[ LN ] LGV Lyon - Turin

Aménagements, constructions, projets, ferroutage, ...
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Maastricht
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Message par Maastricht »

Pas de nouvelles de la LGV Lyon - Saint Jean de Maurienne ? :o
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Aragorn
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Message par Aragorn »

Elle va avec. Elle ne sera pas réalisée tant que le sort des parties internationales et Italiennes ne sera pas fixé
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Message par G.E. »

Maastricht a écrit :Pas de nouvelles de la LGV Lyon - Saint Jean de Maurienne ? :o
Il n'y aura de LGV qu'entre Lyon et Chambéry (en 1ère phase, ce sera entre Lyon et St-André-le-Gaz). La ligne fret sera continue de Lyon à  St-Jean-de-Maurienne.
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eomer
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Message par eomer »

Enver a écrit :Tiens, au fait, en marge de cette rencontre de Rome, un petit communiqué innocent ...
Interessant en effet...surtout en plein mois de juillet comme par hasard. Mais bon, ce n'est pas vraiment une surprise puisque RFF a toujours évoqué un début des travaux en 2012.
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Message par Aragorn »

Qu est ce que c' est que cette histoire de phasage de la LGV Lyon Chambéry????

Elle ne doit faire que 70 kms de longueur et on n' est pas foutus de la réaliser en entier d' un seul tenant? C' est franchement lamentable, à  peu près autant que le projet de ne pas réaliser la Branche Ouest de la LGV RR de manière correcte, surtout que là , on pourrait quand même penser que la facture astronomique de 12.5 Mds d' Eur engloberait la totalité de la liaison
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G.E.
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Message par G.E. »

Ce projet est quand même le plus cher de ce qui est prévu en France. On ne peut pas mobiliser tous les crédits pour lui...

La 1ère phase permettra de gagner du temps sur les relations Paris / Lyon - Grenoble / Chambéry.

Il se dit même que le shunt de Voiron pourrait être relancé par la même occasion.
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eomer
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Message par eomer »

Aragorn a écrit :Qu est ce que c' est que cette histoire de phasage de la LGV Lyon Chambéry????
Elle ne doit faire que 70 kms de longueur et on n' est pas foutus
de la réaliser en entier d' un seul tenant?
Attention: le projet Lyon-Turin est un projet mixte TGV-Fret qui comporte plusieurs composantes:
1- une LGV mixte Lyon-St André le Gaz raccordée à  la LGV RA et au CFEL. Ce tronçon est un peu la clé de voute du projet car l'actuelle ligne est largement insufisante.
2- un raccordement vers Grenoble
3- Une ligne destinée au frete reliant St André le Gaz à  Montmellian et passant sous la Chartreuse.
4- Une LGV entre St André le Gaz et Chambéry
5- L'amélioration de la traversée et de la gare de Chambéry
6- Une LGV Mixte entre Montmellian et St Jean de Maurienne pasant sous le massif de Belledone (les dernières études aurait démontré qu'il revenait moins cher de creuser un tunnel que de faire le tour par le Pont d'Aiton).
7- Le tunnel du Mont d'Ambin (section internationale)
8- La liaison entre le Val de Suse et Turin

D'après l'expo de la Cité des Sciences de La Villette, Dominique Perben avait lancé uniquement le point 3 au printemps dernier. Si je comprend bien l'info, ce serait en réalité les points 1, 2 et 3. La LGV Lyon- Chambery (point 4) est donc malheureusement toujours en soufrance. Reste à  savoir si les TGV devront emprunter l'actuelle ligne classique (  voie unique) ou le tunnel de la Chartreuse pour aller de Lyon à  Chambéry !
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Aragorn
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Message par Aragorn »

GE, ce projet est peut être cher, mais il est supporté à  la fois par la France, l' Italie et l' Europe. Ca aide quand même. Attends donc de voir la facture de la LGV PACA, qui sera là  exclusivement Francaise. A mon avis, ca va saigner.

Pour reprendre ce que dit Eomer, étant donné qu' en France, phasage = annulation (sauf pour la phase 2 de la LGV Est qui, heureusement, était assez longue), cela veut donc dire que l' on n' aura jamais de LGV Lyon Chambéry complète, ce qui est d' autant plus absurde que c' est justement sur le troncon qui ne sera pas fait qu' elle est la plus utile, vu qu' il s' agit d' une portion à  voie unique. L' augmentation du trafic engendré par la réalisation de ces nouvelles portions de ligne ca créer des tas de problèmes à  cet endroit, alors plutot que de cépenser de l' argent à  améliorer le passage en gare de Chambéry, on devrait plutot le mettre pour achever une LGV pas bien longue, mais pourtant indispensable.
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Message par joe57in67 »

Attends donc de voir la facture de la LGV PACA, qui sera là  exclusivement Francaise. A mon avis, ca va saigner.
C'est completement HS mais pourquoi cette ligne serait exclusivement francaise? Je veux bien que territorialement elle l'est mais fonctionnellementm elle interesse le pourtour mediterraneen entre Barcelone et Genes. L'Europe devrait financer et pourquoi pas au moins les Italiens, non? Les Suisses financent bien le RR et le Luxembourg a finance la EE.
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Message par Maastricht »

joe57in67 a écrit :C'est completement HS mais pourquoi cette ligne serait exclusivement francaise? Je veux bien que territorialement elle l'est mais fonctionnellementm elle interesse le pourtour mediterraneen entre Barcelone et Genes. L'Europe devrait financer et pourquoi pas au moins les Italiens, non? Les Suisses financent bien le RR et le Luxembourg a finance la EE.
Après Nice c'est peu ou prou le vide sidéral jusqu'à  Gênes et il faut prévoir 95% de tunnels/viaducs. Ca coûte bonbon.
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Message par eomer »

Aragorn a écrit :alors plutot que de cépenser de l' argent à  améliorer le passage en gare de Chambéry, on devrait plutot le mettre pour achever une LGV pas bien longue, mais pourtant indispensable.
Même une fois la LGV construite entre Lyon et Chambery, les TGV devront franchir (et pour la plupart, desservir) la gare existante. Il n'est pas prévu de contournement de Chambéry pour les TGV mais seulement pour le fret. La gare de Chambery devrait devenir un important hub asurant les correspondances entre le Lyon-Turin et le Sillon Alpin. Les travaux concernant cette gare sont donc indispensables.
paul
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Message par paul »

Maastricht a écrit :
joe57in67 a écrit :C'est completement HS mais pourquoi cette ligne serait exclusivement francaise? Je veux bien que territorialement elle l'est mais fonctionnellementm elle interesse le pourtour mediterraneen entre Barcelone et Genes. L'Europe devrait financer et pourquoi pas au moins les Italiens, non? Les Suisses financent bien le RR et le Luxembourg a finance la EE.
Après Nice c'est peu ou prou le vide sidéral jusqu'à  Gênes et il faut prévoir 95% de tunnels/viaducs. Ca coûte bonbon.
Oui, mais on peut se rebrancher sur la ligne classique, non? a moins que ce soit plus rapide de passer par Lyon Turin puis Gènes (en venant de paris).

paul
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Message par Aragorn »

On peut effectivement se rebrancher sur ligne classique au delà  de Nice.

En ce qui concerne les temps de parcours, c' est difficile à  évaluer parcequ' il faut quand même préciser que la nouvelle ligne Lyon Turin ne sera en aucun cas une LGV (sauf au départ, entre Lyon et Chambéry), soit pas grand chose. Au delà  de cette ville, la vitesse sera limitée pour les TGV exactement comme sur une ligne de plaine classique, à  savoir 200 km/h à  l' air libre et probablement moins en tunnel (et il y aura des tunnels sur la majorité du parcours), donc en terme de temps de parcours, le trajet Lyon Turin se fera nettement moins rapidement que si il s' agissait d' une vraie LGV. En plus, au delà  de Turin, il faudra descendre sur Genes par des lignes classiques. Je ne connais pas l' état du réseau Italien, mais il est possible que la vitesse soit limité à  140 ou 150 km/h parce que ca doit surement tortiller pas mal à  cause des reliefs.

Si on compare ca avec des TGV contournant Lyon et filant vers le Sud à  300/320 km/h jusqu' à  Nice, il leur restera nettement moins de trajet à  parcourir ensuite à  vitesse réduite. Et en plus de cela, la LGV PACA permettra aussi des TGV Jonction (Genre Bordeaux Nie, en utilisant les lignes nouvelles Bordeaux Toulouse et Languedoc Roussillon), ou Espagne Italie dont on parle depuis un moment, auquel cas il est évidemment inenvisageable de passer par le Lyon Turin
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G.E.
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Message par G.E. »

Maastricht a écrit :Après Nice c'est peu ou prou le vide sidéral jusqu'à  Gênes et il faut prévoir 95% de tunnels/viaducs. Ca coûte bonbon.
Bah, il y a Monaco et la Côte Ligure est bien peuplée... Les Italiens ont construit une ligne nouvelle (pour le moment à  voie unique) derrière San Remo. On doit pouvoir faire des aménagements ponctuels pour gagner du temps sans forcément construire une LGV.

Cependant, je pense qu'avec le projet italien sur Turin - Gênes, il sera plus intéressant après 2025 de passer par Turin sur l'axe Paris- Gênes pour aller dans la capitale de la Ligurie.
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Message par Maastricht »

Côte ligure bien peuplée moui, mais dans une bande de 2 kilomètres entre mer et montagne. Au delà  de cette bande, nada. Peut-être une gare à  Alassio et Savona, mais bon, ça c'est l'affaire des italiens. Quand à  la gare à  Monaco on en avait je crois plus ou moins longuement parlé dans le topic de la LGV PACA, pour dire qu'à  part lors de grandes manifestations (GP de F1 par exemple) elle n'aurait pas tellement d'intérêt ... et que donc il faudrait que la Principauté la paie de sa poche.

Mais sinon je suis d'accord, si Turin-Gênes devait être réalisé il serait préférable de faire passer les trains par le Mont d'Ambin ... Toutefois même avec un trajet en 4h30 ou 5h je me demande s'il y a un potentiel. Les TGV de nuit jusqu'à  Florence/Rome sans doute par contre ...
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Auriom
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Message par Auriom »

Retour au Lyon-Turin !
Le Moniteur a écrit :LGV Lyon-Turin : Rhône-Alpes tire la sonnette d'alarme

A l'issue d'une séance plénière, le Conseil régional Rhône-Alpes a rappelé jeudi 19 juillet au gouvernement français "l'urgence" de demander à  l'Union européenne l'octroi de 200 millions d'euros "indispensables" au lancement des travaux de la ligne à  grande vitesse Lyon-Turin, du côté français, à  "quelques heures de la limite de dépôt des demandes auprès de la Commission".
Le conseil régional " demande "solennellement et avec insistance" au gouvernement "de respecter sa signature" et qu'un "financement européen à  hauteur de 50% pour les études et de 20% pour les travaux dans la partie française, sur la période 2007-2013, soit sollicité auprès de la Commission européenne", soit environ 200 millions d'euros, déclare le conseil régional. Cette demande est "essentielle" pour que, parallèlement aux travaux du tunnel de base, "puissent démarrer les travaux sur les accès avant 2013", ajoute-t-il. La subvention de 725 millions demandée le 16 juillet, à  Rome, par la France et l'Italie à  l'UE sur 2007-2013 ne portait que sur le début des travaux pour le tunnel de base. Les gouvernements français et italien doivent remettre avant le 20 juillet leur demande de financement à  l'Union européenne.
La liaison ferroviaire à  grande vitesse Lyon-Turin, dont le coût total est estimé à  12,5 milliards d'euros, ne devrait pas être achevée avant 2020. Les travaux côté français doivent débuter en 2011 - et non plus en 2009/2010 comme annoncé jusque présent par l'Etat français - pour une livraison en 2015.
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Message par GBC »

Les accès sont aussi à  prendre en compte. La ligne historique traverse les agglomérations d'Aix-les-bains, Chambéry et Montmélian, soit environ 200 000 habitants... Elle longe également le lac du Bourget, plus grand lac naturel de France. Elle traverse la cluse de l'Albarine dans l'Ain.

La ligne fret Lyon-Combe de Savoie avec le tunnel sous la Chartreuse (au moins le premier tube) est donc d'une très grande importance, même avant l'ouverture du tunnel de base.

Pour l'accès TGV à  Chambéry, le tunnel par le Nord de Chambéry s'avère moins cher que le doublement de la Chartreuse (il est plus court) et plus rentable car les correspondances en gare de Chambéry intéressent un bassin de population plus important qu'une gare entre Montmélian et Pontcharra.

A l'heure où l'on parle du contournement ouest de Chambéry, le Lyon-Turin peut parvenir à  le rendre inutile en supprimant une partie du trafic routier et en libérant des sillons TER supplémentaires entre Montmélian et Aix-les-Bains.

Les camions consomment trois fois plus de carburant en montagne qu'en plaine. Si la France veut diminuer ses émissions de gaz à  effet de serre, la suppression des camions sur les itinéraires de montagne est alors plus rentable qu'en plaine...

La partie rail du lien ci-après est intéressante (page 67 et suivantes)...

http://www.mairie-chambery.fr/PLU2006/P ... 1.1.3).pdf
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Auriom
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Reportage sur les travaux

Message par Auriom »

Un dossier résume bien les problématiques du Lyon-Turin dans le Libération du 6 octobre :
Libération a écrit :Galerie d'art

D'ici vingt ans, Lyon et Turin seront reliés par une ligne à  grande vitesse, grâce au forage sous les Alpes d'un tunnel de 52 km de long et 150 m de large. Le gigantesque chantier sous les Alpes ouvre la voie au ferroutage européen. Une performance technologique qui dopera le ferroutage transeuropéen.

Par SYLVESTRE HUET samedi 6 octobre 2007 Modane (Savoie) envoyé spécial

Au fond du tunnel, une énorme taupe fore la montagne. De sa cabine, l'opérateur surveille son engin. Devant lui, à  droite, à  gauche, trois bras mécaniques de plusieurs mètres de long attaquent simultanément le front de taille. Les trous, dont la profondeur, l'emplacement et le diamètre ont été ­calculés par ordinateur, sont destinés à  Â­recevoir des charges d'explosif. Lorsqu'elles seront mises à  feu, cinq mètres de plus auront été gagnés sur la montagne. L'ingénieure Carole Aguettaz, directrice des travaux, souligne que la dynamite a été remplacée, depuis cette année, par des explosifs de nouvelle génération, «composés de deux pâtes inertes qui peuvent être aisément amenées jusqu'au fond du chantier. Ils ne deviennent explosifs que lors de leur mélange dans les trous». Un grand progrès pour la sécurité, même si, indifférente au bruit, au passage des camions et aux lumières fantomatiques de l'éclairage, la traditionnelle sainte Barbe des mineurs et autres manipulateurs d'explosifs veille depuis sa petite niche.

Voie plane sous la montagne

Démarré sous le village du Bourget, à  la sortie nord de Modane, ce tunnel de quatre kilomètres de long est une descenderie, galerie qui permet l'accès au chantier et l'évacuation des matériaux. A son extrémité, elle croise le tracé du futur tunnel de 52 km de long d'une liaison ferroviaire Lyon-Turin qui comprendra près de 300 km de voies nouvelles. Un chantier gigantesque dont le montant total comprenant tous les ouvrages entre les deux métropoles est estimé à  plus de 15 milliards d'euros. Son horizon ? La voie devrait être mise en service entre 2020 et 2025. Mais son enjeu se mesure à  l'aune du (ou des) siècle(s) à  venir. Autrement dit, de l'ère de l'après-pétrole.

Envisagée en 1990 comme une simple extension du réseau voyageur à  très grande vitesse entre France et Italie, cette liaison est aujourd'hui présentée comme la réponse écologique et durable aux besoins de transport de fret. Ce renversement lui permet de rallier parmi ses plus fidèles soutiens... les élus verts de la région rhônalpine. Au point que le volet voyageurs de cette nouvelle liaison qui mettra Milan à  quatre heures de Paris et six heures trente de Barcelone à  l'horizon 2030 devient un objectif secondaire.

«Ce projet patinait un peu lorsqu'il était réduit au TGV, il s'appuie maintenant sur une justification sociale bien identifiée», estime François Lépine, président de Lyon Turin Ferroviaire (LTF). Filiale de Réseau ferré de France et de son homologue italienne, elle est chargée de préparer le dossier et d'entamer le chantier du tunnel sous-alpin. Relevant que «l'on n'a pas engagé déjà  625 millions d'euros pour rien», François Lépine se corrige : «On n'est plus dans un projet, mais sur un chantier.» Un grand œuvre même, puisqu'il s'agit tout simplement de faire comme si les Alpes n'existaient pas. Tracer une ligne de chemin de fer sous la montagne, entre Saint-Jean-de-Maurienne, à  570 m d'altitude, montant à  752 m et ressortant dans le val de Suse en Italie vers 580 m. Ainsi, la voie dessinera sous les sommets alpins une sorte d'accent circonflexe dont les pentes ne dépassent jamais 1,2 %. Ce tracé très plat permettra d'y envoyer à  vitesse de croisière un train de fret tiré par une seule locomotive, quand les lignes historiques, passant bien plus haut sous les pics, exigent deux, voire trois locos.

Ce concept radical d'une voie plane sous la montagne inspire tous les projets alpins actuels, qui approchent eux aussi les 60 km. Le tunnel transfrontalier du Lyon-Turin sera ainsi complété par deux autres tunnels qui «effaceront» les massifs de la Chartreuse et de Belledonne (voir ci-dessus). Mission : dépasser les limitations des tunnels ferroviaires construits à  la fin du XIXe siècle et au début du XXe . Les tunnels routiers creusés entre les années 60 et 80 (Mont-Blanc, San-Bernardino, Saint-Gothard, Fréjus, Vintimille, Brenner, Tauern) ont permis, avec leurs quatre voies rapides, une véritable explosion des transports par camions. Pas moins de 174 millions de tonnes en 2005, contre 70 millions seulement en 1984.

Lobby des routiers

Pollution atmosphérique, accidents mortels dans les tunnels (39 morts dans celui du Mont-Blanc en 1999), opposition de plus en plus vive des populations locales... Le système touche à  ses limites. En outre, l'intégration de l'Europe de l'Est et de la Turquie aux échanges intra-européens promet, selon les calculs de Bruxelles, un quasi-doublement du trafic transalpin d'ici quinze à  vingt ans. Alors même que, dès 1991, les huit pays de l'arc alpin (1) ont signé la convention alpine, par laquelle ils s'engagent à  limiter les nuisances environnementales dues au trafic routier. Comment y parvenir alors que les axes sont saturés ? Comment faire, surtout, pour assurer la pérennité des échanges dans un avenir où le pétrole viendra à  coûter de plus en plus cher, puis à  manquer ?

Cette double interrogation monte peu à  peu dans un milieu - l'équipement et les transports - où le dogme de la croissance continue à  disputer au lobby des routiers la première place dans l'esprit des élus, des technocrates et des ingénieurs qui ont couvert l'espace européen d'autoroutes depuis quarante ans. Une politique européenne s'est toutefois mise en place entre 1991 et 2001, aboutissant à  l'idée d'un vaste réseau de fret ferroviaire destiné non seulement à  gérer la croissance des échanges mais à  enclencher un «report modal» entre camions et chemins de fer. Ce report peut prendre la forme d'un wagon de fret classique, mais aussi celle du ferroutage : un camion entier (remorque, tracteur et chauffeur) ou même sa remorque seule prend le train. Mais pour que le fret ferroviaire ait de l'avenir, soulignent les élus écologistes comme les économistes, il faut qu'il coûte moins cher que la route ou qu'il soit obligatoire, comme l'a montré la Suisse avec succès. Eurovignette sur les camions, contingentement des trafics, interdiction des matières dangereuses sur la route... les pouvoirs publics ont un vaste arsenal de contraintes à  leur disposition.

Nœuds ferroviaires

Ainsi, le Lyon-Turin fait partie des projets prioritaires du réseau transeuropéen défini par le Conseil européen d'Essen dès 1994. Ce réseau complexe, long de 65 000 km, exige une trentaine de nœuds ferroviaires dont la réalisation se chiffre en milliards d'euros. Dans le cadre de ce projet, les Etats en charge des chantiers peuvent demander un financement communautaire pouvant aller jusqu'à  30 % du coût total. Mais il leur faut agir vite. La Commission a prévu une enveloppe de 8 milliards d'euros pour la période 2007-2013, mais le nombre de projets possibles excède les financements prévus. «Poussées par le calendrier budgétaire, la France et l'Italie ont déposé une demande de 725 millions d'euros pour cette période», explique François Lépine.

Côté français, le gouvernement avance rapidement, fort d'un soutien large et d'une concertation rondement menée avec les collectivités locales pour gérer les inévitables problèmes d'un tel chantier : nuisances, gestion des matériaux extraits, indemnisation des riverains ou des expropriés... En revanche, en Italie, l'opposition gronde dans le val de Suse. Après des manifestations monstres en novembre 2005, le projet semblait encalminé. Depuis, le gouvernement de Romano Prodi a mis en place une double structure de concertation, technique et politique, pour débloquer la situation. Déjà , le tracé côté italien a été redessiné. Mais les oppositions sont encore vives, laissant planer une hypothèque sur le calendrier du projet.

(1) Allemagne, Autriche, France, Italie, Liechtenstein, Monaco, Slovénie, Suisse.
Libération a écrit :Terra incognita sous les Alpes

Pour préparer le chantier, dès 1990, les scientifiques ont analysé et cartographié le site. Mais le sous-sol peut toujours révéler des surprises.

Par S.H. samedi 6 octobre 2007

«Il fallait limiter le risque géologique.» Xavier Darmendrail, qui a dirigé le service ­géologique de Lyon Turin Ferroviaire (LTF), ne prétend pas l'avoir réduit à  zéro. «Malgré tous les travaux de reconnaissance, la vérité n'apparaît que lors du creusement», souligne-t-il. D'où une marge de sécurité prévue dans le ­financement même, soit 12 % des 7,6 milliards prévus pour la partie internationale du projet qui est constituée du tunnel.

Patchwork. Le défi - «effacer» les Alpes en traçant une ligne de chemin de fer passant à  travers la base du massif - supposait des repérages minutieux tant les risques du chantier sont grands. Le risque aurait été immense de se trouver coincé et de faire exploser devis et délais. D'où une mobilisation intense des scientifiques, dès 1990, géologues de LTF, du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), des universités de Grenoble et Chambéry, du Politecnico de Turin. Mission : donner aux ingénieurs la meilleure carte géotechnique possible, une description des roches à  travers leurs paramètres pertinents pour le creusement. Passer sous les Alpes, souligne Xavier Darmendrail, «c'est en traverser toutes les structures géologiques, plissées lors de leur constitution». Les spécialistes y ont recensé pas moins de 25 types de roches, affectés de trois niveaux de fracturation produisant 75 cas possibles. Un vrai patchwork.

Un tunnelier, gigantesque machine à  forer, s'enfoncera de 20 mètres par jour dans un quartzite ou un calcaire bien solide. Il faudra y aller à  l'explosif, voire à  la pelle mécanique, et surtout mener un lent, patient et délicat travail de soutènement (boulons, cintres, bétons) dans des schistes lardés de charbon susceptibles de s'écrouler à  tout moment. «Nous avons identifié un passage d'un kilomètre où schiste, grès et charbon se mêlent. Y envoyer un tunnelier eût été suicidaire, il n'en serait jamais sorti. Nous savons déjà  que ce kilomètre-là  exigera trois ans de travail», avertit Xavier Darmendrail.

Passer profond - jusqu'à  2 300 mètres sous le massif d'Ambin - suppose aussi d'autres défis, bien connus des géologues. La chaleur d'abord. Même si elle est moins intense que ne le prévoyait le modèle (46 °C). «Nous allons rencontrer des températures supérieures à  30 °C sur plus de 15 kilomètres», relève le géologue. Il faut donc assurer une ventilation importante, durant le chantier et ensuite, en exploitation.

Autre problème : la pression, qui peut déclencher des «décompressions violentes», des plaques entières se détachant sans prévenir. Des contraintes mécaniques intenses provoquent un resserrement de la galerie qui peut aller jusqu'à  2 mètres pour un tunnel large de 11 mètres ! Enfin, troisième ennemi : l'eau, le démon du sous-sol. «Plus on est profond, moins il y en a... mais plus sa pression est élevée», souligne le géologue. Et comme il est très difficile ­de prévoir ce que les ingénieurs rencontreront ( «L'hydrogéologie est loin d'être une science exacte», précise Xavier Darmendrail), la solution réside tout simplement dans... «une bonne marge de sécurité dans les moyens d'évacuation prévus».

Face à  ces défis, les géologues n'ont pas lésiné sur les moyens pour dresser leurs cartes du sous-sol. Plus de 150 forages de 50 à  1 600 m de long, au total, 55 km linéaires ont été réalisés. En vertical, en oblique et en horizontal, dans l'axe du futur tunnel, dont deux forages de type pétrolier, beaucoup plus chers, mais plus informatifs. «C'est la première fois que l'on effectue une reconnaissance de cette qualité dans les Alpes françaises», estime Xavier Darmendrail.

Géométrie. Forts de ces coups de sonde, les géologues ont produit non seulement des coupes géologiques prévisionnelles, mais aussi dans certains secteurs une modélisation en trois dimensions du sous-sol avec une estimation de sa probabilité (nature des roches et géométrie des formations géologiques). Deux raisons expliquent cette extension de la cartographie au volume. D'abord, la dimension de l'ouvrage destiné à  accueillir deux tubes de circulation, il est large de 150 mètres. Ensuite, sa complexité : il intègre au pied de la descenderie de Modane des voies ferrées secondaires et l'installation d'un centre de secours comprenant même une salle médicalisée.

Le travail des géologues est ­fini, place aux ingénieurs et conducteurs d'engins. Pour un chantier qui exigera bien huit ans. Si l'on y ajoute l'équipement du tunnel, c'est une ­dizaine d'années qui sépareront le début effectif des travaux et la mise en service de la voie ferrée.
Il n'y a pas à  dire, tout ça est impressionnant...
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Re: Reportage sur les travaux

Message par eomer »

Auriom a écrit : Il n'y a pas à  dire, tout ça est impressionnant...
En effet: j'espère que ces deux articles ouvriront un peu les yeux de ceux qui se plaignent de la lenteur des travaux. Le tunnel du Mont d'Ambin représente un chantier largement plus compliqué que le tunnel sous la Manche. De plus, les mesures de sécurité durant le percement seront draconienne: évacuer plusieurs centaines de personnes en quelques minutes à  2600 mètres sous terre et à  25 km de la sortie est un vrai casse-tête.
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lorp
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Re: Reportage sur les travaux

Message par lorp »

eomer a écrit :Le tunnel du Mont d'Ambin représente un chantier largement plus compliqué que le tunnel sous la Manche.
Pas besoin d'être grand clerc pour voir que la géologie alpine est autrement plus bigarrée que celle du Channel.
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