoup moins cher que l'autoroute.
Combien coûterait le projet que vous défendez ? L'ensemble du projet a été chiffré, par des techniciens spécialisés, à hauteur de 250 à 300 millions d'euros, contre 850 millions pour le projet autoroutier, sans compter le prix des 2x2 voies déjà réalisées, qui seraient données au concessionnaire.
Vous avez demandé à la Dreal (Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement) une expertise de votre projet… Oui, la Dreal, en présence du sous-préfet de Dreux, s'est engagée à l'expertiser. Nous avons aussi sollicité le ministère des Transports, et celui de l'Ecologie et du Développement durable pour qu'ils étudient notre tracé, du nord au sud.
Quelle peut être la portée de votre proposition ? Je suis le dossier depuis 2009. J'ai des doutes sur la volonté politique, que ce soit de gauche ou de droite.
Sur le secteur de Chartres, quelles sont vos propositions ? Notre projet consiste à fluidifier la circulation, en aménageant les carrefours, notamment avec des passages souterrains. Car ce qui pose problème, en termes de trafic, ce sont les ronds-points. Tout cela conserve les dessertes locales, contrairement à l'autoroute, qui les supprimerait toutes.
L'entrée dans l'agglomération sera-t-elle simple dans votre projet ? Notre tracé prévoit la reprise de la déviation d'Allonnes\Prunay-le-Gillon, en plein champ, en évitant Bonville et Gellainville, sur six km. En plus, cela consomme beaucoup moins de terres agricoles que le projet autoroutier.
Une majorité d'élus affirment que l'État n'a pas d'argent pour payer des aménagements comme ceux que vous prônez. Vous savez, je viens d'apprendre que l'État allait mettre 150 millions d'euros pour faire une 2x2 voies entre Cholet et Bressuire (*). En Eure-et-Loir, le choix de l'autoroute est une volonté politique. Ce n'est pas une volonté économique.
Même le président de la Région Centre-Val de Loire, François Bonneau (PS), est favorable à l'autoroute. François Bonneau a dit qu'il était pour cette autoroute mais qu'il ne mettra pas un centime dedans. Alors, qui financera ? Là, on fait appel aux agglomérations pour financer la subvention d'équilibre de l'autoroute. Ce serait donc avec nos impôts que serait payée cette subvention. Et en plus, on paierait pour prendre l'autoroute. Je vous le dis, ça risque de tourner au vinaigre.
Qu'entendez-vous par là ? On a eu d'autres exemples. On ne voudrait pas en arriver là, mais s'il faut faire des actions d'envergure, on le fera. Ce sera l'État qui nous aura forcés à le faire.
Vous pensez au barrage de Sivens ? Des citoyens l'ont déjà évoqué à Dreux, à Vernouillet… Nous ne sommes pas des gens qui veulent casser. Loin de là. Je suis très respectueux des biens publics. Mais quand la colère monte, les associations ne peuvent plus rien contrôler. Mais on aura prévenu.
(*) NDLR : L'ensemble des 36 km, entre Cholet et Bressuire, estimé à 152 millions d'euros, et le coût du dernier tronçon de 11 km est de 51 millions d'euros, selon la Dreal. L'opération a été cofinancée par l'État, la Région, le Département et l'Agglomération du Bocage bressuirais.
François Feuilleux