L'idée de limiter la RN10 à 70km/h pour les PL pour dissuader son usage sur le modele de la RN20 dans l'Essonne ne plait pas aux transporteurs. Le problème de cette mesure est qu'elle ne pénalise pas que les PL en transit mais aussi les transporteurs locaux.
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RN 10 : les transporteurs haussent le ton
Une expérimentation de la RN 10 à 70 pour les poids lourds, une proposition d’interdiction de circuler la nuit. Pour les transporteurs de la FNTR, la coupe est pleine. Ils s’élèvent contre les restrictions proposées par la sénatrice Nicole Bonnefoy. Qui persiste et signe.
Effet immédiat. « À un moment, ça devient urgent de réagir », s’emporte Patrick Lorenzi, transporteur à La Rochelle et président de la FNTR Poitou-Charentes. « Le transport va très mal. J’ai des collègues qui équilibrent leur bilan en vendant des véhicules d’occasion. Notre coeur de métier, c’est de vendre du kilomètre ».
Les transporteurs ont des arguments à faire valoir. Ils disent depuis longtemps que l’autoroute, 24 km de plus que la nationale, et 57,70 euros de péage par aller simple, 115,40 € aller-retour, leur occasionnerait une augmentation de charges difficile à supporter. « 115 euros, on ne les gagne pas sur un voyage », commente Patrick Lorenzi. Qui insiste. « Une limitation à 70 km/h, c’est une augmentation des temps de trajet et des coûts d’exploitation, y compris une consommation de carburant plus élevée ». Ces surcoûts seraient « inévitablement répercutés sur les entreprises locales », prévient la FNTR.
240 000 km en plus par jour
Ce serait « une menace directe pour l’emploi local », affirment les transporteurs. « La RN 10 est un axe vital pour l’économie charentaise. Les mesures envisagées pourraient fragiliser les entreprises de transport, entraînant des réductions d’activité et des suppressions d’emplois mais aussi mettre en danger les emplois indirects. « On est implantés aussi dans les zones rurales. Nous sommes le réseau sanguin de la France, mais personne ne veut l’entendre ».
Mais c’est aussi sur le plan environnemental que riposte la FNTR, en maniant le paradoxe. Les transporteurs ont fait leurs calculs : Limiter la vitesse à 70 km/h ou détourner le trafic vers l’autoroute A10 provoquerait une augmentation significative des émissions de gaz à effet de serre : 240 000 kilomètres supplémentaires par jour seraient parcourus si les 10 000 poids lourds empruntant la RN 10 basculaient sur l’A10, soit 1 680 000 kilomètres de plus par semaine, aggravant les émissions de CO2 et de GES. « On n’est pas prêts à ça. Patrick Lorenzi argumente : « quand je commande un poids lourd, je choisis le moteur qui me permet de rouler à 80 ou 90. Pas à 70. Là, un poids lourd consomme jusqu’à 10 % de carburant supplémentaire ». Avec des émissions de gaz à effet de serre supplémentaires.
Leur pourrir la vie
Patrick Lorenzi sait qu’il faudra « régler le problème de la RN 10 ». Il s’accorderait même avec Nicole Bonnefoy pour reconnaître qu’il y a trop de volume sur la route. mais pourquoi rien ne passe par le rail ? Pourquoi on roule à faible charge pour satisfaire les délais de livraison ? »
C’est sur la solution que les avis divergent. Nicole Bonnefoy persiste et signe. Elle veut dégager les camions sur l’autoroute. « On ne peut pas les y contraindre ». L’idée, c’est de leur pourrir la vie pour qu’ils se détournent d’eux-mêmes de la nationale « puisque leur modèle économique ne sera plus viable ».