Le supplément ParisObs du Nouvel Observateur de la semaine du 11 décembre publie un dossier consacré au Grand Paris, et dans un article sur le volet transport, présente une carte assez rock'n'roll du tracé de métro de Ch. Blanc. Il est composé de 4 arcs, reprenant peu ou proue les tracés des Tangentielles :
- Arc nord Sartrouville /Epinay-sur-Seine / Le Bourget / Noisy-le-Sec / Noisy-le-Grand et son antenne aéroportuaire du Bourget à Roissy CDG en passant par Aulnay-sous-Bois
- Arc Est Noisy-le-Grand / Créteil Pompadour / Orly / Massy
- Arc Sud Massy / Saclay / Versailles
- Arc Ouest Versailles / Viroflay RG / La Défense (Nanterre Université) / Sartrouville.
Pour l'arc nord, c'est le tracé de la TN prolongée par la grande ceinture jusqu'à Noisy-le-Grand. Pour l'arc est, on reprend le tracé de la grande ceinture. Pour le sud, c'est le projet de métro du cluster. Pour l'ouest, c'est nouveau jusqu'à la Défense puis RER A jusqu'à Sartrouville.
L'article :
Blanc et ses secrets
Depuis huit mois, le secrétaire d'Etat chargé du Développement de la région capitale se tait. Mais petit à petit son projet se dessine en creux. En voilà les premières lignes.
Le «schéma indicatif» est «prêt, bouclé». N'attendant plus que «le feu vert présidentiel» pour être présenté. Sortira, sortira pas... «Paris-Obs», en tout cas, a rassemblé suffisamment d'éléments pour dessiner à grands traits le «plan transports» de Christian Blanc. Et préciser la stratégie métropolitaine que celui-ci sous-tend. Commençons par la stratégie. A quoi ressemble-t-elle ? A de la chirurgie. L'Etat-stratège se concentrant sur les organes vitaux de la métropole. Le cerveau, c'est le plateau de Saclay, censé alimenter le territoire en brevets et activités innovantes à même de remplacer à terme les secteurs industriels déclinants. Le coeur : la Défense, pompe à finances de la métropole. Et les poumons : la grande zone de Plaine de France, entre le nord-est de Paris et l'aéroport Charles-de-Gaulle. Le secrétaire d'Etat chargé du Développement de la région capitale souhaite y développer une sorte d'aéroville, mêlant Musée de l'Air new-look et entreprises aéronautiques de pointe, entre le parc de Villepinte et l'aéroport d'affaires du Bourget.
Une vaste écocité
Le plan d'action n'étonnera guère les connaisseurs. Depuis «le Lièvre et la tortue» (Plon), coécrit avec son ami Thierry Breton, en 1994, l'ancien patron d'Air France et de la RATP n'a pas varié d'un iota dans ses positions : pour échapper au déclin, la France, et plus encore la région parisienne, moteur de l'économie nationale, doivent concentrer leurs efforts sur «l'économie de la connaissance». Très logiquement, le plateau de Saclay, avec ses grandes écoles (X, Supélec) et ses centres de recherche répartis dans les champs, a donc été son premier chantier. Christian Blanc souhaitait y concentrer chercheurs et entrepreneurs dans une vaste écocité, à l'image de la silicon valley californienne. Ni simple parc à activités ni ville nouvelle, le projet présenté début novembre consiste à rapatrier plusieurs institutions sur le plateau (la fac d'Orsay, l'ENS Cachan, Centrale Paris) et à construire un «centre de vie» mettant du liant entre les différentes enclaves universitaires. Trente-cinq mille habitants supplémentaires à l'horizon 2020, pas plus. Un «entre-deux problématique», constate le géoéconomiste Frédéric Gilli, pour qui l'effet de cluster (transfert d'idées innovantes de la recherche à l'économie) visé par le secrétaire d'Etat passe d'abord par des réformes structurelles (rapprochement entre l'entreprise et les chercheurs), puis éventuellement par la construction d'un grand campus urbain ouvert au chaos de la Cité, à l'image de ce qu'a pu être jadis le Quartier latin.
Privilégier les organes de la métropole
Contesté sur son approche très spatiale de l'économie, Blanc l'a aussi été sur son projet de métro souterrain reliant Saclay à Versailles et Massy-TGV. Les spécialistes des transports se sont largement gaussés de ce projet pharaonique mais non chiffré qui «permettr a aux Parisiens de venir acheter leurs légumes frais». Christian Blanc a laissé dire. Le petit métro de Saclay n'est en effet qu'un chaînon isolé, au sein d'un «schéma de transport beaucoup plus ambitieux». Un métro ou plutôt un réseau de métros (voir carte) faisant le tour de l'agglomération en moyenne couronne. Utilisant les projets déjà lancés comme la tangentielle nord. En activant d'autres comme la rocade sud de la SNCF.
Pour les habitants de l'agglo, c'est un renversement. Jusqu'à présent, le consensus poussait à la construction d'une rocade RATP reliant les terminus des lignes de métro en petite couronne (appelée Métrophérique par les uns et Arc Express par les autres). «Logique d'opérateur», rétorque Christian Blanc.
Le secrétaire pense, lui, «aménagement». Il ne s'agit pas seulement de résoudre les problèmes d'engorgement présents. Il faut se projeter dans l'avenir, et privilégier les «organes» de la métropole. Quitte à enterrer d'autres projets passant dans des zones plus peuplées. Métrophérique donc. Voire CDG express, cette ligne Roissy-Paris pour businessmen pressés, qui ne serait plus viable dans l'hypothèse d'une liaison directe entre l'aéroport et la Défense. Crédible ? Certains en doutent. La crise est venue brouiller les cartes. Et puis il y a le mystère Christian Blanc. Personnalité secrète et égotiste, dont les collaborateurs doivent «gérer les silences», le secrétaire d'Etat ne cache pas son admiration pour Paul Delouvrier. Chargé par le Général de «remettre de l'ordre dans ce merdier», le «délégué général au district de la région de Paris» a redessiné la carte de l'Ile-de-France en mettant en place villes nouvelles et réseau RER. C'était aussi un grand taiseux. Son principe d'action consistant à ne jamais présenter un projet, avant qu'il ne soit finalisé.
Transposé dans la république sarkozyenne, le modèle delouvriériste a du mal à passer. Blanc agace tous ceux qu'il ne consulte pas. Ces derniers décrivant un ministre de plus en plus isolé, qui «rame pour exister», comme le souligne un hiérarque de l'UMP. Bon négociateur à la tête d'une entreprise, moins habile dans les relations horizontales, Blanc serait ainsi menacé du syndrome Francis Mer, éphémère ministre de l'Economie trahi par son dédain des politiques. Le secrétaire d'Etat n'en a cure. «On est dans un monde où le problème n'est pas de faire, mais d'annoncer C'est comme ça qu'on coule un pays.» Il faudrait savoir ce qu'en pense Nicolas Sarkozy. Le président devait venir à Saclay en novembre annoncer le plan de Christian Blanc. Il ne l'a pas fait. Ses détracteurs y ont vu un signe. A moins qu'ils ne prennent leurs désirs pour des réalités.
Paris Obs
Le lien :
http://parisobs.nouvelobs.com/hebdo/par ... crets.html