zabadu a écrit :Je rajoute une vue d'artiste aérienne montrant la région parisienne et les projets autoroutiers (A20, A17, A5 jusqu'au Périph, A87 bien sûr, l'A6 dédoublée, ainsi que quatre lignes d'aérotrain (vers Orléans, classique, mais aussi vers Lille, Lyon, le Havre), un aéroport "Paris 3" (??) vers Cergy...
Du grand délire là encore...
http://www.vision80ch13.org/Upload/albu ... p42_43.jpg
Aux lignes d'aérotrains et au 3ème aéroport près, ce n'est qu'une représentation à peu près fidèle des orientations du SDAU de 1965.
Ce n'est pas vraiment du délire : ce n'était qu'une projection dans le futur de ce qu'allait devenir la région parisienne
au rythme de croissance de l'époque.
Ne pas oublier que ce schéma directeur est un document d'urbanisme et d'aménagement conçu dans les années 60 à partir de l'historique disponible en ce temps-là , c'est à dire 15 ans de croissance forte !!!
Il n'est pas inintéressant de lire le texte du SDAU : ça permet de mieux comprendre la situation d'alors. On se rend compte au passage que les hauts fonctionnaires chargés d'élaborer ce schéma directeur n'avaient pas que le béton et la voiture particulière en tête. Ils prévoyaient aussi transports en commun, espaces naturels protégés et zones de loisirs.
Grosso modo, en imaginant une croissance nettement moindre en région parisienne que dans les autres régions françaises, il était question alors d'une population qui devait atteindre 15 millions d'habitants en l'an 2000 (finalement, on est à peine plus de 12 millions en 2008...). Ils ont donc essayé de maîtriser et d'encadrer la croissance.
Je trouve qu'il est un peu facile de critiquer leur travail de prévision maintenant que l'on sait comment l'histoire s'est finalement déroulée ! Essayez donc de vous mettre un peu à leur place... Qu'aurait-on dit de leurs plans s'ils s'était contenté de prévoir "au plus juste" une région parisienne de 12 millions d'habitants et qu'on se soit retrouvés finalement 16 ou 18 millions en l'an 2000 ?
En plus, ils n'ont jamais projeté de tout faire tout de suite. En matière d'infrastructures, ils ont simplement décrit les dispositions à prendre pour faire face un jour aux besoins d'une agglomération de 15 millions d'habitants.
La plupart des emprises nécessaires avaient été réservées pour être aménagées un jour. Le problème, c'est que l'esprit des lignes directrices n'a pas été respecté dans les décisions d'urbanisme qui ont été prises au fil des années.
Je ne citerai qu'un exemple symptomatique : l'A87. C'était la rocade autoroutière
de base de l'agglomération depuis le PADOG de 1960. A l'époque, elle avait été tracée à plus de 80% dans des zones pratiquement vierges de toute construction et ses emprises avaient été réservées dans les documents d'urbanisme de toutes les communes concernées.
Le problème, c'est que les moyens financiers manquant, elle n'a pas été construite tout de suite et que, dans certaines communes, les maires ont délivré petit à petit des permis de construire
en bordure immédiate de la zone réservée, que ce soit à des promoteurs attirés par les terrains à prix bradé (souvent des communes de droite...), ou à des sociétés de HLM (souvent des communes de gauche...). Et maintenant les riverains ne veulent pas qu'on touche à leur "coulée verte". Pire : à un moment où la croissance n'était plus là , des sections entières ont été déclassées et là , les maires concernés ont sauté sur l'occasion et fait construire des immeuble sur le tracé pour éviter tout retour en arrière. Résultat : maintenant qu'on aurait besoin de la construire, on ne peut plus, sauf à investir des sommes monstrueuses !
Donc pour revenir aux illustrations de 1965 : non, ce n'est pas du délire.