On a testé le tunnel de l'A 86
Un exercice de sécurité aura lieu ce lundi soir dans le tunnel de l'A 86 entre Rueil et Vaucresson. A quelques jours de sa mise en service, « le Parisien » a testé ses 4,5 km sous terre.
Il devrait ouvrir à la fin du mois, certainement le 27, quelques jours après l'exercice de secours qui doit se tenir ce soir à la demande de la préfecture. La première partie du tunnel de l'A 86, 4,5 km de trajet souterrain entre Rueil-Malmaison et Vaucresson réalisé par la société Cofiroute, accueillera alors ses premières voitures moyennant un péage de 1,50 € à 4,50 € le passage.
« Le Parisien » a pu parcourir en avant-première ce tube, baptisé Duplex, car il se sépare en deux étages : le bas pour le sens Rueil-Vaucresson, le haut pour le sens Vaucresson-Rueil. Impressions.
15 heures à Rueil-Malmaison : l'entrée en matière. Premier contact avec Duplex : sa barrière du péage. A quelques mètres de prises d'air ressemblant à des panneaux solaires installés sur un talus, les guérites et les barres attendent l'automobiliste. Ici, ni poids lourd ni moto. Question de gabarit et de sécurité. Mais avant de s'élancer, il faudra s'acquitter de la dîme. Les tarifs dépendront de l'heure et de la fréquence de passage. A l'unité, la traversée coûtera environ 4,50 € aux heures de pointe, 3 € le reste de la journée et 1,50 € la nuit. Avec abonnement, le coût aux heures de pointe devrait revenir à un peu moins de 3 €. Mais attention, la note peut s'alourdir si vous franchissez la barre des 70 km/h autorisés. Un panneau à l'entrée annonce la présence de radars automatiques. Où se trouvent-ils sur les 4,5 km à parcourir ? On n'en saura pas plus.
15 h 2 : un démarrage en pente douce. Nous pénétrons dans la gueule du monstre : d'énormes ventilateurs et une pente légère qui emmène dans les profondeurs. Le plafond est très bas : 2,55 m de hauteur. La lumière du jour disparaît rapidement dans le rétroviseur. Les deux voies et la bande d'arrêt d'urgence descendent et tournent légèrement dans un parfait ensemble. Quelques secondes plus tard, nous roulons au niveau inférieur. Impossible de croiser une voiture. Ceux qui se dirigent vers Nanterre circuleront au-dessus, sur la partie haute du tunnel coupé en deux.
15 h 6 : pointe à 70 km/h. Notre voiture prend peu à peu de la vitesse. Une pointe à 70 km/h : l'impression d'accélération est amplifiée et incite à lever le pied. Les deux files enchaînent les courbes. « On en a créé certaines pour rompre la monotonie », précise notre accompagnateur de Cofiroute. Car ici, tout est pensé pour éviter l'impression d'enfermement. La faible hauteur est compensée par des voies larges et bien éclairées. L'appréhension du début s'estompe. « Le principal facteur de stress, ce sont les camions et, là , il n'y en a pas », assure notre guide.
Selon Cofiroute, seuls 3 % des automobilistes testés auraient ressenti une certaine appréhension dans le tunnel.
15 h 7 : 87 m sous la terre. 2,25 km : sur la paroi, le mot « Milieu » s'étale en lettres stylisées. On est à mi-parcours et on ne ressent toujours pas la sensation d'étouffement tant redoutée. Un coup d'oeil au téléphone portable ramène soudain sur ou plutôt sous terre : ici on ne capte rien. A cet endroit précis, nous sommes sous la place du Marché de La Celle-Saint-Cloud, le point le plus profond du tunnel, soit à 87 m sous terre.
15 h 8 : tous au refuge. Quelques centaines de mètres plus loin, des idéogrammes vert et rouge accrochent le regard : une issue. En cas de problème, l'automobiliste pourra pénétrer dans un sas sécurisé reliant les deux niveaux.
Les 4,5 km comptent 150 caméras, des dispositifs lumineux et des dizaines de capteurs qui détectent le plus petit mouvement ou arrêt suspect. Toutes ces informations sont transmises à un PC. Dans cette salle, un gigantesque plan informatisé permet de suivre le trafic en temps réel. Des véhicules de secours sont prêts à intervenir à tout moment à chaque bout du tunnel. On préfère malgré tout ne pas avoir à tester.
15 h 15 : le retour à l'air libre. « Fin provisoire d'autoroute » prévient une inscription noire sur fond jaune : car la partie de l'ouvrage n'est qu'une première phase. Un deuxième tunnel de 5,5 km est en cours d'aménagement pour relier l'A 13 à Jouy-en-Josas, près de Versailles, dans les Yvelines, dans un délai d'environ deux ans. Une dernière accélération et deux panneaux verts surplombent le bitume. A gauche direction Versailles, à droite sortie Vaucresson. On est tout de même satisfait de retrouver l'air libre après un petit quart d'heure sous terre. En temps normal, si l'on roule entre 50 km/h et 70 km/h, on traversera le tunnel en moins de cinq minutes. Un trajet qui en surface peut parfois se compter en heures.
Le Parisien
Il y a même une vidéo sur la site>>>
http://www.leparisien.fr/hauts-de-seine ... 547887.php