Suppression du passage à niveau sur la rocade de Chartres : le projet qui fâche
Publié le 24 juillet 2009 - 00:47
HIER, AU COUDRAY. La solution préconisée par le bureau d'études Systra : enterrer la rocade pour que la ligne passe au-dessus, mais en dessous du pont (que l'on aperçoit au fond). Pont sur lequel passe l'autoroute. (Photos Sylvia Catarino)
Le 10 juillet, un bureau d'études a présenté son projet visant à supprimer le PN 3 bis. Il prévoit de créer un nouveau rond-point qui menacerait le développement économique de la ZA du Grand séminaire.
Ce n'est pour l'instant qu'un projet. Mais il a fait bondir le préfet, le président de Chartres métropole et le maire du Coudray. Le 10 juillet, en préfecture de région, à Orléans, le bureau d'études Systra, chargé d'étudier les modalités de remplacement du passage à niveau (PN) de la rocade chartraine, a présenté ses préconisations. Et la solution retenue est unanimement rejetée par les acteurs locaux.
Pour l'heure, la seule certitude réside dans la nécessité de supprimer ce fameux PN 3 bis (son numéro d'ordre sur la voie), principal écueil technique faisant barrage au projet de réouverture aux voyageurs de la ligne entre Chartres et Voves, et entre Chartres et Orléans à plus long terme (lire par ailleurs). Pour passer cet obstacle, le bureau Systra, spécialisé dans le marché du transport urbain et ferroviaire, a imaginé enterrer la rocade afin que la ligne SNCF passe au-dessus, mais en dessous de l'autoroute. C'était l'une des options envisagées.
Des terrains vendus
Ce qui l'était moins, c'est la réalisation d'un second rond-point, en aval du giratoire de la route d'Orléans, à hauteur de la zone d'activité du Coudray. Dans l'esprit de Systra, ce nouvel ouvrage est appelé à remplacer les actuelles bretelles d'accès et de sortie de la ZA du Grand séminaire, rendues dangereuses par la déclivité issue du projet. Or, l'emprise de ce nouveau rond-point empiéterait littéralement sur des terrains destinés à accueillir des entreprises.
« Il s'agit de cinq lots à usage tertiaire », précise Dominique Soulet, le maire du Coudray, qui a vendu ces terrains à Chartres métropole. « Des promesses de vente ont été signées. J'ai délivré il y a quelques mois le permis d'aménager », explique l'édile. Autre incohérence : la rocade ainsi enterrée passerait en dessous du niveau du bassin de rétention des eaux pluviales.
« Que se passerait-il si le bassin débordait ? », s'interroge Dominique Soulet qui, aussitôt après être sorti de la réunion du 10 juillet, a alerté Jean-Pierre Gorges, le président de l'agglo.
Dominique Soulet : « Il faut se remettre au travail »
Ce dernier vient de rédiger un courrier à l'intention du préfet de région, Bernard Fragneau, pour l'informer de la singularité de la situation. Un courrier appuyé par le préfet d'Eure-et-Loir, Jean-Jacques Brot. « Je suis stupéfait par ce que le bureau d'études a produit, n'a pas manqué de réagir le représentant de l'État dans le département. Il y a là tout simplement une absence de prise en considération de la réalité de terrain. Ce projet est complètement irréaliste. » Lors de la réunion de travail, le bureau d'études parisien a indiqué qu'il comptait rendre son rapport définitif en septembre.
À Chartres, tout le monde est persuadé que Systra doit revoir sa copie. « Il faut se remettre au travail au plus vite. Pourquoi pas organiser une réunion sur place, afin de trouver une solution qui convienne à tout le monde », suggère le maire du Coudray.
Chartres à 55 minutes d'Orléans par le fer
La réouverture aux voyageurs de la ligne Chartres-Orléans doit s'effectuer en deux phases.
Dans un premier temps, elle concerne seulement la section Chartres-Voves, ce qui permettrait déjà de relier la préfecture d'Eure-et-Loir à Tours (Indre-et-Loire) via Châteaudun et Vendôme.
Le chantier de ce premier tronçon est inscrit dans le contrat de projets État-région 2007-2013 et sa mise en service est prévue en 2012-2013.
Dans un second temps est envisagée la réouverture au trafic voyageurs de la section Voves-Orléans. Pour l'heure, subsiste un écueil technique, la base aérienne de Bricy (Loiret), qui pose un certain nombre de questions : les avions militaires peuvent-ils modifier leur cône de descente ou d'envol ? Faut-il enfouir la ligne à cet endroit ? Quoi qu'il en soit, le coût total est estimé à 101 millions d'euros, dont 38 M€ pour la réalisation de Chartres-Voves (conditions économiques de 2004).
Le projet nécessitera le remplacement de tous les constituants de la voie ferrée (rails, traverses et ballast), l'installation d'une signalisation performante adaptée au trafic voyageurs, l'adaptation des passages à niveau, la création de points d'arrêts à Orgères-en-Beauce, Patay et Bricy-Boulay.
L'objectif de temps de parcours entre Chartres et Orléans est de 55 minutes.
Olivier Rezel