Des oppositions ont eu le temps de grandir avec deux points chauds :
Sur le sud du Tarn & Garonne (vers Pompignan, St Rustice, Castelnau d'Estrefond), qui souhaiteraient un passage au plus près de l'A62. Les vignerons du Frontonnais veillent au grain aussi.
La Dépêche du 13 février 2010 a écrit :
Ligne LGV : vigilance en attendant le futur tracé
Transports. Une nouvelle proposition de tracé devrait tomber courant mai. Les riverains restent vigilants…
Il y aura des mécontents. C'est obligé. Comme dans tout grand projet qui modifie le paysage et change les habitudes de vie… En revanche, trouver la meilleure solution pour satisfaire le plus grand nombre est, certes compliqué, mais toujours possible. C'est là tout l'enjeu de la future ligne à grande vitesse (LGV) Toulouse-Bordeaux annoncée pour 2020 mais dont le tracé n'est toujours pas sur les rails.
Après quatre propositions de Réseau Ferré de France refusées, dont une dernière retoquée en janvier dernier, c'est de nouveau l'attente et l'inquiétude qui se sont installées chez les élus et les nombreux riverains : « Nous avons refusé le dernier tracé et demandé une autre proposition de fuseau. Elle devrait tomber en mai. Nous nous devons d'entendre tout le monde sur ce dossier, sans défendre plus l'un que l'autre, et sans perdre de vue qu'il faut impacter le moins possible les populations et le vignoble. Rien n'est simple. La moindre modification du tracé en entraîne beaucoup d'autres… », réaffirme le conseiller régional Didier Cujives, chargé d'orchestrer le dossier auprès du président de région Martin Malvy.
Comme en Tarn-et-Garonne où, concerné au premier chef par cette ligne, on exprime régulièrement ses positions sur la question, le Nord de la Haute-Garonne n'a semble-t-il pas dit son dernier mot. Et continue de s'organiser. D'un village à l'autre, les riverains restent attentifs à l'évolution du projet et plus particulièrement sur la partie toujours très sensible, après Saint-Jory, où le tracé apparaît encore moins… réfléchi qu'en aval.
« Le tracé à l'Est (N.D.L.R. : sens Toulouse-Bordeaux), et le tracé traversant Castelnau ont été définitivement abandonnés. Le tracé avant Castelnau ne semble pas être possible autrement que de suivre la ligne de chemin de fer existante. C'est donc après que cela se complique… », estime Alexandra David-Ardite de l'association « Castelnau TGV raisonné ». Et d'ajouter : « De nouveau, nous sommes inquiets. Parce que nous ne savons pas du tout ce qui sera proposé dans deux mois et aussi parce que les diverses associations ne défendent pas le même tracé. Nous comprenons que chacun ne veuille pas du train devant chez lui, et en même temps nous comprenons l'importance de son arrivée à Toulouse », ajoute-t-elle.
Certains, effectivement, défendent par exemple l'idée d'une ligne longeant l'autoroute qui éviterait ainsi la plaine… mais pas forcément le vignoble du Frontonnais : « Nous veillons au grain mais nous manquons d'éléments quant à la future proposition. Une chose est sûre, nous serons là pour donner notre avis afin de tout faire pour préserver notre terroir », confie Frédéric Ribes, au Domaine le Roc.
« je suis cuit ! »
Moins optimistes sur la question, des habitants de la vallée, à Castelnau D'Estrétefonds, s'organisent de jour en jour tout en sachant que quelque part, pour eux, la messe est dite. « Je suis cuit. J'habite ici depuis près de 50 ans et on annonce que le TGV passera à 150 mètres de chez moi. Il ne nous restera qu'à partir. C'est triste… mais nous ne baisserons pas les bras. Nous sommes aujourd'hui soixante-cinq dans notre association ''Sauvegarde de Castelnau'' et notre nombre augmente » explique Philippe Daujean, riverain.
Considérant que des villages comme Saint-Jory, Lespinasse, Fenouillet sont à peu près sûrs de savoir à quelle sauce ils seront mangés, les éventuelles futures levées de bouclier pourraient venir demain, du nord du département… une fois encore. Tout le monde se souvient en effet de la fronde qu'avait suscitée le projet, aujourd'hui abandonné, d'un deuxième aéroport implanté au cœur des vignes. Seule différence à ce jour, le TGV en lui-même, n'est pas réfuté à l'unanimité. Au contraire. Alternative efficace à l'avion, il n'apparaît pas comme la bête noire des transports et s'assure un bon nombre de défenseurs. « Rapprocher ainsi Paris de Toulouse est une nécessité, lance Didier Cujives, et il est évident que d'une manière ou d'une autre cette ligne se fera. C'est pour cela qu'il faut maintenant qu'on avance sur le dossier ».
En Albret avec l'association Très Grande Vigilance en Albret qui a manifesté le 6 mars 2010 dans les rues de Nérac (47)
La Dépêche du 8 mars 2010 a écrit :
Nérac. 4000 manifestants : non aux lignes TGV et oui à l'aménagement des voies existantes
LGV-TGV. Samedi, 4000 manifestants ont défilé dans les rues de Nérac pour dire non aux lignes TGV et oui à l'aménagement des voies existantes.
Samedi, quatre mille personnes venues de tout le Sud-Ouest se sont retrouvées à Nérac pour défiler dans les rues afin d'affirmer leur opposition à la création de la ligne LGV Sud Europe Atlantique dont le tracé passe par l'Albret (Lire « La Dépêche » d'hier). C'est à l'appel de l'association Très Grande Vigilance en Albret que ce rassemblement a eu lieu au départ du foirail pour traverser la ville en passant par le Vieux-Nérac.
En tête de cortège, huit tracteurs ouvraient la marche, suivis du collectif d'élus ALT LGV (qui avait tenu réunion le matin) et des associations d'Aquitaine et Midi-Pyrénées ainsi que des citoyens lambda. Après la longue balade durant laquelle des slogans explicites étaient largement déployés, les opposants à la ligne LGV ont été réunis sous la halle du foirail pour clôturer la marche par un meeting où les responsables d'associations, y compris du collectif d'élus et Noël Mamère, député et maire de Bègles, défenseur de la cause écologique, prirent la parole.
Parmi les intervenants, celui de l'asso de sauvegarde des coteaux des Landes de Gascogne qui lança : « Nous ne sommes pas des Indiens, nous ne sommes pas contre le progrès, nous tournons le dos à un progrès qui consiste à développer d'énormes agglomérations ». Il fut rappelé les prochains rendez-vous : demain, à Agen, pour une réunion publique de la Coordination agenaise pour le maintien de la gare en centre-ville et une manifestation qui aura lieu le 20 mars à Montauban. Ensuite, une délégation de TGV fut reçue par la sous-préfète, Yamina Reynaud, à qui elle déposa une motion réclamant l'arrêt immédiat des travaux et du projet de LGV, la remise en état des voies existantes, la restitution de la capacité de décision aux populations concernées, une étude indépendante sur la faisabilité de la modernisation des voies existantes dans le couloir naturel de la vallée de la Garonne.
ADHÉSION AU RAPPORT DE LA COUR DES COMPTES
La motion précise : « Nous adhérons aux recommandations du rapport de la Cour des comptes, « le réseau ferroviaire : une forme inachevée, une stratégie incertaine » avril 2008 et du Conseil d'analyse économique « infrastructures de transport, mobilité et croissance » préconisant de donner priorité à la modernisation des réseaux existants.
Nous adhérons aussi aux dispositions relatives aux transports de la loi Grenelle (chapitre 3, section 1, article 9) précisant « la rénovation des infrastructures existantes peut être privilégiée par rapport à la construction d'infrastructures nouvelles ».
Le président et la vice-présidente de TGV, Charles d'Huyvetter et Catherine Aime, ne manquaient pas de rappeler : « Le trait caractéristique des élus porteurs du projet est d'être hermétiques à toute analyse tangible et vérifiable. Ce projet de LGV n'a pas lieu d'être. Ce rassemblement n'est qu'une étape parmi d'autres. Nous ne fléchirons pas ».
N. Mamère: «Un projet destructeur »
Noël Mamère a expliqué sa présence : « Les droits du peuple sont méprisés en imposant un projet destructeur au niveau écologique, social et économique. Il faut relocaliser l'agriculture ; en déménageant les habitants, on transforme les terres en désert… À partir de 2012, les TGV et LGV pourront être utilisés par des privés comme Véolia. Il faut mettre les camions sur les trains en améliorant les voies existantes. Nous devons nous battre pour qu'il reste un service public de transport de proximité afin de protéger l'emploi et de créer du durable. De plus, les prix pratiqués seront plus chers que les prix des compagnies aériennes low-cost ».
Ceci dit, comme je le disais dans un des posts perdus, sur la LGV BT nous en sommes plutôt à savoir
où elle doit passer alors que pour la LGV Bordeaux-Espagne, l'opposition se focalise à savoir
si elle doit passer.
A bientôt, lmdlgers