[ Problématique ] Grand contournement de Bordeaux

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gailu
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Message par gailu »

Sud Ouest du 13/01/07 a écrit :Nouveauté à  l'ouest, réflexion au nord

GRAND CONTOURNEMENT. Les services de l'Etat bénéficient de temps pour peaufiner le projet. Du côté des opposants la question reste entière quant à  la pertinence d'un tel ouvrage.


Le projet du grand contournement autoroutier de Bodeaux sera mené à  terme. Dans le courrier transmis par le ministre de l'Equipement au préfet Francis Idrac (notre édition d'hier), on s'aperçoit qu'il n'est nulle part question d'un éventuel retour en arrière. Juste d'un coup de frein avant d'accélérer à  nouveau (1). Explication de texte.

1 Plus de mystère à  l'ouest Entre Arsac et l'A 63, le ministre a officiellement retenu le lieu de passage. Dans le cadre de l'étude de l'avant-projet sommaire (APS), il demande au préfet de réduire la bande d'étude à  300 mètres afin d'y tracer en phase finale le couloir de 50 nécessaire pour réaliser l'autoroute. Entre la D 1215E1 (Bordeaux-Soulac) et la D 6 (route de Salaunes), cette bande restera un moment en pointillés, le temps de régler le problème des variantes nord. Entre la D 6 et les Landes, l'autoroute descendra plein sud, passera entre le camp de Souge et le centre d'achèvement et d'essais des propulseurs de Saint-Jean-d'Illac, franchira la D 106 à  l'ouest du Las puis coupera la commune de Marcheprime en deux entre le bourg et la Croix-d'Hins. Le raccordement avec l'A 63 se fera au niveau de l'aire de repos des Gargails.

2 Au nord reprise des études Le ministre retarde sa décision sur les variantes nord : un tracé s'appuyant sur la presqu'île d'Ambès, un autre passant au niveau de Blaye. Compte tenu des difficultés, il demande au préfet Idrac de poursuivre études et concertation. Il souhaite que « le choix entre les deux options au nord procède d'une analyse des enjeux de développement durable et repose sur l'évaluation affinée des impacts sur l'habitat, les vignobles et l'environnement, en particulier les zones de forte sensibilité écologique, à  commencer par celles classées Natura 2000 et celles abritant des espèces protégées, des coûts prévisionnels de chacune des variantes, notamment deux des ouvrages d'art exceptionnels. » On n'est pas loin ici d'un retour à  zéro.

3 Deux échangeurs envisagés rive gauche Les rives gauches de la Garonne et de la Gironde seront desservies « au plus », selon le ministère, par deux échangeurs. Un premier sur la D 1215E1 (Bordeaux-Soulac) à  hauteur de la 2x2 voies dite d'Arsac pour desservir le Médoc; un second sur la D 213 pour desservir la zone aéroportuaire via la déviation de Martignas-sur-Jalles.
Rive droite, tout dépendra du tracé retenu. Si le tracé passe au nord, un échangeur sera obligatoirement nécessaire à  hauteur de l'autoroute A 10 pour capter le trafic camions.

4 Camions : un passage obligé Le ministre semble clair. Ce contournement devra absorber tout le trafic poids lourd en transit. Les études d'APS devront intégrer le système d'exploitation retenu et présente les mesures prévues pour obliger les camions à  emprunter la nouvelle voie. Elles devront présenter les dispositions d'exploitation à  prévoir en conséquence sur la rocade de Bordeaux.

5 La grande crainte de l'étalement urbain Pour l'éviter, le ministère recommande d'engager les collectivités locales à  élaborer des schémas de cohérence territoriale (SCOT) prenant en compte cette problématique. Ce dispositif empêche les constructions nouvelles et permet de conserver les zones vertes. En l'absence de telles dispositions, le ministère indique qu'il pourrait être amené à  revoir l'autorisation de créer les échangeurs prévus. Autre exigence sans condition : réfléchir et fournir une étude sur la possibilité de créer une voie ferrée parallèlement à  ce contournement autoroutier.

6 Calendrier : deux ans pour l'APS Pour les études variantes nord, aucun délai n'est donné. Les services de l'Equipement devront aller assez vite car le dossier devra repasser par Paris pour approbation. Avec les élections prochaines, tout ne sera probablement pas réglé avant l'automne. Puis, la DDE poursuivra l'étude de l'avant-projet sommaire (bande de 300 mètres, etc.), l'APS accompagné de la maquette du dossier d'enquête publique devant être livré avant la fin de 2008. Dans le meilleur des cas, l'autoroute ne verra pas le jour avant 2015.
(1) Il est possible de voir l'intégralité du courrier du ministre sur notre site Internet : www.sudouest.com


Marcheprime : Le maire déterre la hache de guerre

« Ils se moquent du monde, je déterre la hache de guerre ! Je trouve les méthodes employées par l'Etat déplorables et en aucun cas dignes d'une démocratie. »
Serge Baudy, le maire de Marcheprime ne mâche pas ses mots. Pour cause : l'autoroute va couper sa commune en deux. « Chez nous, la DDE n'a même pas besoin de déterminer la bande de 300 mètres » ironise-t-il. « A un mètre près, elle sait précisément où l'autoroute passera. Entre la dernière maison de Marcheprime et la première de la Croix-d'Hins. Une portion de route de 1 600 mètres. L'autoroute passera donc pile-poil à  mi-parcours, soit à  800 mètres des habitations plantées de part et d'autres. Ce sera catastrophique. Notamment pour les habitants de la Croix-d'Hins (environ 600). Avec les vents dominants, ces derniers subiront toutes les nuisances sonores et autres. Un vrai scandale car ce sont encore les plus forts qui ont gagné. On a préféré faire passer la route au milieu des maisons de particuliers plutôt que de la faire glisser au milieu de terres plantées de maïs et appartenant à  des propriétaires puissants et influents. »
« C'est profondément aussi se moquer des élus. Nous sommes plus de 60 aujourd'hui à  contester ce contournement et à  demander le retrait du projet. Non seulement on ne prend pas en considération notre point de vue mais on nous la boucle en nous imposant le pire. »
Que faire pour limiter la casse ? Un passage en souterrain, peut-être ? « Non ! Nous refuserons cette route jusqu'au bout et nous allons vite le leur faire savoir. »


Coordinations : « Le ministre ne nous a pas écoutés »

Les opposants au grand contournement ne sont pas contents du tout. « Pour le ministre, créer le grand contournement est acquis puisqu'il propose la poursuite des études, pour nous ça ne l'est toujours pas ! Ca fait des mois que nous nous battons pour dire que ce contournement est inutile et qu'il y a d'autres solutions pour faire face au "tout camion". Notre point de vue n'a pas changé. Nous allons donc employer tous les grands moyens qui nous restent (des recours en justice notamment) pour faire annuler les décisions prises jusque-là  et stopper net la machine », confie Christian Baqué, du collectif des élus municipaux et de la coordination Haute Gironde.
Autant dire que les opposants refuseront de participer à  la concertation promise. Ils ne veulent pas du tracé 4 bis comme d'un 4 ter ou d'un autre encore. « Ce n'est pas une concertation sur tel ou tel lieu de passage possible que nous voulons », note Daniel Bas de la coordination rive droite. « Nous réclamons l'ouverture d'un vrai débat public sur la nécessité de créer ou non ce contournement, le premier débat organisé en 2003 ayant été tronqué puisque jamais mené à  terme. Nous voudrions bien qu'Alain Juppé nous aide sur ce point. Mais c'est curieux : nous cherchons à  le contacter, il ne répond pas. »
« Le ministre ne tient pas du tout compte de l'avis des citoyens et des élus » constate, tout aussi amer, Alain Blanc de la coordination Rive gauche. « Il ne fait qu'entériner les arguments avancés par Francis Idrac, arguments que nous contestons depuis le début. Nous allons donc reprendre nos actions. Comme le préfet a été vraiment gentil avec nous, nous avons bien envie d'aller lui présenter nos voeux en début de semaine prochaine. »


Urgence

Durant l'été 99, Philippe Madrelle et Alain Juppé se fendaient d'une grande déclaration commune à  laquelle ils conviaient au dernier moment Alain Rousset, pour clamer haut et fort l'urgence d'établir un grand coutournement autoroutier de Bordeaux. Quatre ans plus tard, en 2003, le grand débat public était interrompu avec fracas par un comité interministériel confirmant cette urgence et choisissant de passer par l'ouest.
A la veille d'une année électorale intense, Philippe Madrelle et Alain Juppé, avec des dialectiques propres, sont une nouvelle fois tombés d'accord pour affirmer qu'il n'y avait plus urgence. Le premier en appelant à  la reprise d'un vrai débat. Le second se référant aux petits oiseaux. Il convient de noter que seul Alain Rousset sait garder la tête froide face aux urnes qui s'amoncellent sur la chaussée.
Philippe Madrelle et Alain Juppé, plutôt que de tourner autour du contournement et des arguments, auraient aussi bien pu nous dire qu'un tel projet ne pouvait être conduit sereinement avec trois échéances électorales dans l'année. On les aurait compris. Diriger, c'est aussi savoir faire une pause. Et considérer l'électeur, c'est le lui dire.

Jean-Paul Vigneaud & Dominique de Laage
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gailu
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Message par gailu »

Une carte est dans le club, je répète, une carte est dans le club .. (Marsu)
laurent
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Message par laurent »

Le tribunal administratif de Bordeaux a annulé jeudi la décision du ministère de l'Equipement relative au projet de grand contournement autoroutier de l'agglomération bordelaise, estimant que la procédure de concertation sur ce dossier n'a pas été respectée.
luchar
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Message par luchar »

laurent a écrit :Le tribunal administratif de Bordeaux a annulé jeudi la décision du ministère de l'Equipement relative au projet de grand contournement autoroutier de l'agglomération bordelaise, estimant que la procédure de concertation sur ce dossier n'a pas été respectée.
On est donc reparti pour un nouveau débat public ?
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gailu
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Message par gailu »

A part retarder les choses cette décison n'a vraiment aucun intérêt, un contournement est indispensable, il se fera quoi qu'il arrive... C'est vraiment une stupidité administrative, s'ils avaient attendu la fin du débat il n'y aurait pas eu de contestation possible, c'est malin!
La décision changera peut-être en appel, espérons.
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Message par Auriom »

gailu a écrit :A part retarder les choses cette décison n'a vraiment aucun intérêt, un contournement est indispensable, il se fera quoi qu'il arrive... C'est vraiment une stupidité administrative, s'ils avaient attendu la fin du débat il n'y aurait pas eu de contestation possible, c'est malin!
La décision changera peut-être en appel, espérons.
Ca rappelle que dans un Etat de droit il y a des formes à  respecter.
C'est peut-être regrettable que la conséquence soit le report d'un grand projet mais ça incitera peut-être à  réfléchir...
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gailu
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Message par gailu »

Oui c'est clair à  vouloir précipiter les affaires on se met en tort, résultat: c'est encore plus retardé que si l'on était allé au terme du débat public.
"Le mieux est l'ennemi du bien"
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Message par Auriom »

Eh oui, dura lex sed lex. On pense ce qu'on veut d'un débat public mais, à  partir du moment où il y en a un, on fait au moins semblant de le respecter.

Maintenant, la vraie question est effectivement de savoir si ça va faire jurisprudence :
Enver a écrit :Du coup, le projet de TGV PACA a du souci à  se faire ?
M. Estrosi doit avoir des sueurs froides !
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G.E.
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Message par G.E. »

Le préfet Idrac n'est pas un homme de négociation. On l'a eu à  Montpellier et il a fait pas mal de "dégâts" en s'opposant frontalement à  Frêche. Voilà  qu'il recommence à  Bordeaux... :roll:

Pour la LGV PACA, on est encore (volontairement) dans le flou pour les fuseaux.
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gailu
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Message par gailu »

Sud Ouest du 02/03/07 a écrit :Rien avant fin 2008

GRAND CONTOURNEMENT. --Trois hypothèses : le projet de contournement est enterré, l'Etat fait appel de la décision ou relance une procédure pour un nouveau débat public


Que va-t-il se produire maintenant ? C'est la question qui trotte depuis hier. Sauf du côté des opposants : « Le grand contournement est définitivement enterré, il n'y en aura plus ! » affirment-ils haut et fort. Cela pourrait être le cas, effectivement, mais rien de bien sûr encore, car il faudra bien trouver une solution pour faire face à  l'évolution du trafic routier. Tous les experts sont unanimes pour dire qu'un transfert d'une partie du fret sur rail ne suffira pas à  régler les problèmes rencontrés.
Si le projet demeure, maintenant, il va énormément prendre du retard, la machine ne pouvant absolument pas se remettre en route immédiatement. Deux hypothèses à  ce stade : les services de l'Etat font appel de la décision du tribunal administratif ou relancent une procédure de débat public.

Un appel devant la cour. Si les services de l'Etat font appel de la décision, ils attendront évidemment d'avoir suffisamment d'éléments pour rejeter les arguments avancés par les opposants et être certains de gagner cette fois-ci. Ce qui ne peut se régler en huit jours.
Ensuite, il ne suffit pas de faire appel pour que l'affaire soit traitée aussitôt. Généralement, à  Bordeaux, les affaires viennent devant la cour d'appel un an et demi voire deux ans après avoir été jugées devant le tribunal administratif. Ce qui veut dire que le dossier du grand contournement pourrait être seulement audiencé à  la fin de l'année prochaine, voire plus tard.

Un nouveau débat public. Imaginons maintenant que les services de l'Etat prennent en compte le souhait des élus, celui de Philippe Madrelle ou d'Alain Juppé par exemple : une nouvelle concertation, un nouveau débat public.
En cette période électorale, on voit mal cette hypothèse germer cette fin d'hiver. Au mois de mai, en effet, il y aura un nouveau gouvernement, donc un nouveau ministre de l'Equipement et des Transports. L'actuel ministre ne prendra certainement pas le risque de rouvrir le dossier, remettre le feu aux poudres, surtout s'il veut protéger son candidat et ami Nicolas Sarkozy. N'était-il pas à  ses côtés, hier soir, au Parc des expositions de Bordeaux ?
Si les services de l'Etat relancent l'idée de réaliser un grand contournement autoroutier à  Bordeaux, ils ne le feront donc pas avant l'été prochain. Ceci fait, il leur faudra prévoir l'organisation d'un nouveau débat public. Ce qui prendra plusieurs mois encore. Dans le meilleur des cas, ainsi, un nouveau débat public sur le contournement pourrait avoir lieu fin 2008 ou début 2009.
Appel devant la cour ou nouveau débat, l'on ne devrait pas ainsi entendre reparler d'un grand contournement avant un an et demi. Du moins au niveau national, car au niveau départemental, le sujet reviendra inévitablement sur le tapis lors des prochaines échéances électorales, les opposants demandant à  tous les candidats aux législatives, mais aussi des municipales et cantonales l'an prochain, de se prononcer contre ce projet. Sinon...

Jean-Paul Vigneaud



Pas d'étonnement; les esprits tournés vers le rail

Alain Rousset : « Quel gâchis ! »
« Quel gâchis ! » c'est la première réaction d'Alain Rousset, hier, en apprenant (alors qu'il se trouvait en Espagne) la décision du tribunal administratif. Le président du Conseil régional et de la Communauté urbaine de Bordeaux ne se disait pas toutefois « étonné de cette décision, dans la mesure où le gouvernement avait fait part de son choix avant la fin du débat public ».
« Cela dit, poursuit-il, le débat reste entier. Que faisons nous maintenant pour régler le problème des transports ? La rocade de Bordeaux est saturée et il y a de plus en plus de camions. Il faut vite se remettre au travail. Je relance donc l'idée d'organiser une table ronde (ou une conférence comme le suggère maintenant Michel Sainte-Marie) pour évoquer les difficultés rencontrées et trouver les meilleures solutions. Avec vraiment tout le monde. Pour notre part, à  la Région, nous nous sommes déjà  mis au travail en prévoyant un vrai plan pour les transports au niveau régional, un grand schéma d'aménagement pour les années qui viennent. En donnant la priorité au ferroviaire. Ce qui, je tiens à  le rappeler, n'est pas pour nous, une proposition nouvelle. Lorsque je suis arrivé à  la Région en 98, cela a été l'une des mes toutes premières actions. Je me suis engagé à  fond dans le projet visant à  faire sauter le bouchon ferroviaire à  l'entrée de Bordeaux, multiplier le nombre de trains et favoriser du même coup le report modal. »
Philippe Madrelle : « Le tribunal confirme ce que nous dénoncions. »
Philippe Madrelle, président du Conseil général, prend acte « avec intérêt du jugement qui vient d'être rendu. La conclusion du tribunal administatitf de Bordeaux est en parfaite adéquation avec le moratoire que j'ai demandé au ministère des Transport l'été dernier. Le tribunal administratif confirme bien ce que nous dénoncions tous. Après avoir fait face à  une brutale interruption du débat public en 2003, nous avons dû subir une concertation non conforme aux règles établies et aux attentes du plus grand nombre. La logique démocratique n'a donc pas été respectée. »
Philippe Madrelle conclut : « Si l'on m'avait entendu plus tôt, nous n'aurions pas vécu une telle situation de blocage, ce qui aurait évité bien des angoisses pour les populations concernées. »
Alain Juppé : « Toutes nos énergies sur le TGV »
Hier après-midi, Alain Juppé, prenant acte du jugement rendu, a sobrement convenu « qu'il faut prendre le temps d'y réfléchir. Je suis pour que l'on mette toutes nos énergies sur le TGV. Je suis pour le tout TGV ». « Prenons le temps », a répété le maire de Bordeaux. C'est d'ailleurs en substance ce qu'il avait déjà  déclaré début janvier. « Et puis, a conclu hier Alain Juppé, nous verrons plus tard les initiatives que pourra prendre l'Etat ».
Dominique Perben : « Envie de faire appel »
Présent hier soir au meeting de Nicolas Sarkozy, Dominique Perben, le ministre de l'Equipement, n'a pas caché un certain dépit face à  la décision du tribunal administratif de Bordeaux. « Je note que le tribunal n'a pas suivi les réquisitions du commissaire de la République, ce qui n'est pas si fréquent. Je prends donc acte de cette décision que je n'ai pas à  commenter. Je vais faire examiner les attendus du jugement par mes services. Et je prendrai ensuite la décision ou non de faire appel. Ce soir, ma position est plutôt de faire appel. Mais je veux prendre le temps de réfléchir. Si, finalement, nous devions refaire un débat public, je ne peux dire avec précision à  quel horizon s'établirait la construction du grand contournement. »



Une décision politique

Il y a trois niveaux de lecture de la décision du tribunal administratif de Bordeaux d'hier matin.
Le premier est juridique. Le préfet peut encore faire appel au nom du gouvernement. Mais il y a fort à  parier que les prochains comités interministériels d'aménagement du territoire s'assureront, demain, de la bonne exécution des procédures de débat public sur les grands projets d'infrastructures. C'était la faute originelle dans ce dossier. Et, au final, l'explication de ce surplace juridique depuis décembre 2003.
Le second est politique. L'ampleur de la contestation des populations concernées par les nombreux fuseaux de tracés présentés l'an passé était telle que ni Alain Juppé, ni Philippe Madrelle, ni Alain Rousset ne se plaindront, au fond, de cette issue temporaire. Le préfet de Région Francis Idrac lui-même avait donné, a posteriori, raison au président du Conseil général en proposant des études complémentaires sur les deux hypothèses de tracés au nord, via le Blayais et le Cubzagais, à  remettre au-delà  des scrutins nationaux et locaux en vue.
Le troisième a trait au développement de la Gironde et de l'Aquitaine. La montée en puissance du rail, sur lequel les pouvoirs publics s'apprêtent à  mettre le paquet dans le contrat de projet signé lundi prochain, ne sera pas suffisante. La noria de camions qui traversent le département et la région ne diminuera pas. L'Aquitaine et c'est sans doute tant mieux pour son avenir est au centre de ces échanges. Elle en souffre. A-t-elle pour autant besoin d'un contournement autoroutier ? C'est ce débat qu'il faut aujourd'hui reprendre sereinement et publiquement. Sans doute assez vite. En le menant au fond. Il n'y a plus de grands projets qui puissent être imposés aux populations. Sans doute le sens profond de l'annulation de la décision du ministre de l'Equipement et des transports. Elle est plus politique que juridique.

Jean-Bernard Gilles



Retour sur un débat avorté

TEMOIN. --Le débat public de 2003 n'a pas été mené à  terme. Joël Aubert était l'un des membres de la commission


La fin du débat public 2003 n'a pas seulement choqué ceux et celles qui ont participé aux réunions et qui pensaient que l'on allait prendre en compte leurs points de vue. Les membres de la commission chargés de l'organisation du débat ont été tout autant touchés et vexés par la précipitation avec laquelle les services de l'Etat ont annoncé leur choix.
Six personnes au total : Dominique Moyen (le président), Philippe Mathis, urbaniste, Joël Aubert, journaliste, André Pointut, ingénieur, Benoit Mornet, magistrat, et Pierre Sadran professeur de sciences politiques. Joël Aubert témoigne de cette fin décembre houleuse.

L'impression de tromper les gens. « Nous étions abasourdis, raconte Joël Aubert, le débat était en cours, des réunions encore programmées, de nombreuses questions demeuraient donc en suspens et nous apprenions, comme ça, que le ministère avait déjà  pris sa décision. Nous avons démissionné. Non pas par coquetterie ou sous l'effet d'un coup de mauvaise humeur comme il a été dit par certains. Nous avions vraiment le sentiment d'avoir été trompés, plus grave encore, nous avions l'impression d'avoir trompé tout le monde. Tous ces gens avec lesquels nous avions noué un dialogue et avec qui nous avions pris des engagements : dites-nous ce que vous pensez de ce projet et nous prendrons en compte tous vos points de vue ! Que vouliez-vous qu'on leur dise après la décision révélée lors du CIADT du 18 décembre ? Qu'on les avait réunis et fait parler pour rien ? »
« Notre décision a été immédiate », précise bien Joël Aubert. Autrement dit, selon lui, aucune concertation particulière ou intervention de qui que ce soit pour que les membres de la commission réagissent de cette manière. « Chacun d'entre nous a ressenti la même chose et décidé d'arrêter, poursuit Joël Aubert. Nous avons d'ailleurs eu des difficultés pour nous contacter à  l'époque. C'était la période des vacances de Noël. Même le président Dominique Moyen était absent, il était à  l'étranger pour passer les fêtes en famille. »
Un président qui, lui, n'a pas voulu démissionner. « Ce qui ne signifie pas qu'il ne partageait pas notre point de vue. Lui aussi était profondément choqué mais il ne voulait pas abandonner les gens qui nous avaient fait confiance. Il est donc allé jusqu'au bout pour faire remonter leurs points de vue. »

Six mois de travail inutiles. « Ce qui me désole le plus, c'est que c'était un bel exercice de démocratie participative. On y a cru, on s'est reveillé avec la gueule de bois », lâche Joël Aubert. Six mois de travail inutiles, en effet, trois mois de préparation en gros avec des réunions régulières et autant pour le lancement, l'organisation et la tenue des rencontres publiques.
Une belle fortune jetée en l'air aussi. Joël Aubert n'a plus les chiffres en tête, mais il reconnaît volontiers que le débat a coûté très cher. Ne serait-ce que le journal d'information tiré en cette occasion en plusieurs centaines de milliers d'exemplaires...
Bref, un énorme gâchis qui aurait pu être encore rattrapé au moment de la récente concertation. « Ce qui n'a pas été le cas, regrette encore Joël Aubert, car les choses ont été mal présentées, mal engagées ce qui a provoqué ces manifestations de colère incroyables. Des viticulteurs prêts à  sortir leurs fusils, dans mon coin, je n'avais jamais vu ça ! »

Jean-Paul Vigneaud
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Message par marsupilud »

Moi ce que je comprends mal, c'est qu'aujourd'hui le ministère des transports soit gêné au point possible de faire appel d'une décision juridique tombée parce que le - presque - même ministère n'avait pas eu suffisamment de recul pour prendre sa décision ! Ils jouent les accusés et la partie civile à  la fois ?

Après, que ça ne change rien au projet sinon un retard, je ne suis pas d'accord, parce que si un nouveau débat est organisé, il va falloir reposer la question de base : "Est ou Ouest ?" ! Avec les nouveaux éléments que l'on a, et notamment le TGV via Captieux, qui peut se prolonger au nord via Libourne pour contourner Bordeaux par l'Est. On pourrait donc ressortir les arguments du jumelage, qui plus est en territoire sensible.

De son côté, si Juppé n'a eu de réaction que celle sur le "tout TGV" (très louable bien entendu), il est un peu hors débat vu que le contournement de Bordeaux entre dans le domaine du transport de marchandises !
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Message par SebDau »

marsupilud a écrit : [...] si un nouveau débat est organisé, il va falloir reposer la question de base : "Est ou Ouest ?"
La question de base n'est pas "Est ou Ouest" mais "Contournement ou pas", "Pour qui ?", "Pour quoi ?".

Le contournement ne règlera pas les bouchons sur la rocade bordelaise, c'est acquis, même les études pro-contournement le disent. Les bouchons sont en majorité dus aux trajets domicile travail, le trafic PL ne venant que l'amplifier aux heures de pointe (Cf la rocade ouest saturée alors que le trafic PL est quasi nul).

Partant de là , à  qui va profiter ce contournement : aux lobbies du BTP et du transport de marchandises.

Le reste de la population ne profitera des ses bénéfices que très marginalement (départs en vancance), pour un coût humain et environnemental énorme.
Rapport bénéfice / coût quasi nul pour la majorité de la population (et on nous parle d'utilité publique ?)

Interdisons simplement le trafic des PL sur la rocade pendant les heures de pointe des bouchons de la rocade (aires de retenues) entre disons 7h-10h et 17h-20h, pour ne pas les amplifier ces bouchons.

Celà  limitera la compétitivité du transport PL qui n'apporte que des désagréments à  la majorité de la population (pollution, délocalisations, etc.) et donnera un peu plus de chances aux transports alternatifs et aux économies locales (Cf l'exemple des crevettes scandinaves).

Qu'on prenne conscience que le coût financier du transport PL est bien trop faible par rapport au coût humain, bref qu'il est sous-évalué et qu'il est donc urgent de le freiner par des mesures dissuasives.
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Message par G.E. »

Enver a écrit :Fichtre !
Ces projets qui sont d'une importance telle que l'engagement du processus en vue de leur réalisation nécessite que des orientations soient fixées avant même que le débat public éventuellement nécessaire ait pris place, voilà  qui crédibilise ledit débat ! :?
Les Débats Publics amènent toujours aux mêmes conclusions défavorables à  la route car on n'entend que les opposants. Il ne faut pas s'étonner de la réaction de l'Etat lorsqu'un projet routier apparaît comme nécessaire... :roll: Je pense qu'il va falloir réformer la procédure, ce n'est plus tenable !
REAK
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Message par REAK »

Bon bon bon ... c'est tombé a l'eau parceque c'est mort de chez mort sur le site du contournement :o en esperent qu'ils le fasse un jour ... Deja que pour passé la rocade entierement a 2x3voies ils mettent 20ans
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Portos
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Message par Portos »

REAK a écrit :Bon bon bon ... c'est tombé a l'eau parceque c'est mort de chez mort sur le site du contournement :o en esperent qu'ils le fasse un jour ... Deja que pour passé la rocade entierement a 2x3voies ils mettent 20ans
20 ans... hum... bien optimiste !
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Message par no-voiture »

Ce projet semble avoir de plus en plus de plomb dans l'aile.
Alain Juppé l'accueillait et ce fut l'occasion pour le maire de faire le point sur le grand contournement de l'agglomération bordelaise. Plus fermement que jamais, il a affirmé abandonner cette idée.
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Message par REAK »

Ils n'auront plus qu'a amenagé la rocade a 2x4 voies dans 10ans :lol: je vois mal comment le trafic va etre gerer avec l'A89 qui est presque finit en rajoutant l'A65 et sans compté l'augmentation du trafic transit sur les autoroutes deja existantes ... et pour pimenté le tout avec un bel etalement urbain le trafic banlieu/centre qui continu d'augmenté. Le rer va devenir inevitable !
no-voiture
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Message par no-voiture »

Avec l'imminence du pic pétrolier, le trafic de l'actuelle rocade n'a que peu de chances d'augmenter d'une manière significative d'ici 10 ans.
Je pense d'ailleur que ce phénomène est de plus en plus pris en compte par les politiques, et il y aura certainement d'autre projets abandonnés dans les années qui viennent.
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Alexandre
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Message par Alexandre »

Hmmm ce n'est pas parce qu'on va atteindre le pmic pétrolier que le trafic automobile va chuter du jopur au lendemain. Se sera très long. La voiture a encore de beaux jours devant elle, et les routes aussi...
REAK
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Message par REAK »

( Dsl de m'ecarter du sujet et je respecte ton avis no-voiture ) Mais les bio-carburant ou autres types se devellopent tres bien depuis maintenant 3, 4 ans si on roule encor avec seulement du petrole c'est parceque ce sont les grandes filliales petrolieres qui font pression un exemple ( Actuellement, un tiers des voitures vendues au Brésil est doté d'une technologie "biocombustible" un biocombustible à  base de canne à  sucre ) il y a eu des reportages dessus il y a aussi d'autres types de bio carburant, pour moi le petrole est le carburant actuel mais il n'y aura pas de probleme pour son remplacement sachant qu'il a de longues decenies devant lui :lol:
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