Si ce projet était vraiment inutile, personne ne se mobiliserait pour le voir réalisé. C'est bien connu, on construit des routes pour rien.
D'ailleurs, il n'arrive pas à Deauville, mais à l'endroit où s'éclatent les flux de circulation dans le secteur.
Enfin... j'ai trouvé l'article qui explique le pourquoi du tracé rejeté. C'est le commissaire-enquêteur qui avait initialement retoqué le projet le long de la voie ferrée. Et maintenant on y revient ! Ubuesque.
Ouest France a écrit :Déviation de Canapville : un « non » qui passe mal
Pascal SIMON, 17 janvier 2015
Pour Jean-Léonce Dupont, président du Calvados, la décision du ministre de l'Ecologie met à terre quinze années de travail. L'opposition socialiste propose d'attribuer l'argent aux actions pour l'emploi et la solidarité.
La polémique
« Je me retiens pour dire que ce n'est pas une colère... » Bref, la moutarde lui est montée au nez. Jean-Léonce Dupont ne cache pas ce qu'il pense de la récente décision de Ségolène Royal. Dans un courrier du 20 décembre, la ministre de l'Ecologie a enterré le projet de déviation de Canapville (Ouest-France du 14 janvier).
Pour mémoire, ce projet de déviation, soutenu par le conseil général depuis de longues années devait, à la sortie de l'A132, en provenance de Pont-l'Évêque, traverser le marais de la Touques sur quatre kilomètres, avant de rejoindre Deauville. Sauf que cette déviation franchissait une zone naturelle de marais abritant de nombreux oiseaux ou amphibiens rares et menacés. Le conseil général avait ouvert une consultation publique en ligne jusqu'au 7 décembre dernier, en vue d'obtenir une dérogation permettant de « détruire et d'altérer l'habitat de quelque 186 espèces animales protégées ».
Retour à zéro
« Cela fait quinze ans que le conseil général travaille sur la déviation de Canapville, rappelle le président du Calvados. Le premier projet prévoyait un tracé au plus près possible de la voie ferrée existante. À l'époque, le commissaire-enquêteur l'avait rejeté, nous demandant de proposer autre chose. Aujourd'hui, on nous demanderait d'y revenir ! »
Et de citer un extrait du courrier ministériel invitant « à mobiliser le territoire sur un plan de déplacement qui concilie équipement et protection de l'environnement ». « Je suis sensible à la protection de toutes les espèces de la faune et de la flore, mais j'y mets aussi l'espèce humaine, commente Jean-Léonce Dupont. Car l'autoroute actuelle arrive dans une commune, Canapville, qui voit passer chaque jour plus de 1 500 véhicules toute l'année et plus de 25 000 en saison ! »
Économie ou solidarité ?
« Il s'agissait d'un projet de développement économique pour toute la Côte fleurie, pas seulement pour Deauville », tient à préciser la vice-présidente, Anne d'Ornano, en réponse à certaines critiques. Dont s'est fait le relais le conseiller socialiste Eric Vève, plus tard dans la journée, lors du point presse du groupe minoritaire (à lire dans notre édition de lundi) : « Une route de quatre kilomètres destinée aux habitants du XXIe arrondissement de Paris ! »
Face aux trois millions d'euros déjà dépensés pour les études, « sans compter les heures de travail ! » précise Jean-Léonce Dupont, Eric Vève oppose une économie de « 36,5 millions d'euros qui seraient bien mieux à être redistribués à des projets en faveur de l'emploi et de la solidarité. La priorité n'est pas la création de routes nouvelles ! »
Reste que le Département a déjà fait l'acquisition de la moitié « des 405 ha de marais que nous envisagions d'acheter et d'entretenir. Ce ne sera pas le cas. »
La décision de Ségolène Royal marque-t-elle un arrêt final au projet ? « S'il fallait revenir à notre projet initial d'une route au plus près de la voie ferrée, il faudrait de toute façon casser la déclaration d'utilité publique. On repartirait de zéro... »
À partir de lundi 19 janvier, et pendant au moins trois jours, session budgétaire du conseil général, rue Saint-Laurent, à Caen.