Sud Ouest a écrit :Autoroute A 63 : à géométrie variable en Gironde et les Landes
Pas de mise à 2x3 voies prévue sur les 40 km en Gironde alors que la circulation y est plus dense que sur les 100 km dans les Landes.

Pas d'élargissement mais des aménagements à l'approche de Bordeaux. (Photo Thierry David)
Les usagers de la route sont heureux d'apprendre que l'autoroute A 63 va progressivement passer à 2x3 voies dans les Landes. Même s'il faudra payer, on y roulera bien mieux et de façon plus sécurisée. Beaucoup ne manquent pas cependant d'afficher leur surprise. Qu'on élargisse entre Salles et Saint-Geours-de-Maremne (40), ils sont d'accord. Mais que l'on ne fasse pas de même entre Bordeaux et Salles, ils ne le comprennent pas.
Lorsque l'A 63 landaise sera élargie, le paysage autoroutier sera effectivement un peu surprenant. Une autoroute large, au milieu des pins, où le trafic mérite d'être fluidifié mais sans plus. Et une autoroute toujours étriquée là où les embouteillages sont les plus fréquents et perturbants à l'entrée de Bordeaux.
Les chiffres le démontrent. C'est sur la portion girondine que l'A 63 passe le plus souvent au rouge. 77 000 véhicules/jour (dont 12 320 camions) entre Pessac-Bersol et Canéjan-Granet et 39 300 véhicules dans le sens Bordeaux-Bayonne, 37 700 dans l'autre sens. Une moyenne calculée sur les dix derniers mois de cette année. Les jours de grands départs, c'est bien plus. Jusqu'à 87 500 véhicules/jour cette année (deux sens confondus). Plus on descend vers le sud, plus le trafic diminue. À hauteur de l'échangeur Beauchamp (A 63-A660), 28 300 véhicules/jour sont enregistrés en moyenne (deux sens confondus), soit moins de la moitié que le trafic enregistré en moyenne 30 kilomètres plus haut.
Le privé va plus vite
Pourquoi n'élargit-on donc pas en priorité le tronçon où ça coince le plus ? L'explication est simple. Les parties d'autoroute n'appartiennent plus au même propriétaire. Au sud, l'autoroute est dorénavant sous la coupe d'Atlandes, une société privée. En prenant en charge l'axe sur 100 kilomètres, le concessionnaire s'engage à le sécuriser et à l'élargir. Les travaux ont commencé.
Les 40 kilomètres restants appartiennent toujours à l'État. Or, l'État manque d'argent pour faire face à toutes ses dépenses. L'élargissement de l'A 63 n'a donc été retenu dans le cadre du plan de développement et de modernisation des itinéraires routiers en cours et qui va s'étaler jusqu'en 2014. Dans le cadre de ce PDMI, pour l'A 63, seules des études sont programmées pour établir un diagnostic précis (environnement, trafics, sécurité, socio-économique, infrastructure) et définir les opérations nécessaires : amélioration des conditions de circulation et une meilleure intégration dans l'environnement. Ce n'est qu'à la suite de ce travail que la mise à 2x3 voies sera envisagée ou non. Il restera à trouver le financement. Autant dire qu'il n'y aura pas de travaux avant quatre, cinq ans ou plus. À moins que l'État ne finisse par concéder ces 40 km, comme il a concédé le reste de l'A 63 ou 11 km d'A 10 au nord de Bordeaux. À la préfecture, on indique que cette hypothèse n'est pas du tout à l'ordre du jour. Les usagers n'y sont également guère favorables car si ces 40 kilomètres étaient cédés à une société privée, ils deviendraient obligatoirement payants.