Sud Ouest a écrit :LGV. La CCI organisait une réunion animée par l'ancien préfet Jean Poulit, hier, salle Darius-Milhaud
Le tracé soutenu par la CCI ne convainc pas
Les Orthéziens ont indiqué qu'ils se battraient pour qu'Orthez ne soit pas l'oubliée de la LGV. (photo archives Guillaume Bonnaud)
Les Orthéziens ont indiqué qu'ils se battraient pour qu'Orthez ne soit pas l'oubliée de la LGV. (photo archives Guillaume Bonnaud)
En savoir plus
» Quand les élus montent au créneau (copie 1)
Plus de trois heures de réunion n'auront pas fait bouger le dossier de la LGV d'un iota. Au terme de la conférence qui était organisée, hier, salle Darius-Milhaud, par la Chambre de commerce et d'industrie Pau Béarn (CCI), chacun est resté campé sur ses positions. La CCI a indiqué la nécessité de « jouer groupé » dans un pôle d'aménagement du territoire qui passe par un tracé direct entre Bordeaux et Pau via le triangle d'Hagetmau : un tracé qui évite Orthez. Les partisans de la LGV à Orthez - qu'ils soient du collectif LGV, de la municipalité ou d'ailleurs -, eux, étaient très peu enclins à se satisfaire de « cette solution médiane ».
Logarithmes et octaves
Depuis près de trois mois que la CCI soutient ce scénario, « la moindre des choses, c'était de rencontrer les amis d'Orthez », a indiqué en préambule Patrick de Stampa, président de la CCI. Pour « informer, apaiser, trouver une synthèse et échanger. »
Mais l'échange a pris des airs de monologue, selon René Ricarrère, figure de proue du collectif LGV-Orthez-oui : « Plus de 2 h 15 d'explications, ça ne laisse pas trop de temps pour le débat », a-t-il déploré à l'issue de la conférence.
Pourtant, la Chambre de commerce et d'industrie avait tout pour convaincre, avec son conseiller, Jean Poulit, qui a animé la réunion. Un Jean Poulit au CV brillant - ancien préfet, directeur régional de l'Équipement de l'Île de France, ancien directeur général de l'Institut géographique national - le Monsieur Bison Futé, mais aussi le Béarnais. Un Jean Poulit qui parle de ses « amours » - les territoires - en brandissant « logarithmes », « octaves », « vitesse au carré », et même « constante de Zahavi », pour convaincre du bien-fondé du scénario de la CCI. Selon lui, ce tracé, qui relierait Pau à Bordeaux « en 35 minutes » (1) créerait au minimum 427,9 M? par an et aurait le mérite de faire communiquer Pau avec Mont-de-Marsan, Bordeaux, Toulouse et le Pays basque. « Ce serait un échange complet, résume Patrick de Stampa. L'essentiel est de n'oublier personne. »
Sans compter le « supplément de richesse de 225 millions d'euros par rapport au scénario 3 défendu par l'État et qui oublie le Béarn », a rappelé Patrick de Stampa.
Des études complémentaires sont en cours. « Pour l'instant, il n'y a pas d'exclusive, a poursuivi le président de la CCI. Il faut nous battre pour faire reconnaître l'utilité de la convergence vers le Béarn et la Bigorre. »
Les Orthéziens, eux, fourbiront leurs armes pour que leur ville ne soit pas oubliée. « Nous serons très vigilants, a annoncé le maire Bernard Molères. On peut concevoir des triangles, mais le plus court chemin est la ligne droite », a-t-il conclu.
(1) Réseau Ferré de France a déjà eu l'occasion de démentir, en annonçant un temps de trajet minimum de 54 minutes.
Quand les élus montent au créneau (copie 1)
René Ricarrère, figure de proue du collectif LGV-Orthez-oui, a déclamé un plaidoyer pour Orthez. (photo A. C.)
René Ricarrère, figure de proue du collectif LGV-Orthez-oui, a déclamé un plaidoyer pour Orthez. (photo A. C.)
L'instant était presque aussi solennel que quand un avocat de la défense se lève pour porter la voix de son client. Hier soir, René Ricarrère, conseiller régional, fervent défenseur du rail, s'est levé, lui aussi, pour déclamer son plaidoyer pour Orthez. « Nous n'allons pas signer notre arrêt de mort avec le sourire », a-t-il commencé.
Et de rappeler les dessertes locales, les six arrêts TGV à Orthez, l'importance historique du rail dans la cité, les bénéfices qu'il rapporte « alors que les lignes par où on veut faire passer la LGV sont déficitaires. Là , on nous explique que celles qui gagnent de l'argent doivent mourir ! » René Ricarrère a également évoqué la position des maires de Dax et de Pau, qui souhaitent conserver leur gare actuelle, brandi les conclusions de la préfecture, qui « disent qu'aucune étude ne sera engagée quant à une nouvelle gare à Pau. » « Comment passer ailleurs qu'à Orthez, entre Dax et Pau ? », s'interroge-t-il.
René Ricarrère a prêché l'unité : « Il faut que le Béarn parle d'une seule voix, à condition de ne pas saborder Orthez. » Il a également proposé « un projet économique » : « Nous avons chargé Jean-Alain Laplace, fondateur de Lacq Plus, d'y réfléchir. »
Un discours auquel Bernard Molères a adhéré : « Orthez a toujours été un carrefour. Il faut aussi faire attention au coût global : le passage par Orthez sur la voie existante est moins cher. »
Enfin, Jacques Pedehontaa, maire de Laà s et conseiller général du canton de Navarrenx, a évoqué les 15 cantons que drainerait un passage par Orthez, et les « 200 000 » habitants que ce territoire représente.