Pour le plaisir, mais ça n'apporte pas grand chose.
C'est au législateur de travailler pour remettre à une juste raison les normes en vigueur sur ces grands chantiers et sécuriser les processus juridiques.
Par-delà l'urgence du moment, on attend toujours le signal indiquant que ces travaux d'ordre juridique sont lancés dans l'intérêt général de la nation.
Le Figaro a écrit :Autoroute Castres-Toulouse : ces juges écolos qui oublient l’intérêt général
François d'Orcival
CHRONIQUE - L’affaire de l’autoroute Castres-Toulouse illustre à la perfection les libertés que s’autorise le juge administratif.
Le réseau autoroutier français compte près de 12.000 kilomètres. Mais depuis 1994, on ne parvient pas à achever 53 kilomètres d’autoroute entre Castres et Toulouse. Tout le monde s’était pourtant prononcé pour, la région Occitanie (présidée par Carole Delga, PS), le Tarn et la Haute-Garonne, les communautés d’agglomérations, ainsi que le Conseil d’État , le Conseil constitutionnel , les ministres et préfets successifs. Depuis sept ans, l’État n’avait cessé de réaffirmer son « attachement à la réalisation de cette infrastructure ».
Les financements réunis, 50 % État, 50 % collectivités, les travaux avaient pu être entrepris – une partie allait même être achevée cet été et l’autre à la fin de l’année ! Mais le 27 février dernier, trois jeunes juges du tribunal administratif de Toulouse, saisi par des « écolo-mélenchonistes », prononcent l’arrêt du chantier. Au nom de la protection des grenouilles, des fleurs des champs et de la faune sauvage… Dix jours après, 10.000 personnes défilent sur la route – sans incendier ni panneaux ni voitures – pour manifester leur désaccord. Elles veulent défendre leur existence et leurs emplois. « Ces gens qui ne brûlent rien méritent d’être entendus ! » dit Bernard Carayon , maire de Lavaur, ancien député du Tarn.
L’arrêt du chantier coûte 200.000 euros
Le 18 mars, une proposition de loi est déposée au Sénat par deux élus centristes du Tarn, Philippe Folliot et Marie-Lise Housseau, approuvés par quelque 125 collègues des différents groupes du Sénat, excepté les écologistes et LFI. Ils entendent défendre la « raison impérative d’intérêt public majeur de la liaison autoroutière entre Castres et Toulouse » , et rappellent toutes les procédures judiciaires positives qui ont précédé la dernière, négative, en pariant que leur proposition de loi sera adoptée par le Sénat ce 15 mai, avant que les députés ne votent à leur tour un texte similaire en juin.
De son côté, l’État a fait appel du jugement du tribunal administratif de Toulouse, procédure attendue à l’audience de la cour administrative d’appel le 21 mai. Les élus comptent bien que le Conseil constitutionnel en validera la conclusion qu’ils espèrent, le « sursis à exécution » qui permettrait la reprise des travaux. Car l’arrêt du chantier coûte 200.000 euros par jour aux Français ! S’il était définitif, les indemnités dues aux opérateurs pourraient s’élever jusqu’à 2 milliards, le chantier n’ayant encore coûté que 300 millions. Les « écolo-mélenchonistes » s’en moquent, ils s’attaquent maintenant à la ligne de TGV Bordeaux-Toulouse … Quand, selon un sondage Odoxa du 10 avril (pour l’agence Coriolink), 81 % des Français jugent ces projets d’aménagement « utiles pour la France et son économie ».